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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 09:52

L’enseignement de Maharshi (1)

 

L’enseignement de Maharshi est d’une simplicité extrême, encore plus simple que celui d’Anirvan, qui déjà a pourtant lui aussi beaucoup « élagué » les grands savoirs des philosophies indiennes.

Et pourtant, lorsqu’on lit les échanges entre Maharshi et ses invités, on ne peut être qu’étonné par son extraordinaire connaissance des textes, des langues, des citations entières dont il égrène ses conseils qui restent toujours les mêmes : il n’existe que deux façons pour se fondre au Soi : l’investigation par la question qui suis-je (voie suivie par Jean Klein par exemple) ou bien l’abandon total. Il explique le plus simplement du monde que le savoir yogique ou autre, ne mènent pas à la réalisation du Soi – à moins de parvenir, comme les grands yogis, à unir Kundalini à Shiva dans Sahasraha, puis à la ramener dans le cœur. Ce qui revient à dire que seule une personne sur un million y arrive.

Pour lui, il suffit de se poser en permanence la question «  qui suis-je » ou bien de s’abandonner au divin dans tout ce que l’on fait pour faire jaillir la réalisation. Il insiste sur une façon de procéder constante, confiante, paisible et toujours sur le fait que c'est simple, que personne n'est séparé du Soi, que tout le monde est déjà réalisé.

 

Pour la première, il s’agit de chercher qui est l’auteur des pensées jusqu’à avoir épuisé toutes les couches de pensées, être remonté jusqu’à la vibration même du «  Aham » (je suis) et non pas au  simple «  Je » qui pense (Descartes).  C’est le «  pense » qui empêche de remonter à la source. Il ne doit rester que Je (Aham) qui est pur vibration ( sat-chit-ananda). Tant que les pensées sont là, elles barrent la route.

Pour Maharshi, tout le monde est déjà réalisé, puisque l’univers entier est Shiva manifesté par Shakti, mais l’illusion d’être le corps, d’être celui qui agit, empêche de lever le voile pour se fondre au Soi. Cette «  technique » doit être pratiquée de jour comme de nuit, pour ainsi dire sans interruption.  C’est une sorte de méditation continue d’où doit percer la fulgurance de l’état d’être le tout, non séparé du Soi.

Maharshi prend souvent l’exemple de l’écran de cinéma en expliquant que quelles que soient les images projetées sur lui, que le feu détruise tout, ou bien l’eau inonde tout, l’écran n’en est pas affecté ; les images sont l’univers entier, et l’écran le Soi qui englobe tout et au-delà.

Lui-même à 16 ans est rentré chez lui un jour, sûr qu’il allait mourir ; et il s’est allongé jusqu’à se sentir mort, ce qui a duré longtemps, et quand il fut persuadé d’être mort, il s’est alors trouvé réalisé. Dans un des entretiens, il explique qu’il avait sans doute déjà acquis un savoir-faire «  avant » cette vie.

 

La deuxième méthode est l’abandon ; l’individu abandonne ce qu’il est à une force plus grande que lui ; il remet ses actions, ses pensées comme il les remettrait à quelqu’un, en sachant qu’il n’en est pas l’auteur ; il les offre quotidiennement et là aussi de façon ininterrompue ; jusqu’à ce que là encore quelque chose lâche complètement. C’est une voie très proche à la fois du karman-yoga (je sais que je ne suis pas l’auteur de mes actions) et du bhakti yoga (j’offre à ma divinité intérieure qui m’englobe et est plus vaste que l’univers mon être tout entier)

 

Les deux voies sont pareillement simples, si l’individu entre dans l’une ou l’autre avec la certitude que tout est déjà accompli.

 

Alors, pourquoi faire du yoga?

 

On peut alors ensuite se demander pourquoi faire du yoga, ou toute autre technique spirituelle ?

A quoi bon, puisque de toute façon, il est clair que celui-ci, pas plus que la méditation, ne mènera à la réalisation ?

 

Parce que le yoga reste un outil. Un bon outil. Il y en a plein d’autres, mais une fois qu’on a trouvé le sien, il est bon de continuer avec le même en ayant la certitude que c’est celui qui nous convient.

Si l'on veut faire de la musique, on peut choisir n’importe quel instrument. Mais une fois l’instrument choisi, c’est la musique qui compte, pas l’instrument. L’instrument n’est qu’un moyen de faire de la musique. Après bien sûr, certains auront plus d'affinités avec un violon ou un orgue, selon : c’est le choix de l’outil, mais il est là au service de la musique.  C’est la même chose pour le yoga. C’est un outil qui permet précisément de simplifier l’individu incarné, de le rendre à la fois plus perméable, plus poreux, plus stable, plus lumineux, de le préparer pour ainsi dire à l’une ou l’autre voie décrite par Maharshi qui ne sont alors plus de vagues promesses d’un paradis inatteignable. Elles deviennent possibles. Et le yoga est bien l'outil et pas le but.

On peut alors se demander la raison d’être de toutes ces techniques compliquées et de tout ce savoir  sur les nadis, les adharas, les cakras, les vayus, les gunas, les souffles à faire comme ceci et pas comme cela, les mudras compliquées, etc. puisque visiblement, la solution est beaucoup plus simple?

