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Bienvenue sur Ondes et vibrations,  Diplômée en yoga, yoga nidra, yoga thérapeutique, je suis des études de sanskrit. Je propose ici de partager mes connaissances du yoga à travers des articles ou des vidéos de pratique, postées sur ma chaîne youtube.

 

 

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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 10:39

De nombreuses postures – sur la centaine qui existe – portent des noms d’animaux, ce qui peut au début faire sourire, ou au contraire surprendre. Pourquoi appeler telle ou telle posture le chameau, la sauterelle ou l’aigle ?

 

sauterelle pour débutant
La sauterelle pour débutant

Sans doute parce que le yoga tantrique plongerait ses racines dans des temps lointains – on parle de 10, 15 000 avant notre ère - à une époque où la relation à la nature était puissante, quotidienne, vitale. Sans doute encore car il ne peut y avoir de certitude, que les premiers « yogis » - le nom sonne quelque peu anachronique - observaient ce qui les entourait et, tout comme les chamanes, possédaient la capacité d’entrer en contact avec les forces de la nature, les arbres, l’eau, les animaux. Sans doute enfin, parce qu’en les observant, puis en entrant en contact avec eux, ils pouvaient éveiller en eux les qualités de l’animal. Mais pas seulement comme nous le verrons plus loin.

Au fil du temps, le yoga s’est structuré et divisé en de très nombreuses branches, mais le tantrisme a toujours considéré le corps comme un temple dans lequel l’union avec le tout est possible.

Les postures, asanas, ont pour but de mettre en vibration une certaine qualité d’énergie associée au souffle et à la conscience à travers le corps qui devient le creuset de cette alchimie.

l'aigle
l'aigle

À travers les postures qui portent le nom des animaux, le but premier n’est pas de « devenir l’animal », mais de mettre puissamment en vibration des centres d’énergie que Kundalini traversera lors de l’éveil,  tout en prenant la forme de cet animal ; ainsi, les postures les plus puissantes sont le cobra, l’aigle, le cheval, le chameau et la sauterelle. Voyons un peu cela en détail : dans le cobra, le yogi fait monter Kundalini de centre en centre, et s’il tient cette posture au moins 23 minutes, c'est-à-dire un gathika, elle suffit à elle seule. Dans la posture de l’aigle, il subtilise le souffle et apaise les vayus dans le cakra du cœur, ce qui lui permet d’avoir accès à l’énergie pure ; dans le chameau, le souffle subtilisé devient là encore pur prana grâce à visuddhi, le cakra de la gorge. C’est encore le cakra du cœur qui est mis en vibration dans le cheval, pour les raisons précédemment écrites, et dans la sauterelle, l’énergie pure inonde sushumna et active tous les points du feu.  

On voit que les principaux centres sont le pubis, le cœur, la gorge, et la sushumna. Ces postures, gardées comme je le disais un ou deux gathikas avec des rythmes qui avoisinent une respiration toutes les deux-trois minutes - sont le préalable à la suite de la séance. Une fois le corps énergétique ainsi mis sous tension, par son habileté, le yogi, grâce aux mudras et pranayama fera monter Kundalini de centre en centre, et unira celle-ci à la conscience pure en sahasrara, avant de la faire redescendre tout aussi habilement.

 

Vous voyez que tout cela est tout à fait inaccessible pour le commun des mortels qui pratiquent le yoga. Alors ? Ne

posture du chat
posture du chat

nous désespérons pas, car chacun avec ses propres « moyens » peut quand même éveiller une belle qualité d’énergie, et même à travers ces postures, acquérir les plus belles qualités de l’animal tout en mettant en vibration de façon certes modérée mais  réelle,  l’énergie des cakras.

Voici la liste : aux animaux déjà cités s’ajoutent la grenouille, le chien, le chat, la tortue, le corbeau, le poisson, la posture de la tête de la vache.

Ces postures sont un peu moins puissantes sur le plan de l’énergie, mais préparent cependant bien celle-ci à s’unir grâce au souffle à la conscience, et cela à travers le corps physique, point de départ de cette alchimie.

 

Reprenons une à une ces postures et voyons globalement ce qu’elles délivrent comme bienfaits dans une séance de yoga et quelles qualités elles permettent d’acquérir sur le tapis, si on les met régulièrement au programme

Les premières font beaucoup de bien au corps physique : il s’agit de la posture du chat, qui déverrouille le corps et prépare sushumna, du chien qui donne une incroyable vitalité, et, qui à travers les points du feu, éveille l’énergie tout en renforçant toute la structure ostéo-articulaire, de la posture de la tête de la vache, qui assouplit les épaules, tout en mettant en vibration le cakra du cœur.

Les suivantes offrent un panel de bienfaits extraordinaires :

Si la grenouille sur le ventre débloque le souffle et l’adhara solaire, celle en assise met en vibration tous les cakras le long de sushumna, tandis que le corbeau subtilise le souffle grossier, tout comme le poisson qui, mettant en vibration le cakra Svadisthana et Anahâta (pubis et cœur) plonge souvent le pratiquant dans des états de yoga Nidra s’il y reste longtemps, comme s’il flottait.

