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25 décembre 2025 4 25 /12 /décembre /2025 11:48
Prana, svara, spanda :  le souffle,  la vibration et la pulsation cosmique

Sur le net, si vous cherchez le sens de prana, vous ne trouverez pas tout à fait la même définition selon les écoles et les textes. Les mystiques eux-mêmes ne sont pas d’accord entre eux dans leur vision du cosmos et de la place qu’y occupe l’être humain.

 

Le mot sanskrit prana, qu’on retrouve dans pranayama (prana + ayama, extension), se traduit souvent par souffle ou vie. N’entend-on pas en sanskrit : pranadhikas tvam me – « Tu m’es plus cher que la vie » ? Dans les courants tantriques, le prana est un principe cosmique qui imprègne tout dans l’univers, animé comme inanimé. Mais il ne faut pas le confondre pas avec l’un des cinq vayus (apana, vyana, samana, prana, udana) qui animent la structure énergétique du corps.

 

En français, le mot âme qui vient du latin anima, désigne un peu la même chose que le mot PRANA. C’est un principe qui anime tout dans l’univers : Objets, avez-vous une âme ? Le prana n’a rien à voir avec la vie purement biologique. Ce n’est pas non plus « l’air » qu’on respire, mais son énergie subtile. D’où les exercices de pranayama, qui activent le prana pur à travers les nadis. Cette énergie du souffle permet précisément de se passer de l’air grossier : il n’est alors plus nécessaire de respirer. 

 

Impossible ? La Shiva Samhita (III.53) l’enseigne clairement : « Les yogis doivent pouvoir retenir le souffle pendant trois ghatikas (72 minutes) avant d’espérer obtenir les siddhis. » Animés par le prana pur, les yogis éveillés suspendent en samadhi la respiration physiologique. Ils peuvent même rester longtemps sans manger, leur corps énergétique absorbant directement le prana cosmique qui les entoure. Le yoga éveille une partie de cette énergie du souffle, même chez le pratiquant ordinaire, via un kumbhaka volontaire.

 

Et alors ? Si l’air terrestre a été respiré des milliers de fois depuis l’origine de la vie, éveiller le souffle subtil permet de cesser d’être un pashu, un « animal du troupeau ». On aligne alors sa pulsation sur celle de l’univers, le Svara, dépassant ses contenus personnels pour se fondre – ne serait-ce qu’un instant, le temps de la pratique – dans le grand Tout. Le Svara est à l’échelle cosmique ce que le prana est à l’échelle individuelle.

 

À noter que les notions de lumière (jyoti), son (nada) et vibration (spanda) sont essentielles dans cette philosophie yogique. L’univers, issu d’une pulsation originelle consciente, se déploie par une vibration qui engendre tous les phonèmes. Du Aum primordial, l’énergie vibratoire (spanda) joue le jeu de la création et de la destruction. C’est Shakti, l’énergie de Shiva, qui se manifeste tout en restant unie à lui : Shiva/Shakti sont les deux pôles d’un Tout. Comme l’enseigne le Spanda Karikas (I.1) : « La conscience suprême, bien qu’immobile, palpite en tant que monde entier. »

 

Ainsi, en harmonisant sa pulsation personnelle sur le spanda cosmique – par le pranayama ou la méditation –, on s’accorde à cette vibration consciente. Ne fût-ce qu’un instant fugace, l’expérience de la fusion au Tout devient possible.

 

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