Tout simplement parce que de la multitude de techniques peut jaillir un jour une étincelle qui change tout. Absolument tout!

 

Maharshi lui-même avait une connaissance extraordinaire des textes, des différentes voies et parlait plusieurs langues. Une fois réalisé, il voyait cependant que la frontière était si étroite entre le Soi et l’individu incarné qui se débat avec ses contradictions, qu’il a préféré mettre l’accent sur la simplicité. Le savoir risquant de faire dévier l’apprenti de sa route, en le rendant peu à peu attaché à tout ce savoir, toutes ces connaissances, en en devenant pour ainsi dire jaloux ou esclave. Ce qui est à l’opposé de ce qu’il désirait à l’origine.

L’abandon dont parle Maharshi est la grâce des mystiques dont parle Silburn qui avait obtenu la sienne d’un guru et a ensuite pu en faire bénéficier son entourage dans la région parisienne. Ce qui ne l’a pas empêchée elle aussi d’acquérir des connaissances et un savoir extraordinaire.

Cette grâce n’est jamais obtenue en faisant ceci ou cela (des bonnes actions par exemple) en suivant des règles, en se référant au bien ou au mal, etc.  Elle peut surgir à tout moment. Il faut juste «  être prêt ». Mais sans la volonté de l’être.

 

D’aucuns diront : «  mais le yoga en Occident n’a rien à voir avec toute cette mystique orientale !»

Certes. Beaucoup viennent au yoga pour être moins stressés, avoir une meilleure santé, corriger des problèmes de dos ou autre, pacifier ses émotions, mieux dormir, être moins réactifs, plus calmes, avec un petit fond « exotique » en plus. C’est du yoga quand même. La promesse implicite d’acquérir sagesse, vitalité, santé, souplesse, zénitude, quoi ! Et une fois encore, pourquoi pas ? C'est déjà formidable d'acquérir ces bienfaits dans la société anxiogène dans laquelle vit l'humanité du 21ème siècle.

D’autres viennent  mystérieusement attirés par lui, comme on peut l’être par le zen, ou le bouddhisme, ou toute autre voie mystique, sans savoir vraiment pourquoi, mais en sentant intuitivement que c’est «  leur route » parce qu’au fond d’eux, ils sentent qu’ils cherchent quelque chose de plus vastes qu’eux-mêmes. Ils offrent à leur désir non-nommé une praxis pour la mettre en lumière.

 

 

    

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19 avril 2018 4 19 /04 /avril /2018 13:58

 

Cela semble curieux, à l’heure ou les blogs, sites et vidéos fleurissent joyeusement sous le doux soleil du printemps et qui présentent des pratiquants heureux  sur la plage, dans un champ de fleurs, sur une terrasse, souvent face au soleil  en train de faire leur yoga!

 

Mais suivant les écoles de yoga – et chacun doit trouver la bonne, n’est-ce pas, comme dit le vieux proverbe, il s’agit de trouver chaussure à son pied -  on peut aussi aller complètement à l’inverse de cette tendance, se mettre dans une toute petite pièce, avec une minuscule fenêtre dont on tirera le rideau,  ou bien fermer ses volets si la pièce est grande et faire sa pratique sans ouvrir les yeux pendant toute sa séance.

On enchaînera donc les postures, les mudras,  puis on fera du pranayama et on finira par la méditation, sans jamais relever ses paupières, que la séance dure une demi-heure ou trois heures. Cela veut dire avoir dégager suffisamment d'espace autour de soi, pour pouvoir faire les postures, s'asseoir, changer de position, sans se cogner dans les meubles ou autre. Cela veut dire aussi avoir à portée de main son coussin de méditation si vous en utilisez un. Et tout cela sans jamais UNE SEULE FOIS n'ouvrir les yeux!

 

Pour quoi ?

 

Et bien précisément, pour entrer plus profondément dans son intériorité et trouver sa lumière intérieure. Il est fort possible que les premières fois, vous soyez tenter de rouvrir les yeux, de regarder l’heure, ou de jeter un regard plein de regret sur les volets qui barrent la route au beau soleil du printemps.

Mais si vous persistez un peu, c’est à l’intérieur de vous que la lumière va se révéler, à tel point que parfois, vous aurez l’impression que quelqu’un a allumé un halogène puissant dans votre pièce de pratique.

Le yoga est plein de sons, de vibrations, et de lumières et cette façon de faire rend le pratiquant plus sensible à tous ces mouvements de l’énergie, jusqu’à basculer, peut être lors de la méditation dans le vide.

 

En procédant ainsi, vous serez à même d’observer beaucoup plus finement tout ce qui traversera votre séance – Notez bien que je ne dis pas «  tout ce qui se passera » car vous resterez ainsi l’observateur tranquille et bienveillant de votre pratique.

De plus, s'habituer à faire sa pratiques les yeux clos transforme en profondeur les repères de temps et d'espace... de belles découvertes à la clé, sans doute, avec de la persévérance!

 

Et au moment de rouvrir les yeux, vous serez tout étonné d’être là, dans ce monde qui semble tout à coup figé, (comme les jouets qui s’immobilisent sitôt que les enfants se réveillent) , alors qu’il dansait lorsque vous aviez les yeux fermés.