Les six dernières sont essentielles dans une pratique et peuvent être initiatique :

 

posture du cobra
posture du cobra
  1. Le cobra est LA posture pour faire monter l’énergie tout au long de sushumna. L’immobilité requise est puissante, et il est ainsi possible d’acquérir « une force tranquille ». Son pendant est la sauterelle, qui fait appel à la volonté pure pour que l’énergie se manifeste seule, prenne le relai. (Une des triades dont je parlerai plus tard, volonté, action, connaissance, Iccha, jnana, Kriya) De plus, elle entretient magnifiquement la jeunesse oculaire.
  2. Le cheval est LA posture pour apaiser les vayus (ce sont des courants d’énergie) dans le centre du cœur, et c’est une posture hautement initiatique si on peut la tenir longtemps… elle permet la montée de l’urdva retas dont je parlerai dans un autre article.
  3. Le chameau est très utile avant un pranayama car il met en vibration le souffle subtil grâce à visuddhi ; cette posture donne   beaucoup de souplesse et d’endurance, et permet de lâcher certaines peurs.
  4. L’aigle permet le lâcher-prise, éveille la vision intérieure, donne une forme d’impassibilité.
  5. La colombe qui assouplit tout le dos et les hanches,  éveille puissamment les qualités d’esthétique reliées à la notion de rasa, notion intraduisible, à la croisée de saveur, félicité, conscience de quelque chose de plus grand que soi, importante dans cette philosophie.
  6. Enfin, le lion furieux permet non seulement de faire monter une énergie puissante, mais aussi d'équilibrer les trois gunas ( dont je parle dans cet article ) et notamment rajas, qui, maîtrisé, permet précisément de mener à bien sa vie mystique, ou  sa vie tout court, selon.

 

Sur ce blog, certaines postures sont déjà détaillées, pour les autres, cela viendra. Comme toujours, d'abord en version pour tous, puis " pour aller plus loin".

 

On voit donc le lien subtil que le yoga tantrique entretient avec le chamanisme.

 

Un article est d’ailleurs en cours sur les différentes écoles de yoga ; celui auquel je me rattache appartient au shivaïsme du XIIe siècle, très différent des écoles de Patanjali par exemple, ou de la vision dualiste du Samkhya.

Mais j’expliquerai tout cela dans un prochain article !

 

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25 janvier 2026 7 25 /01 /janvier /2026 09:46

L'engouement pour le yoga dans les années 1960/1970 et l'enthousiasme que cela  suscita a un revers : la littérature new-age - voir mon article précédents'est emparé de ces notions et les a transformées de façon fantaisiste mêlant mystique et bien-être.

Comme ces clichés ont la vie dure, je propose une première vidéo et ce texte pour les curieux qui désirent connaître le point de vue des textes traditionnels tel  la satchakranirupana par exemple.

 

Il faut   imaginer  les cakras  comme des boules d'énergie pure situées le long du double énergétique de la colonne vertébrale qu'on appelle  la Sushumna et  les sentir plutôt dans le dos.  La notion de rayon que je mets entre guillements, est elle aussi symbolique et leur nombre est déterminé par celui des nadis en contact avec ces boules d'énergie.

 

Tant que Kundalini ne les a pas éveillés – ce qui ne se produit d’ailleurs que fort rarement – ils ne tournent pas mais n’en sont pas moins actifs. Ils renferment tous nos potentiels, nos identités génétiques et karmiques,  tout ce que nous pouvons développer dans nos vies, voir dépasser, harmoniser, unifier grâce au souffle. D'où l'intérêt du yoga qui permet par la pratique d'harmoniser ces boules d'énergie.

 

 

Muladhara cakra : C’est le cakra de l’énergie tellurique,  au dessus de l’anus ;  là où est endormie l’énergie vitale Kundalini, là où couve notre magma intérieur, notre feu intérieur.  

Il gère : l’odorat,  le nez, les pieds et la locomotion ;  les os,  la chair, etc.

  • Mot clé : Énergie vitale
  • quatre" rayons"  
  • Ses symboles : Carré jaune ; triangle rouge ; un  cobra entoure le linga noir moMot 
  • A travers toutes les pratiques de feu, on essaie d’éveiller l’énergie vitale  
  • Son LAM
  • Cette énergie Kundalini endormie montera  et quittera le corps à la mort,  donc il faut la préparer
  • Animal : éléphant

 

Svadista : C’est le cakra de l’eau : eau, goût, langue, bouche

  • Siège dans le pubis.
  • Il gère les émotions, le désir de possession sous toutes ses formes aussi 
  • 6 "rayons"- VAM- préhension, mains
  • Mot clé : Créativité sous toutes ses formes
  • Symbole : Croissant de lune, couleur blanche
  • Animal : Crocodile mythique – makara
  • Là où s’éveille le souffle subtil

 

Manipura : C’est le cakra du feu, juste sous le nombril

  • Relié au feu, à la vue, aux yeux, au ventre, à la digestion sur tous les plans, et aux autres points du feu dont le Muladhara.
  • Mot clé :  énergies de feu,  santé
  • Il gère les états du mental
  • Il a dix "rayons" couleur de nuages lourds de pluie
  • RAM – triangle rouge
  • Animal : le bélier

 

Anahâta : Cakra de l’air. Au centre du thorax et au dessus de l’Adhara solaire

  • Il a douze "rayons"    
  • Symbole : deux triangles enlacés
  • Il marque la limite entre notre animalité et notre spiritualité
  • En relation avec les contenus égotiques de l’être, ses réactions, ses sentiments, ses attachements.
  • Mot clé :  centre de l'équilibre sur tous les plans
  • apaiser les vents intérieurs qui   s'agitent dans ce centre et ne laisse pas l'individu en paix
  • Mantra YAM – le toucher- cœur- souffle- peau- sexe en relation avec le cœur
  • Animal : l’antilope

