Gestes des mains et fixations oculaires
Mudras et Drishtis
L’un des grands objectifs du yoga est d’immobiliser le corps afin que le mental et le souffle s’unissent et se posent. Ainsi, l'énergie circule mieux entre les différents corps, et l'harmonie se crée. les gestes des mains appelés Mudra ou les fixations oculaires appelées Drishtis sont des outils supplémentaires pour permettre cette unité. Si vous vous observez dans la journée, vous verrez que les yeux et les mains sont toujours en mouvement.
Les mains sont la terminaison du mental, on les utilise souvent quand on parle. Les immobiliser permet donc au mental de faire de même. Quant aux yeux, on dit traditionnellement que là où va le regard va la pensée
Immobiliser le regard sur un point permet au mental de s’y fixer aussi. A noter que la vue est liée au cakra Manipura, qui gère précisément les différents états du mental.
Voici donc présenté succinctement quelques mudra simples et quelques drishtis de base.
Les Mudras :
Jnana mudra : le geste de la sagesse (jnana : connaissance en sanskrit)
Pouce et index sont joints, les autres doigts tendus, soit serrés soit ouvert
Geste utilisé pour la méditation, la concentration, et certaines postures debout comme l’arbre
Chin mudra : même geste mais les mains sont posées à plat. A noter que le terme exact est Chit-mudra (conscience- geste) mais que par le jeu du sandhi le t devant le m devient n d’où chin mudra.
Linga mudra : index, majeur, annulaire des deux mains sont joints et forment un linga qui repose contre svadistha. Le linga symbolise la conscience de Shiva.
Les Drishtis :
Pour les yeux, il y a trois grandes possibilités :
- soit le regard est posé sur le bout du nez en Nasagra (bout du nez) Drishti
- soit le regard fixe un point à l’horizon quand ils sont ouverts (comme pour l’arbre)
- soit le regard fixe un point à l’horizon quand ils sont fermés, entre les deux yeux par exemple, au niveau des sourcils, ce qui les obligera à converger légèrement, en Bhrumadhya, Bhru désignant la pierre frontale.
A noter qu’en sanskrit bhrumadhya signifie froncer les sourcils.
- Soit le regard converge tout en haut et en arrière en Shambhavi
Shambhu est l’un des noms de Shiva qui en possède plusieurs. Shambhavi est se qui se rapporte à Shiva. On trouve parfois une association faite entre Durga et Shambhavi, comme étant l’une des énergies de Shiva.
Toujours est-il que ce geste qui se fait aussi yeux fermés est réputé pour apporter le bonheur. Il n’est pas la fixation entre les sourcils comme on le lit trop souvent, MAIS BIEN PLUS haut et légèrement en arrière.
Pour les bandhas, aujourd’hui, il ne sera question que de mulabandha. De même qu’un barrage retient l’eau pour produire davantage d’énergie, de même « ces verrous » corporels emprisonnent l’énergie du prana à l’intérieur du corps.
Mula ( racine) bandha (verrouillé) peut être traduit par मुलबन्ध mulabandha racine verrouillée. Ce geste inverse la vayu apana ( pour une autre vidéo)
Il s’agit dans ce geste de contracter puissamment l’anus, tout en immobilisant le reste du corps : geste des mains, point fixé par les yeux, langue sur les dents du haut, ( jivabandha) : le corps devient de pierre, la transmutation du souffle peut commencer.
Tout cela peut paraître bien étrange, mais le yoga n’est rien d’autre que des processus alchimiques qui transmutent toutes nos énergies pour les rendre aussi claires que du cristal.
D’ailleurs, les trois principaux vayu rappellent les trois niveaux en alchimie : prana est de couleur blanche, apana de couleur noir et samana est de couleur rouge : on retrouve ces trois couleurs dans les trois « œuvres » des alchimistes. La première, on oeuvre avec sa chair, ses muscles, la deuxième, l'énergie prend le relai, la troisième opère la transmutation des énergies : c'est l'oeuvre au blanc, et c'est sattva pour la philosophie indienne.