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 08:10
La quête de Perceval

La quête de Perceval

Autrefois, il y a déjà plus d’une trentaine d’années,  j’ai eu pour ami un pasteur swedenborgien, Claude Brûley, très versé dans les textes ésotériques et l’anthroposophie, même s’il s’en était détourné ensuite. Il aimait aussi beaucoup le Graal, la légende d’Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde, ainsi que les symboles de ce cycle arthurien dans lequel beaucoup de valeureux chevaliers échouent dans leur quête, parce qu’au fond, ils ne savent pas vraiment ce qu’ils cherchent, se laissent souvent distraire en chemin et parfois même, trouvent la mort. Il me disait toujours que la quête du Graal, au delà du mythe de cette coupe qui aurait recueilli le sang du du Christ,  comprenait trois degrés, et que cette quête, toujours d’actualité pour l’homme moderne, était menée  suivant la conception de la vie et de l’univers de chacun. Selon lui, réaliser le troisième degré conduisait à l’absolu mais cela ne concernait qu’un tout petit nombre d’individus. « Tant que nous avons des joie de vivre, la roue continue » disait-il.

Pour lui, le premier degré était le but de celui qui cherche simplement à mener une vie aussi heureuse que possible. Mais le simplement était tout relatif, car finalement, rien n’est plus difficile car l’homme se laisse piéger volontairement ou non, dans toutes sortes d’épreuves desquelles il sort parfois très affaibli et d’autres si douloureuses qu’il se trouve plus ou moins dégoûté par lui-même ou la vie. Le second degré se définissait plus difficilement. La seule vie heureuse ne représentait pas une quête suffisante en soi si elle ne s’accompagnait pas d’une véritable recherche de connaissance de soi-même ; ce second degré pouvait tout à fait prendre une vie entière. Enfin, le troisième degré n’apportait d’après lui la satisfaction à l’homme que si celui-ci trouvait quelque chose de plus grand que lui. Peut-être ne parviendrait-il pas à la hauteur de ses aspirations, mais l’homme sortait alors du cercle de la Table Ronde pour réaliser, non plus le principe d’individuation du second degré, mais la fusion d’avec le soi. Car ce troisième degré, « spirituel » au sens large du terme, se trouvait alors au cœur de l’existence de l’homme, qui, ayant déjà exploré son propre soi se sent insatisfait par lui-même et le monde extérieur, mais veut aller plus loin encore en cherchant à se fondre à l’absolu. Claude mettait souvent en parallèle le saumon qui veut retourner à sa source, celle-ci représentant pour lui les origines même de l’univers où tout «  avant le commencement » ne faisait qu’un. Car, comme le dit Hubert Reeves, nous sommes tous poussières d’étoile et venons du même lieu originel,  même si nous l’ignorons, ce qui au fond n’a aucune importance car nos cellules, elles, s’en souviennent qui ont traversé 15 milliards d’années. Voilà pourquoi les récits expliquent que le Graal donne l'immortalité.

Après avoir exposé ces trois degrés du Graal, Claude nous encourageait à savoir quelle quête nous voulions mener, et comment nous voulions nous y prendre. Etions-nous mus par le simple désir d’être heureux, ou bien par le désir de réaliser ce qui est inscrit au fronton du temple de Delphes, « connais toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux », ou bien encore portés par quelque chose de plus vaste que nous qui nous poussaient vers une forme d’absolu ?   

Perceval et le dragon

Perceval et le dragon

On peut dire qu’avec le yoga, les trois degrés dont me parlait Claude sont bien présents en Occident. Chacun trace son chemin, peut suivre l’un ou l’autre voie, et parfois même découvrir que les trois sont imbriquées l’une dans l’autre. Chacun tente de faire du mieux qu’il peut dans sa propre existence, et espère, lorsqu’il pratique le yoga, que celui-ci l’y aidera.

Dans ce cadre, le premier degré du yoga s’adresse au corps physique, qui comporte aussi l’esprit, les deux disparaissant à la mort. La pratique se tourne vers le bien-être ; on cherche  à garder un corps souple et vigoureux, si possible en bonne santé et apaiser le mental agité qui ne cesse «  de sauter de branche en branche tel un singe facétieux ». C’est le  yoga du premier degré, qu’on pratique dans l’espoir de trouver la confiance, la paix, le bonheur, en plus d’un corps souple et tonique, en bonne santé.

Le second degré commence lorsque l’individu veut comprendre qui il est, lorsqu’il se tourne vers son intériorité, et cherche à savoir quelle place il occupe dans l’univers. Le premier degré reste la base sur laquelle ce travail se fait. La pratique se fait alors moins «  physiquement » parlant, les postures, les souffles, les mudras, tout se tourne vers l’intérieur.  Parfois, certains pratiquants commencent à sentir qu’il y a autre chose, sans trop savoir quoi ; ils sont intrigués, parce qu’ils ne définissent pas vraiment ce qu’est «  cette autre chose » et que, cartésiens, ils n’ont pas forcément envie de mystique, de philosophie indienne ou de spiritualité. Alors, ils se questionnent. Pour certains,  une porte s’ouvrira au fil du temps qui changera en profondeur leur vision d’eux-mêmes et du monde.