 

Visuddi : en relation avec l’éther, l’espace

  • Seize "rayons"
  • HAM – Ouïe, audition, parole, cordes vocales, oreilles, gorge
  • En relation avec le son.
  • C’est aussi le centre d’Urdva  Retas et  d’uddana, là où l’énergie se redresse et redresse tout en l’être humain.
  • Mot clé : c’est le centre de la pureté, là où l'énergie est encore androgyne
  • centre  puissant de guérison en yoga thérapeutique
  • là où le souffle devient pure énergie

 

Taluçakra : le cakra du vide, qui se trouve dans l’espace au fond de la gorge, vers l’occiput, on prend souvent l’image du trou noir ; là où se dissout la pensée dualisante ; en relation avec visuddi, le centre de purification. Ce centre permet de «  déprogrammer » nos contenus karmiques.

 

Ajna : entre les deux yeux /

  • Son OM ;
  • C’est le centre de commandement, le chef d’orchestre ; souffle, sens et connexion avec le mental se font dans ce centre
  • On l’appelle aussi Bhru cakra car Bhru la pierre frontale, en bouche le passage.
  • Deux rayons

 

 

Voici d’autres cakras «  extra personnels » pourrait-on dire d’une certaine manière :

 

  • Nirvana cakra : fontanelle ; nirvana signifie «  rien » dans le sens de vacuité, état de néant absolu ; il n’y a rien de connu à mettre

En relation avec le Sahasraha : état d’union de fusion, d’union, plus de dualité

 

  • Akasha : à la fin de Sushumna dans le Sahasraha ;  la fin de la Sushumna ne touche pas Sahasraha et pourtant Akasha qui est à la fin de la Sushumna touche Sahasraha

C’est là où la Kundalini finit son périple avant de sauter dans le néant de l’absolu

 

Ils sont si loin de notre entendement ordinaire qu’on les décrits pour le principe

 

  • Sahasraha : en dehors de la structure des cakras humains ; il est dans l’absolu

Personne à l’état ordinaire ne peut y accéder

La Sushumna elle-même n’y va pas ; il faut accomplir un saut pour l’atteindre, saut que fera Kundalini au moment de l’éveil ou de la mort

 

 

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10 janvier 2026 6 10 /01 /janvier /2026 15:56

Cette vidéo fait écho à un article écrit il y a peu de temps sur ce blog. Je sais que certains préfèrent lire, d'autres, écouter. Cette vidéo se veut précise, mais concise !

Bon visionnage et n'hésitez pas à poser vos questions en commentaires si vous en avez !

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28 décembre 2025 7 28 /12 /décembre /2025 13:33

L'article précédent dans un résumé pour une  version audio; les neurosciences disent qu'on retient mieux ce qu'on voit et qu'on entend par rapport à ce qu'on lit, donc, une petit vidéo plus condensée que l'article pour illustrer cela !

Bon visionage !

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25 décembre 2025 4 25 /12 /décembre /2025 11:48
Prana, svara, spanda :  le souffle,  la vibration et la pulsation cosmique

Sur le net, si vous cherchez le sens de prana, vous ne trouverez pas tout à fait la même définition selon les écoles et les textes. Les mystiques eux-mêmes ne sont pas d’accord entre eux dans leur vision du cosmos et de la place qu’y occupe l’être humain.

 

Le mot sanskrit prana, qu’on retrouve dans pranayama (prana + ayama, extension), se traduit souvent par souffle ou vie. N’entend-on pas en sanskrit : pranadhikas tvam me – « Tu m’es plus cher que la vie » ? Dans les courants tantriques, le prana est un principe cosmique qui imprègne tout dans l’univers, animé comme inanimé. Mais il ne faut pas le confondre pas avec l’un des cinq vayus (apana, vyana, samana, prana, udana) qui animent la structure énergétique du corps.

 

En français, le mot âme qui vient du latin anima, désigne un peu la même chose que le mot PRANA. C’est un principe qui anime tout dans l’univers : Objets, avez-vous une âme ? Le prana n’a rien à voir avec la vie purement biologique. Ce n’est pas non plus « l’air » qu’on respire, mais son énergie subtile. D’où les exercices de pranayama, qui activent le prana pur à travers les nadis. Cette énergie du souffle permet précisément de se passer de l’air grossier : il n’est alors plus nécessaire de respirer. 

 

Impossible ? La Shiva Samhita (III.53) l’enseigne clairement : « Les yogis doivent pouvoir retenir le souffle pendant trois ghatikas (72 minutes) avant d’espérer obtenir les siddhis. » Animés par le prana pur, les yogis éveillés suspendent en samadhi la respiration physiologique. Ils peuvent même rester longtemps sans manger, leur corps énergétique absorbant directement le prana cosmique qui les entoure. Le yoga éveille une partie de cette énergie du souffle, même chez le pratiquant ordinaire, via un kumbhaka volontaire.

 

Et alors ? Si l’air terrestre a été respiré des milliers de fois depuis l’origine de la vie, éveiller le souffle subtil permet de cesser d’être un pashu, un « animal du troupeau ». On aligne alors sa pulsation sur celle de l’univers, le Svara, dépassant ses contenus personnels pour se fondre – ne serait-ce qu’un instant, le temps de la pratique – dans le grand Tout. Le Svara est à l’échelle cosmique ce que le prana est à l’échelle individuelle.