Peut-être alors rejoindront-ils le dernier groupe, celui du troisième degré, qui vient au yoga pour donner une praxis à son mysticisme déjà bien présent; ceux là sont en quête de quelque chose de plus vaste qu’eux  qu’ils ne sont nullement sûrs de trouver un jour mais ils mènent cette quête jusqu’à leur dernier souffle. Ils ne renient bien sûr pas les bienfaits du premier degré, ni du second, ils l’intègrent à leur pratique, mais leur regard veut aller plus loin. C’est dans ce groupe que  les obstacles sont plus nombreux que pour le premier ou le deuxième groupe, car pratiquant beaucoup, connaissant beaucoup de choses, consacrant une grande part de leur énergie et de leur temps au yoga, ils pensent précisément savoir mieux que les autres, jusqu’à se sentir parfois au dessus d’eux en quelque sorte, ce qui provoque parfois leur chute, malgré eux. Car  certains deviennent intolérants aux pratiquants du premier et second groupe, «  le bien être, la connaissance de soi, le yoga n’est pas là pour ça » affirment-ils, et peu à peu, ils deviennent sectaires, imposent leur vision du monde, érigent leur pratique en vérité absolu et finissent de la sorte par passer à côté d’eux-mêmes et du Soi, malgré leur volonté première à rejoindre l’absolu. Voilà comment une aspiration sincère peut dériver en fiasco total…

 

Excalibur, de John Boorman

Excalibur, de John Boorman

Cette triade - les triades sont chères aux écoles nathas - est reprise d’une toute autre façon, dans l’ouvrage de Lilian Silburn, qui commente le Vijnana bhairava tantra ; elle y explique  « les trois voies » qui font écho aux trois degrés de la quête du Graal.

Dans la première, voie de l’individu,  l’homme qui pratique le yoga  initie, fait  seul avec lui-même  si l’on peut dire, ou en tous cas le croit ;  si l’énergie se réveille un peu et s’il est sensible à cela, il accèdera à la deuxième voie, celle où l’énergie prendra le relai et l’aidera en quelque sorte. Lilian donne précisément ce nom à cette seconde voie : la voie de l’énergie. Très souvent, il oscillera pendant un temps plus ou moins long entre la première et la seconde voie et parfois commencera à sentir poindre la troisième.

 C’est la voie dite de «  Shiva », celle dans laquelle le soi se fond  au Soi, celle dans laquelle énergie et conscience sont en union ; il ne fera au début qu’effleurer cette troisième voie, en méditation par exemple, mais cela laissera en lui des empreintes profondes. Claude dirait alors que le saumon est remonté à sa source et cherche à ne plus faire  qu’un avec elle.

 

Voilà comment le yoga s’adresse à tous, quelque soit l’endroit où il se trouve, ou son niveau de conscience. On peut donc dire cette pratique va de la simple gymnastique jusque « Au-delà du réel », pour reprendre le titre du film de Ken Russel dans lequel un scientifique remonte à l’origine de l’univers ;

Alors bien sûr, certains ne voudront ni philosophie, ni spiritualité, quand d’autres au contraire se lamenteront de voir le yoga réduit à une gymnastique pure. Certes, le  yoga a été créé à une époque révolue, un âge d’or en quelque sorte, mais il s’adresse aujourd’hui dans le monde qui est le nôtre également aux trois groupes, sans distinction. L’individu est ensuite libre d’initier sa quête et comme les chevaliers d’orienter son existence vers un but, quel qu’il soit. Et sans doute nombreux sont ceux qui passeront d’un degré à un autre, d’un but à un autre, au fil du temps et de leur pratique. Il y aura des Yvain, des Gauvain, des Erec ou des Gareth, il y aura aussi des Perceval, des Lancelot, mais très peu de Galaad… mais au fond, qu’importe ? Car tôt ou tard, tout finira par finir pour recommencer.

 

Le yoga, pratique de bien-être ou quête du Graal?
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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 09:10
La kundalini : quelques points de repère

D’après Lilian Silburn, André Padoux, Tara Mickael, Christian Tikhomiroff

 

 

Kundanlini : ce mot vient du sanskrit Kundala qui désigne un bijou en forme d’anneaux (boucle d’oreille ou bracelet)  On dit qu’elle ressemble à un serpent qui repose à la base de la structure énergétique enroulée trois fois et demi sur elle-même, déversant tant qu’elle n’est pas éveillée son poison.

Le trésor de Kundalini est l’immortalité, d’où de nombreuses légendes sur le barratage par exemple de la mer de lait par les dieux pour l’obtenir, forçant le pauvre Siva à boire le poison qui est dans le même moment remué et menace de supprimer tout le monde ! Il en a gardé la gorge toute bleue !

Le serpent de connaissance et de sagesse, capable de passer du démon au divin – se retrouve dans de très nombreuses mythologies indiennes, Khmers ou autres sur le continent asiatique. Il suffit de se rappeler la légende du bouddha et du serpent aux quintuples capuchons qui après l’avoir menacé, le protège.

 

La Kundalini est l’énergie cosmique qui gît, latente, en chaque être humain. Elle ne peut véritablement surgir des profondeurs pour s’éveiller totalement, que dans le contexte d’une vie mystique, intense, ou graduellement les trois voies ont été atteintes puis traversées. La plupart du temps, elle dort, et tout le monde avec, mais à défaut de pouvoir l’éveiller totalement, on peut l’éveiller en partie : c’est déjà un immense bonheur ! Le hatha yoga est l’une des voies, mais ce n’est pas la seule.

 

Kundalini est  une énergie consciente qui a deux aspects :

Pranique, elle anime et régit la vie de tout ce qui vit.

Sous son aspect virya,  son énergie est d’une intensité indicible.

Ces deux aspects émanent eux mêmes de la vitalité profonde, Ojas, l’une des triades propres au système trika par exemple. L’énergie virya se retrouve dans toutes les ferveurs, qu’elles soient amoureuses, artistiques, ou mystiques. Pour traduire ce terme, il faut recourir à plusieurs mots : effort, enthousiasme, diligence, intensité. Virya est tout cela à la fois.

 

Dans le Kundalini Yoga, le but ultime est d’éveiller cette énergie ; mais que l’on ne s’y méprenne pas : on a fort peu de chance en tant que modeste pratiquant d’y parvenir. Les yogis qui consacrent leur vie à cette quête n’y parviennent d’ailleurs pas tous ; c’est dire que la belle endormie ne se laisse pas si facilement réveiller ! D’autant qu’elle ne se manifestera que si la pensée s’est évanouie et  le cœur devenu pure vibration.

D’après Lilian Silburn,  une vie mystique, vibrante, toute entière tournée vers cette quête, doit aussi prendre en compte le principe de la Grâce. Elle aurait souhaité développé beaucoup ce sujet dans son dernier ouvrage qui concerne  le Tantraloka d’Abhinavagupta, mais est partie avant d’avoir entièrement terminé ce dernier projet, que André Padoux, un proche de Lilian, a achevé à sa place, sans savoir ce que Lilian Silburn avait dans la tête, et renonçant donc à s’exprimer sur cette question.

 

La kundalini : quelques points de repère

La littérature actuelle pullule de récits d’éveils spontanés, faisant croire que cela n’est pas du tout réservé  à une petite élite.  Notre monde actuel préfére aujourd’hui l’effet à l’effort – en ce sens, il va en courant contraire de l’énergie Virya !-  Ces textes  d’éveil spontané qui décrivent des mondes merveilleux trouvent nombres de lecteurs complaisants persuadés qu’il existe des recettes toutes faites pour éveiller kundalini, notamment par des pratiques sexuelles.  Si tel était le cas, notre monde serait un vrai paradis, car les plus belles qualités d’amour, de lumière et de conscience seraient merveilleusement répandus et nous baignerons tous dans des vibrations subtiles et légères.  

Hors il n’en est rien : la plupart du temps, les récits  de  « bonne volonté » prouvent simplement qu’il n’y a bien eu un éveil, mais un éveil partiel, car le véritable éveillé qui a transcendé ce monde n’a cure d’en faire un récit : à ce stade, les énergies du yogi s’étendent à l’univers entier… et il utilisera cette puissance sans que personne ne le sache, répandant sa lumière  sans en faire de publicité.

 

Le yoga de la Kundalini, sans même conduire jusqu’à  l’éveil de celle-ci, permet cependant bien souvent d’éveiller un peu les plus belles qualités de lumière et de cœur. Ce yoga permet aussi de découvrir les différentes voies et de passer d’une voie à une autre et parfois aussi de tâter de la troisième lorsque l’intuition mystique commence à s’éveiller un peu. Sans éveiller complètement Kundalini, le terrain est préparé, déblayé, purifié, permettant au pratiquant de goûter bien des joies.  Car Ananda est l’essence même de Shiva…

Les trois voies sont :  

La voie de l’individu : c’est le stade premier, celui dans lequel l’individu utilise sa volonté pour faire les choses, souvent avec difficulté ; mais si l’enthousiasme est là, tôt ou tard, il sentira la voie de l’énergie se manifester de temps à autre et peut-être même un jour se trouvera-t-il entièrement portée par elle…

Dans la  voie de l’énergie,  qui est le deuxième stade, celle-ci prend le relai, et l’individu conjugue ses efforts à l’Energie qui vibre à présent si intensément, que celle-ci  à un moment donné agit à présent d’elle-même et «  fait  faire » à l’individu ; dans une pratique régulière de yoga, il n’est pas rare que l’on passe sans arrêt de l’une à l’autre des deux voies. Le jour où l’on prend conscience que  « le faire se fait sans qu’on fasse tout en faisant »  tandis que le mental s’est tu, est déjà d’une très grande jouissance.

La troisième voie,  voie de Siva, est  la voie divine où la volonté personnelle s’est coulée dans la volonté divine : à ce stade, il y a eu fusion totale et éveil total de Kundalini.

Mais, même sans atteindre cette troisième voie, il n’est pas rare là aussi que le pratiquant sente de temps à autre cette voie se manifester  et s’ouvrir à lui dans sa pratique ou sa vie quotidienne ; c’est souvent fugace, toujours instable, mais juste magique.  

 

 « Concrètement », on peut dire que Kundalini  qui est vibration, déploie l’univers en ondes successives,  des plus subtils au plus grossières  (ce qui est décrit dans un texte comme le Samkhya par exemple) ; avec l’éveil, la résorption se fait en sens inverse. C’est en se tenant au point d’équilibre des deux courants opposés que la dualité s’évanouit véritablement.