 

À noter que les notions de lumière (jyoti), son (nada) et vibration (spanda) sont essentielles dans cette philosophie yogique. L’univers, issu d’une pulsation originelle consciente, se déploie par une vibration qui engendre tous les phonèmes. Du Aum primordial, l’énergie vibratoire (spanda) joue le jeu de la création et de la destruction. C’est Shakti, l’énergie de Shiva, qui se manifeste tout en restant unie à lui : Shiva/Shakti sont les deux pôles d’un Tout. Comme l’enseigne le Spanda Karikas (I.1) : « La conscience suprême, bien qu’immobile, palpite en tant que monde entier. »

 

Ainsi, en harmonisant sa pulsation personnelle sur le spanda cosmique – par le pranayama ou la méditation –, on s’accorde à cette vibration consciente. Ne fût-ce qu’un instant fugace, l’expérience de la fusion au Tout devient possible.

 

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13 décembre 2025 6 13 /12 /décembre /2025 10:16

Le yoga moderne, popularisé en Occident dès les années 60, a largement simplifié et adapté la philosophie indienne pour la rendre accessible à un public large, en privilégiant avant tout la dimension physique et psychologique. Et ce yoga a toujours bonne pressse aujourd'hui !

 

Comment cela s’est-il passé ?

 

 

Tout est parti d’une bonne intention, comme on le verra un peu plus bas, mais ce qui est sûr, c’est que les yogis indiens eux-mêmes ont vite compris qu’il y avait là une manne financière exceptionnelle, tel Maharishi Maesh Yogi, le guru des Beatles qui se rendirent à Rishikesh pour suivre des cours de méditation transcendantale en 1968. John Lennon et Ringo Starr flairent rapidement l’imposteur et plie bagage, suivi quelques temps plus tard par McCartney et Harrison lorsqu’ils apprirent que le yogi avait fait des avances à Mia Farrow qui était aussi du voyage avec sa sœur. Il en reste deux chansons, Sadie sexy et Dear Prudence.

Au pays de Galles où ils l’avaient rencontré, Paul McCartney avait été fasciné par la bonne humeur du personnage, et affirmait à qui voulait l’entendre qu’« il  suffisait de méditer une demi-heure le matin, et une demi-heure le soir pour être toujours de bonne humeur ! Et qu’en plus, grâce au mantra donné par le yogi, c’est facile car, dès qu’on se met à penser, on se dit « non, je ne pense pas » et hop, on retourne dans la méditation avec le mantra. Un jeu d’enfant ! Et on devient heureux tout le temps. »

 

Mandaté par son propre guru pour diffuser le yoga en Occident, Maharishi qui est doté des meilleures intentions du monde, comprend très vite qu’il doit l’adapter à un public occidental… il   vide le yoga d’une grande partie de sa philosophie, concentre la pratique sur les postures, et, au passage, prend soin de déposer la marque « méditation transcendantale ». Qu’est-ce que c’est ?  La méthode que vient de décrire Paul McCartney et qui consiste en la répétition d’un mantra que seul l’instructeur, moyennant finance, peut délivrer.

Il est indéniable que cette technique apaise et fait du bien, mais elle s’inscrit dans le cadre du développement personnel qui naît à ce moment-là, car le but recherché n’est pas la fusion avec le Tout, mais l’apaisement du mental et des émotions pour mieux gérer sa vie…

Dès lors on comprend que Deepak Chopra, le guru des stars américaines des années 80, formé par Maharishi lui-même qui est devenu une star entre temps, prendra le relai ; il ira même jusqu’à parler de «   médecine quantique » malgré les hurlements ou ricanements de la communauté scientifique, et écrira un livre sur le sujet, quitte à concéder des années plus tard « que c’était juste pour que ce soit vendeur… »

Mais pourquoi tout cela a-t-il si bien marché à l’époque ?

 

Tous ces courants s’inscrivent dans le contexte culturel de la guerre du Viet Nam qui a débuté en 1954 et ne s’achèvera que 20 ans plus tard avec la destitution du président Nixon.  

C’est à San Francisco, dans les années 60, que naît la contreculture, représenté par Alan Ginsberg et Jack Kerouac,

chefs de file de cette beat generation, qui sensibilise les jeunes à un autre mode d’existence que celui promut par les Etats-Unis :  – honneur, famille, patrie – On les appellera les « hippies ». Depuis une décennie déjà, la guerre enlève les oncle, père, frère, à ces jeunes qui savent que tôt ou tard, ils iront mourir à leur tour à des milliers de kilomètres des Etats-Unis, dans un conflit d’une violence extrême qu’ils ne comprennent pas. ( le What’s going on, 1971, de Marvin Gaye est l’une des nombreuses et extraordinaires chansons sur le sujet) Ces jeunes désirent aspirent à  un autre monde, avec d’autres valeurs, et il leur semble que ces nouvelles idées qui viennent d’Asie leur ouvrent la porte d’un nouvel art de vivre : paix, amour, vie en communauté, partage, art, spiritualité sont leurs maîtres mots. Et ce ne sont pas des paroles en l’air : une clinique gratuite - La Haight Ashbury Free Clinic (1967) - est ouvert à San Francisco, des repas gratuits sont distribués pour les plus démunis. D’autres Etats feront de même

Woodstock

 

Et justement, en 1969, le festival de Woodstock, « trois jours de musique et de paix » qui réunit 400 000 spectateurs au lieu des 50 000 attendus devient gratuit, car il est impossible de contrôler la foule qui envahit les champs loués par les agriculteurs au mois d’août aux organisateurs ; et pourtant, tout se passe dans la meilleure ambiance possible. Pour l’ouverture du festival, Swami Satchidananda, autre guru indien installé aux USA, incite les spectateurs à psalmodier le Om ; dans la foulée, des cours de yoga sont improvisés, ce qui marquera profondément les esprits.