 

 

Kundalini, lovée dans le cakra de la base,  ne donne à l’individu que ce qu’il lui faut chaque jour pour mener sa vie de pashu, c'est-à-dire d’individu asservi faisant partie du troupeau.

 

Quand elle s’éveille, elle monte de centre en centre, par le canal central. Encore faut-il que tout soit bien préparé, que le pratiquant ait correctement préparé Sushumna et purifié les principaux centres que sont les cakras. Il faut que la structure énergétique soit solide, et prête à cette ascension fulgurante.

Si par malheur celle-ci n’a pas été correctement préparée, et que l’apprenti-sorcier-yogi arrive tout de même à la réveiller, elle va se dresser mais ne pouvant être dirigée vers le canal central, elle brisera anarchiquement toute la structure énergétique, y causant des dommages irréparables aussi bien sur le plan psychique et mental que physique. 

 

 

La kundalini : quelques points de repère
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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 09:12

 

 

 

Cet article n'a pour but que de donner quelques clés sur l'un des textes de yoga qui peut accompagner une pratique régulière toute une vie.  D'autres articles de ce type sur d'autres textes suivront.

L'étude complète de ce texte est commentée  dans les séries 5 et 6   des   cours par correspondance  que je propose.

 

upanishads-du-yoga-jean-varenne.jpg

La Kundalini Upanishad

 

 

L’upanisad qui porte ce nom est la réunion de trois textes très différents dont seul le premier correspond au titre de l’œuvre.   

Il existe deux traductions en français, l’une de Jean Varenne (1971) et une autre de Martine Buttex, publiée dans un énorme ouvrage qui réunit 108 upanishad.  Elles étaient autrefois en ligne ; elles en le sont malheureusement plus aujourd’hui.

Il est intéressant de lire les deux traductions qui présentent des variantes.

 

Le but que propose cet Upanisad est d’atteindre le Samaddhi, état béatifique dans lequel Shiva (la conscience) et Shakti (l’énergie) sont unies. Shakti étant bien sûr Kundalini, ce mystérieux serpent lové à la base de la colonne vertébrale après qu’elle ait fini son travail de création et qui s’en ira à notre mort en emportant tout car les cakras disséminés le long de la colonne vertébrale seront percés les uns après les autres, le tout bien sûr en un instant fulgurant.

 

Ce texte donne donc les moyens de l’éveiller Avant la mort en utilisant le souffle,  pranayama, qui est la technique la plus importante. C’est par la maîtrise de la rétention que celui-ci peut faire le travail d’éveil.

 

Comme toujours, le texte est obscur volontairement afin que seul les initiés, les pratiquants puissent l’utiliser comme un aide mémoire plutôt que comme un guide que l’on suit à la lettre. Il y a toujours une volonté de rendre les textes flous car la transmission était, dans ces temps reculés, orale, de maître à élève  après que celui-ci ait été accepté. Le secret sur cette transmission était souvent absolu ; des textes ont toutefois été écrits mais de façon  sibylline  pour que le secret reste total.

 

Ce texte décrit sommairement les pratiques nécessaires à la réussite de Samaddhi ; elle rappelle les étapes préliminaires, comment raffermir Saraswati – autre nom de la Sushumna– décrit quatre types de respiration, puis  les bandhas. Puis elle parle des obstacles à la réalisation de ce programme. Elle évoque aussi la montée de Kundalini – qui vient du sanskrit Kundala qui veut dire bracelet, boucle d’oreille, à cause de ses triples boucles et demi  - dans le canal central jusqu’aux mille pétales où elle s’unit à Shiva. Tout le travail qu’on fait en yoga n’est au final qu’un travail préparatoire pour cette union (qui pour la plupart ne se réalise en fait jamais…)

 

 

L’essentiel du texte avec les slokas correspondants :

 

 

C’est le souffle qui active l’ensemble des souvenirs hérités, c’est le souffle qui peut tout changer, c’est ce qui est dit dès les deux premiers slokas et tout le travail du pranayama va être de purifier l’ensemble de ces contenus hérités pour préparer le travail suivant

 

1 : Les deux causes par lesquelles l’esprit fonctionne ou ne fonctionne pas sont d’une part l’ensemble des souvenirs hérités (le karma) et d’autre part l’air qu’on inhale et exhale inconsciemment.

 

2 : Si l’une de ces causes disparaît, toutes deux deviennent automatiquement inopérantes. Il faut donc veiller au «  bon fonctionnement » des deux mais surtout s’efforcer de maîtriser la respiration.

Ce travail suivant, c’est, bien avant de songer à éveiller Kundalini, d’affermir Sarasvatî, c'est-à-dire de préparer Sushumna qui est le canal central dans la structure énergétique, le long de laquelle se trouvent tous les cakras.

 

8 : Si l’on veut réussir cela il faut affermir la Sarasvatî par où montera l’Energie lovée et s’exercer à la tenue du souffle, l’éveil de la Shakti est à ce prix.

 

 

Les Sloka suivants décrivent le travail à faire sur les canaux latéraux Ida et Pingala  pour préparer Sushumnâ – technique de pranayama comme Nadishodana.