 

Tandis que l’amour pour le yoga naît vraiment à ce moment-là aux Etats-Unis et va peu à peu se diffuser en occident à travers des ouvrages de vulgarisation du yoga qui gomment complètement sa dimension mystique, va naître en Angleterre porté par le courant New age, un nouveau concept qui a toujours aujourd’hui, beaucoup d’importance dans les cours de yoga.

 

 

Le concept de Gaia et la notion d’ancrage

 

 

Dans les années 70, le chimiste et biologique Lovelock suppose que la terre se comporte comme un organisme vivant capable d’autoréguler ses conditions physiques et chimiques pour maintenir la vie. Il nomme ce concept Gaïa en référence à l’une des premières divinités grecques qui naît après le chaos. L’idée fait mouche mais est rapidement récupérée par le courant New Age qui fait de Gaia une entité consciente, sacrée, maternelle, en un mot une énergie tellurique pure qui harmonisera l’être humain à sa planète. Bien sûr, Lovelock n’a jamais rien émis de tel, mais le concept de Gaia prend allègrement son envol, y compris dans le yoga, où va être créer la notion d’ancrage pourtant aux antipodes de la philosophie du yoga.

Une fois de plus, on passe de la vision mystique du yoga à une conception de développement personnelle à travers une idée farfelue mais poétique, qui donne l’impression aux doux rêveurs d’avoir une conscience écologique active.

 

 

Prenons un exemple concret : l’arbre, vrksasana : de nombreuses écoles vous parleront d’ancrage, du lien entre la terre et le ciel, de racines. ( article complet ici)

Ce qui n’existe absolument pas dans les écoles tantriques, bien au contraire. Dans ces écoles, le corps s’efface complètement dans cette posture pour ne laisser que la vibration à partir du cœur ; tout le reste disparaît, il ne reste qu’une pulsation, une vibration qui va suivant le savoir-faire des yogi être unie à  la conscience … pas d’ancrage, pas de racine, mais un accès à quelque chose qui dépasse largement l’individu pour l’englober dans quelque chose de plus vaste que lui et qui n’est ni du domaine de Gaia ou du   ciel, Ouranos… mais dépasse et englobe tout cela pour le fondre au Tout, de façon plus ou moins durable, là encore, suivant le savoir-faire des yogis.

 

Pour des pratiquants occasionnels, l’arbre sera l’occasion d’expérimenter le lâcher-prise, et grâce à l’équilibre et l’immobilité, de mettre en vibration de façon modeste mais réelle, le cakra du cœur. Ils sentiront que quelque chose d’indicible mais d’infini les habite réellement.

Tout cela est-il important ?

 

Non, absolument, on ne sait jamais où un chemin va nous conduire,  mais il est toujours utile de savoir pourquoi on fait les choses et dans quel courant de pensée on s’inscrit, comment celui-ci s’est formé au fil du temps,  et pourquoi, au bout d’un moment, tout le monde adopte  des idées qui ressemblent à des vérités, alors que tout n'est  que question de point de vue.

 

Un autre article sur l'arbre et la notion d'ancrage à lire ici

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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 14:55

Voici une courte vidéo pour présenter succinctement   la structure énergétique ; aujourd'hui, quelques points de repère rapides sur les nadis et les cakras.

Cette vidéo est conçue tout spécialement pour ceux qui se mettent au yoga.

Sur ce blog, vous trouverez, si la question vous intéresse, de nombreux articles de fond.

D'autres vidéos de ce type à venir !

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25 septembre 2025 4 25 /09 /septembre /2025 08:24

Deux vidéos  : la première, ici en haut,  pour comprendre en quelques mots le rôle du pranayama dans le yoga et  la deuxième  sur ma chaîne pour s'entraîner à visamavritti, dans une version débutant, donc facile, mais qui permet de débloquer le souffle ;  cette pratique simple, qui apaise beaucoup,   peut être faite indépendamment d'une séance de yoga, quand on a besoin de reprendre tranquillement contact avec soi même. 

D'autres vidéos à venir pour s'exercer au pranayama et en retirer tous les bienfaits, mais également des vidéos pour pratiquer les postures, mudras, pranayamas, concentrations -  à venir à raison d'une tous les 5 jours et toujours en suivant une progression, d'où le soin que je mets à numéro les vidéos !  La chaîne, toute neuve, qui  bénéficie de mes 40 ans de  pratique et de mes 20 ans d'enseignement,   va considérablement s'étoffer! J'ai préféré supprimer mon ancienne chaîne aux 759 abonnés créée en 2014 pour proposer quelque chose qui correspond vraiment à ma propre évolution et mon énergie actuelle.

Qu’est ce que c’est ?

 

Le Prana c’est l’énergie vitale et c’est aussi le nom de l’un des vayus, ou courant d’énergie qui anime la structure énergétique.

Le prana entre dans l’ovule dès sa fécondation par un spermatozoïde et commence dès lors à créer la vie et à la développer : c’est Kundalini elle-même. (Dès qu’elle a terminé, elle s’enfonce dans le Muladhara et elle s’endort, laissant juste filtrer ce qu’il faut d’énergie pour assurer le minimum vital)

 

Le Prana est en relation avec le Svara, le souffle cosmique qui déploie, créée et « actualise » l’univers à l’échelle cosmique. L’un est à l’œuvre dans le cosmos, l’autre à une échelle plus petite, il apporte la vie à tout ce qu’il « anime » à travers Kundalini dont nous reparlerons plus tard. Quand il part, il ne reste que la matière inerte, privée du Prana. Il y a du prana dans les végétaux, les animaux, l’eau, l’air… Svara, en sanskrit, c'est le son, la voix, la note de musique, la voix de l'univers en un mot, car les phonèmes qui composent l'alphabet sanskrit contiennent l'univers tout entier; j'y reviendrai plus tard.

 

L’un des buts du yoga est d’éveiller ce souffle cosmique à travers le Prana, équivalent du Svara à l’échelle de la création, d’où l’importance du pranayama, clé de voûte du yoga.

Mais avant de l’éveiller, il faut déjà débloquer le souffle physiologique « grossier », autrement dit l’air qu’on inspire et qu’on expire, et dans ce but des souffles comme Samavritti ou Visamavritti sont parfaits pour mettre tout cela en place. L’énergie de vie se purifie et s’harmonise. Puis, une fois que le prana est éveillé, il est ensuite subtilisé puis l’harmonisé au grand souffle cosmique, appelé Svara qui pulse dans tout le cosmos.

 

C’est d’ailleurs le Svara lui-même qui aide chaque pratiquant à trouver son propre rythme dans le prana-ayama.  Au fil du temps, le pratiquant s’éveille à ce quelque chose qui palpite en lui sur un rythme universel bien plus grand que lui…

 

Mais avant d’arriver à ce stade qui peut, selon le pratiquant, car il n’y a pas vraiment de règle en la matière, prendre quelques semaines à quelques années – le pranayama éveille plus d’énergie, et celle-ci, plus fluide, emplit toute la structure énergétique ce qui est source d’harmonie.

 

Il est très inspirant de savoir qu’il est possible de se relier au rythme cosmique, car le souffle de chaque individu contient en partie ce grand souffle, ce Svara : et l’on retrouve son cœur d’enfant en réalisant que magie et alchimie appartiennent à la simple respiration qui permet de se fondre à quelque chose de plus vaste que soi.

 

 

 

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7 décembre 2024 6 07 /12 /décembre /2024 10:47

 

Les granthis

 

Que sont les granthis ?

 

Le mot signifie en sanskrit «  nœud » ; ce sont des nœuds énergétiques qui sont au nombre de trois ; ce sont aussi les trois rencontres d’une vie  puisque à travers le   nœud de l’animalité,  de l’ego, ou du mental,  si l’on mène une quête spirituelle,  des questions se poseront forcément à nous à travers ces trois rencontres.

Ces boules d’énergie figée, tissées par les nadis qui se croisent à cet endroit et dans lesquels le prana s’est emberlificoté jusqu’à se cristalliser, lient l’individu corps et âme à ce qui a été tissé par le passé, proche ou très lointain, et la marge de liberté est devenu quasi-inexistante parce que ces nœuds ligotent l’individu au sens propre : la vie se passe dans l’inconscience la plus totale, dans la réactivité par rapport à ce qui a été vécu, connu,  et aussi dans l’inquiétude.

 

Le rôle du yoga et du pranayama

 

Mais dès qu’il y a une quête, une recherche, l’individu prend conscience de ces héritages, de quelques natures qu’ils soient, et c’est là que le yoga intervient. Sans même parler d’éveil et de montée de Kundalini, de nombreuses techniques de yoga donnent des outils pour desserrer un peu les nœuds, permettre à  l’énergie de mieux circuler, et à la  conscience lumineuse d’éclairer  ces nœuds, donc tout peut changer.

 

On voit bien qu’il ne s’agit pas ici de faire monter Kundalini pour trancher ces nœuds, ce qui n’est l’apanage que des éveillés,  mais d’utiliser les techniques de yoga pour faire en sorte que le prana se remette à circuler harmonieusement dans ces granthis.

Car c’est avant tout grâce au pranayama ainsi qu’à la méditation qu’on peut agir sur les granthis. Mais que sont-ils exactement ?

 

Description de chaque nœud

 

Le nœud de la base  appelé Brahma granthi représente notre animalité. Situé dans le cakra de la base, il est lié à l’instinct de survie,  la peur de la mort, le besoin de sécurité, d’abri, de consommation sur tous les plans ;  c’est aussi le  lieu l’héritage karmique ou héréditaire avec tout ce que cela implique. On comprend que plus le nœud  est serré, plus les caractéristiques décrites ci-dessus tournent à l’obsession.

 A l’inverse, l’individu peut trouver une forme de paix, de détachement, de confiance si le prana se remet à circuler.