C’est la raison pour laquelle on met ce souffle au programme des débutants, car son apprentissage, lorsque l’on est simple pratiquant, est long et difficile. Mais sans lui, il est vain de vouloir viser autre chose. Et on laisse ce souffle longtemps au programme, tant que les canaux ida et pingala ont besoin d'être purifié. Si on pratique une fois par semaine, on le fera donc toute sa vie...

Dans l’idéal d'une recherche de samadhi, il faudrait le pratiquer trois fois trois ghatika au matin, à midi, et la nuit pendant trois mois, soit trois fois 25 minutes fois 3  par jour environ, c'est à dire pendant quatre heures environ. En plus du reste.

On obtient peu à peu la purification que promet ce souffe en le travaillant régulièrement pendant des220px-Sapta Chakra, 1899 mois

Puis le texte dit qu’il faut déjà conduire la Shakti à l’orifice de Sushumna avant de songer à la faire monter. Et là, les techniques pour y parvenir vont être décrites.

A cela s’ajoute le travail sur la triple contraction : gorge, ventre et anus : les trois Bandhas afin que les souffles vitaux ne se dispersent pas n’importe comment

Ces souffles sont les cinq vayus, localisés dans des centres énergétiques et qui régulent différents types d’activités et d’énergie – Prana, Udana, Samana, apana, Vyana

 

Au Sloka 17, un point de repère est donné : l’affermissement de la Sarasvatî s’accompagne de l’audition du son intérieur ; le pratiquant sait donc que lorsqu’il entend un son intérieur en continu qui varie de puissance et peut s’effacer mais s’intensifie dès qu’il pratique, c’est que le travail d’affermissement a commencé :

 

17 : L’affermissement de la Sarasvatî s’accompagne toujours de l’audition du Son primordial et guérit le Yogin.

 

 

Pourquoi la Sushumna ? Parce que c’est la seule qui peut supporter cette montée sans que tout ne soit immédiatement détruit sur le passage de la Kundalini. Elle est faite pour ce passage, et reste vide et creuse avant.

 

Au Sloka suivant jusqu’au 21, sont expliqués qu’il faut combiner différents souffles entre eux dans le calice ( c’est l’endroit où s’effectue la rétention) ; commence le long et minutieux travail de rétention des souffles, dont la visée n’est pas la performance mais un travail d’alchimiste : changer la fréquence vibratoire de toute la structure énergétique, toujours dans le but de préparer Sushumna

Les souffles cités sont :

Le Bhastrika, Shitali, Ujjâyin, et Surya Bedhana peuvent être envisagés avec de longues rétentions seulement après que Sushumna soit préparée

 

 

Puis après cette description au langage caché comme toujours dans ces textes, suit des Sloka très importants :

 

40 : A ces modes de contrôle du souffle

 

41 : Il est bon d’associer les trois contractions musculaires de la base, du volant et du porteur des lacs.

 

42 : La contraction de la base oblige l’Apâna à inverser son mouvement, grâce à une contraction de l’anus.

Les consignes sont claires : faire des souffles ne suffit pas, si les trois contractions ne sont pas ajoutées. On les connaît, ce sont les trois " verrous", les trois bandhas, sans lesquels il est vain de faire de yoga : mulabandha, jalandhara bandha et uddyana bandha : base, ventre, gorge.

Afin, une fois encore d’obliger les vayus à s’unifier ; sans cette pratique et cette maîtrise, éveiller Shakti est possible mais  le résultat totalement illusoire car rien ne sera ni maîtrisé ni contrôlé. Ele s'éveillera peut être mais dans le chaos et le désordre le plus total.

 

 

On comprend là aussi tout le travail à faire sur les vayus qui règlent le corps énergétique.

 

Vient ensuite la description de la montée de Kundalini au Sloka suivant :

 

43 : L’apâna au lieu de descendre, monte et atteint l’endroit où brille le feu intérieur l’amenant à grandir et à s’accroître.

 

44 : Alors, le feu ainsi attisé, uni à l’apana au cours inversé, parvient là où gît le souffle intérieur ; Il s’enflamme et embrase le corps tout entier.

 

45 : L’énergie-lovée, réchauffée par le feu ainsi allumé par le souffle, s’éveille et se dresse en sifflant comme un serpent qu’agace le bâton du charmeur ; elle entre alors dans la Sushumna par son orifice inférieur

 PE013 circulation-prana

 

Dans les slokas suivants – 48 à 50 - des postures sont conseillés pour accompagner cette montée : la posture de la foudre, qui peut être précédée de la posture de la pince, pashimottanasana - à condition de ne pas faire monter Kundalini plus haut que le ventre, car il convient ensuite pour qu’elle continue son ascension à prendre une posture assise

On voit à quel point ces textes s’adressent à des yogis aguerris et pas à de petits apprentis sorciers

Pour le pratiquant plus modeste, ce texte donne des points de repère essentiels pour comprendre sa pratique en profondeur et donner du sens à ce qu’il fait


Puis des souffles à faire ; c’est un véritable «  mode d’emploi » mais bien évidemment incomplet (46 à 55 -

Dans les Sloka suivant,  -56 à 60 - il y a une énumération qui montre tous les obstacles à cette réalisation ;  cela va du manque de fois au manque d’énergie, de volonté, à la dispersion, à l’attachement encore à ce monde.