 

 

Le nœud dans le cakra du cœur, Vishnou granthi est celui de la personnalité et de l’égo. Tout le monde fustige l’ego mais c’est ridicule. Ce n’est pas l’homme à abattre. Il s’agit juste de comprendre que l’individu n’est pas lui. Sa personnalité, oui, c’est l’ego, mais c’est uniquement si l’individu s’identifie à sa personnalité  que commencent les problèmes, car en lui-même, l’ego est un bon lieutenant

L’illusion de séparation  - car chaque individu est le reflet du tout et n’en est séparé qu’illusoirement - le pousse à rechercher par-dessus tout une sécurité affective et à développer sa personnalité.

 Quand le nœud se libère, c’est l’amour avec un grand A ;  pas l’amour humain, passionnel, possessif ou inquiet de la perte ; mais l’amour universel, celui des mystiques. En se libérant, en se desserrant, le granthi offre une toute autre compréhension de l’amour qui n’est plus un besoin ou de donner ou de prendre, car le don de soi ne vaut pas mieux que la possession, mais une forme bien plus universelle et libérée de la notion d’individualité.

L’individu se «  désolidarise » de son ego,  réalise qu’il fait partie d’un tout plus vaste que lui, et cette découverte est lumineuse, pleine de félicité. A partir de là, le point de vue change, s’éclaire, s’élargit, et c’est la porte ouverte à une conscience plus éclairée, plus lumineuse, plus intuitive.

 

Le dernier nœud, Rudra Granthi, est le nœud de l’intellect, du raisonnement, des constructions mentales car le monde n’est jamais que la construction mentale de chaque individu, ce qui faisait dire à Maharshi, à chaque visiteur qui posait telle ou telle question. «  Il existe dans votre mental mais vous ne résoudrez pas ainsi la question du qui suis-je ? » Résolvez-là et le reste disparaitra. Il enferme l’individu dans ses propres croyances, conditionnements mentaux dus à son éducation, à la culture de son époque et de la société à laquelle il appartient,  etc. En un mot, l’individu tient dur comme fer à ses propres avis, raisonnements, jugements, points de vue, croyances, constructions mentales.  Sans doute pour se rassurer car tout cela le limite horriblement et l’empêche, sur le plan du yoga par exemple,  d’entrer dans des méditations profondes où la pensée se dissout complètement.

 

Si le nœud se desserre un peu, c’est un océan qui se déverse là, et l’individu gagne un plan humain supérieur sans jugement ; buddhi peut mieux laisser passer sa lumière. La connaissance ne passe plus par l’intellect mais par le cœur car l’intuition s’élève. Il n’a plus besoin d’avoir des pensées, des avis, des raisonnements sur tout qui le rassurent et lui donne l’impression de contrôler le monde. Il n’a plus besoin de penser du tout.

 

En conclusion

 

Comme il est très rare de pouvoir éveiller Kundalini qui tranche les nœuds en s’élevant, différentes techniques de yoga sont proposées pour que le prana circule mieux et que la claire conscience éclaire ces nœuds : c’est déjà beaucoup !  Une vie entière peut changer. L’individu n’est plus ligoté à un destin, une fatalité, mais peut trouver son propre espace de liberté ; il cesse d’être un «  pashu », c'est-à-dire un élément du troupeau humain, sans rien de péjoratif, bien sûr.

Mais il y a une condition : celle de faire sans attente de résultat, car là où il y a calcul, il y a cristallisation de l’intention qui donne précisément le résultat inverse de ce qui est espéré, calculé. C’est difficile. Il faut alors juste s’en remettre à sa propre confiance, faire sans relâche, saisir en même temps la saveur de l’instant et s’abandonner à quelque chose de plus grand que soi, qui s’appelle la grâce.

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 Dans les différentes formations que je propose, de nombreuses techniques sur les granthis, aussi bien en yoga ( école du Nord-Est de l'Inde) qu'en yoga nidra sont proposées.

 

 

 

 

 
 

 

 

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30 novembre 2024 6 30 /11 /novembre /2024 11:08
Equilibrer les gunas : conseils de Krishna à  Arjuna dans la Bhagavad Gita

LES GUNAS

Au nombre de  trois, elles sont les qualités de l’Energie qui déploie tous les contenus de la Conscience.  Le chapitre 14 de la Bhagavad Gita, lorsque Krishna instruit Arjuna, en parle en différents slokas.

Tamasतमस्, en sanskrit, il désigne l’obscurité et par extensionl’ignorance.

  1. c’est une énergie descendante, d’inertie, d’obscurité, d’immobilité; elle est surtout présente dans les deux centres du bas. Elle préside aussi au sommeil profond, vide de rêve, à la nuit. On lui associe la couleur noire. Elle est plus influente sur le corps physique. C’est d’elle que naît l’élément Terre.

 

Rajas रजस्  en sanskrit, il désigne notamment la passion

  1.  le  feu ; c’est une énergie horizontale, de mouvement : il est activité, désir, passion ; il crée les attachements. Il régit l’ego. Il est plutôt dans les centres du  ventre  et du  pubis et on peut le trouver dans le cœur où il ne devrait en principe pas se trouver-  Il préside à la digestion  physique et psychique. On lui associe la couleur rouge.

 

Sattva –  सत्त्व  en sanskrit est l’essence spirituel qui préside à tout.

  1. c’est une énergie ascendante,  de légèreté, de finesse, de lumière, d’équilibre,  de clarté – on la trouve dans le centre d’énergie du cœur et de la gorge. Elle présente des affinités avec le mental. Sa couleur est le blanc.

 

Ces gunas  गुण ( en sanskrit qualité)  font en permanence le jeu de la création et plus leurs vibrations sont lentes, plus le monde apparaît sous une densité illusoire. Elles colorent en permanence les réactions mentales,  font passer de l'apathie à l'excitation, de la torpeur à l'enthousiasme, de la somnolence à la calme contemplation, et ainsi de suite sans que l’être humain ne puisse jamais goûter de de repos véritable,  d'équilibre véritable.

On les trouve absolument en tout mais avec des proportions variées ; chez l'être humain bien sûr, mais également dans le monde minéral, dans lequel si tamas domine, se trouvent aussi rajas et  sattva.

Pour que l'être humain soit harmonieux, il faut que les trois gunas soient équilibrées. A défaut d'obtenir une juste proportion au tiers,  le yoga permet déjà de limiter leur débordement, et de réguler leur action.

 - Un dysfonctionnement de tamas va entraîner une grande force d’inertie, un besoin de dormir beaucoup, un rythme lent, un esprit lent.

- Trop de rajas,  à l’opposé créera trop d’activité, voir un " sur-régime" jusqu’à ce que le feu ait tant brûlé que rajas se transformera en tamas. Du coup, après l’hyperactivité, c’est l’apathie totale.  Peut – être avez-vous déjà observé chez vous ou chez les autres de grandes périodes d’activité faisant tout à coup place à une lassitude, une fatigue totales. Voilà, c’est le jeu des Gunas. Trop de rajas rend l’être très actif, énergique, entreprenant mais aussi hargneux, égotique. D'où l'intérêt de l'équilibrage.

 

Il est très important de les équilibrer pour la qualité du sommeil

- trop de tamas implique des heures et des heures de sommeil non réparateur; on sort juste du sommeil abruti, plongé dans la torpeur sans pouvoir s'en dégager.

- trop de rajas, une impossibilité à avoir des nuits paisibles, avec l’impression au réveil de n’avoir pas dormi.

- les nuits sattviques sont les plus douces car arriver à amener sattva au cœur du sommeil rend celui-ci léger, et plus clair, presque conscient.

 

L’outil le plus précieux est   le pranayama qui permet de rééquilibrer le corps énergétique ; comme celui ci est contact permanent avec le corps physique et le corps mental grâce aux adharas et aux cakras, l'équilibre se fait de façon globale.

 

Par exemple, si dans le  centre du cœur où doit se trouver sattva, la légèreté, la lumière, il y a trop de rajas, l’individu sera hargneux, et égotique et incapable de compassion.

Grâce à certaines techniques de  souffles, il est possible d’aspirer le rajas du cœur pour le remettre dans le ventre.

Et ainsi de suite....

 

Je vous invite à lire quelques slokas de la Bhagavad gita  au cours desquels Krishna invite Arjuna à comprendre comment les qualités de la nature influencent nos pensées et nos actions, tout en montrant qu'il est possible de les transcender par la sagesse, le détachement et la dévotion. Ce ne sont pas les seuls textes où les gunas sont évoqués, mais l'enseignement que reçoit Arjuna à la veille de se battre est clair :

:

 

Extrait du Chapitre 14 de la Bhagavad Gita 

Sloka 5

"La pureté, la passion et l’ignorance – ces qualités, ô Arjuna, nées de la nature matérielle, enchaînent dans le corps l’âme impérissable."

Sloka  6

"Ô Arjuna, la qualité de Sattva, étant pure, illumine et libère de tout péché. Elle lie par l’attachement au bonheur et à la connaissance."

Sloka 7

"Sache que Rajas, la qualité de la passion, est née de la convoitise et de l’attachement, ô Arjuna. Elle lie l’âme par l’attachement à l’action."

Sloka  8

"Et Tamas, l’ignorance née de l’illusion, plonge tous les êtres dans l’obscurité, les lie par la négligence, la paresse et le sommeil."

Sloka  10

"Parfois, Sattva prédomine en triomphant de Rajas et de Tamas, ô Arjuna. Parfois, Rajas triomphe de Sattva et de Tamas; et parfois, Tamas l’emporte sur Sattva et Rajas."

Sloka 19

"Celui qui voit que toute action est accomplie seulement par ces trois qualités de la nature et qui sait que l'âme est au-delà des gunas, atteint Ma nature spirituelle."

Sloka  20

"Quand l’âme transcende ces trois qualités matérielles associées au corps, elle se libère de la naissance, de la mort, de la vieillesse et de la douleur et goûte à l’immortalité."

Sloka  22 à 25 : comment transcender les gunas

"Celui qui ne hait pas la lumière, l'activité ni l'illusion quand elles se manifestent, ô Arjuna, ni ne les désire quand elles disparaissent;
Celui qui est assis comme un spectateur sans être ébranlé par les gunas, qui sait que les gunas seuls agissent; celui qui demeure ferme et inébranlable;
Celui qui est égal dans la douleur et le plaisir, qui a atteint le Soi, qui voit l’argile, la pierre et l'or comme égaux; qui est sage et identique face à l’agréable et au désagréable, à la louange et au blâme;
Celui qui se comporte de la même manière envers amis et ennemis, qui abandonne tous les efforts égoïstes, ce saint-là a transcendé les trois gunas."

 

 

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