 

Les Sloka suivant (61 à 69) la montée est décrite, ainsi que le percement des trois granti : Brahma granti, (animalité) Vishnou granti (personnalité) et Rudra granti (conscience)

 

Là, l’ascension n’est pas finie : Shakti boit l’Amrita avant de finir sa course

 

73 : Libre de tout appétit sensuel, ferme en son yoga, l’adepte concentrant son attention sur cela absorbe alors cette ambroisie comme un sacrifiant boit le soma et par là s’établit à jamais dans la conscience

 

Puis, dernière étape pour Kundalini, atteindre le mille pétale ce que décrivent les slokas 74 et suivant

 

Le texte reviendra une fois encore sur cette description comme en concentré et concluera  de façon sublime puisqu’elle montre que l’homme peut échapper à sa condition de Pashu, c'est à dire faisant partie du troupeau. Le troupeau signifiant qu'il suit le mouvement, sans pouvoir rien faire pour allumer ne serait ce qu'une petite lumière pour éclairer sa vie. Il la vit dans un état de nuit totale, ligoté corps et âme par ses granthis, ses vies antérieures, ses conditionnements, son éducation, la société dans laquelle il vit, son héritage génétique, ainsi de suite, sans rien pouvoir faire du tout...

Même si un sur 100000 seulement atteint cet état, ce possible est dans chaque être humain, qui, par un travail sur ses énergies via le yoga ou tout autre outil de son choix, peut cheminer sur un chemin tout autre que celui du conditionnement et de la lente déchéance du corps vers la mort et la maladie. Chaque être humain porte en soi sa part magique et sa part divine ; il ne tient qu’à lui de l’éveiller, mais rien qu’un tout petit peu, pour donner saveur et conscience à son petit tour sur terre et se rappeler son origine divine.

 

74 :L’énergie lovée monte ensuite jusqu’au centre aux mille pétales, elle abandonne alors les huit éléments, l’eau, la terre, l’air, le feu, l’espace, la pensée, l’intelligence, l’ego. S’emparant de la lumière, de la pensée et du souffle, les tenant étroitement embrassés, elle atteint la conscience (Shiva) ; s’emparant enfin de Shiva lui-même, elle se dissout dans le cakra aux mille pétales !

 

75 : alors, à cet instant même, les deux principes fondamentaux de l’individu, l’activité et la lumière se dissolvent à leur tour en Shiva ; se dissolvent aussi les deux formes du souffle vital,  l’inspiration et l’expiration qui ont atteint leur point d’équilibre. Le yogi soudain  devient gigantesque cependant que s’amenuisent en lui les éléments de la personnalité ainsi que la pensée et la faculté de parler.

 

76 : Les souffles s’agitent en tous sens, comme l’or en fusion dans le creuset de l’alchimiste. Le corps grossier se mue enfin en sa forme divine.

 

77 : Débarrassé de toutes entraves, délivrées de l’état de stupeur où le maintenait sa condition captive, le corps subtil resplendit.

 

78 : Il est fait de pure conscience, il est l’essence même de la personne puisqu’il n’est autre que le Soi présent dans tous les êtres.

 

79 : C’est là, dit on, la véritable délivrance qui libère du karma et du temps, apparences pIndeSerpents3.JPGareilles à l’illusion qui fait prendre une corde pour un serpent.

 

 

Afin de bien   comprendre cette fin de texte, il faut être familier avec la philosophie du Samkhya qui considère  l’ego, l’intelligence, la pensée comme des outils au même titre que les sens  qui sont littéralement "abandonnés" avec l’éveil de Kundalini. C'est à dire que la personnalité toute entière est anéantie, elle disparaît.

Tous ces éléments figurent au rang des tattvas.

 

Le texte dit aussi clairement que le Soi est dans chaque être humain, tous sans exception

Autrement dit, une part divine est en chacun des êtres vivants

 

87 c’est cela la vraie délivrance, par elle on échappe au karma et l’on connaît la béatitude !

 

 

 

Le mot de la fin :

 

Ce mode d'emploi en abrégé de l'éveil de Kundalini et que l'on peut trouver en ligne avec les commentaires de Martine Bultex ( traduit de l'anglais)  ouvre la porte sur le merveilleux

Il n'est bien sûr pas question pour l'homme ordinaire de pouvoir réaliser ce programme mais s'il peut déjà éveiller un peu la belle Kundalini endormie dans le premier cakra, il verra sa vie se transformer complètement. 

D'autres parts, ce texte qu'on peut avoir sous la main lors de ses propres pratiques, est à lire et relire jusqu'à le connaître par coeur, parce que ce sont ces textes là, précisément, qui donnent tout leur sens à une pratique personnelle : on comprend pourquoi il faut sans relâche travailler sur ida et pingala, affermir la sushumna, la chauffer, la préparer, faire les verrous, maîtriser les souffles, pourquoi pashimottanasana vient toujours dans les premières postures...

 

Je vous laisse méditer sur ce texte donc voici le lien: 

http://www.lesconfins.com/YogaKundaliniUpanishad.pdf

Vous pourrez télécharger et imprimer le texte pour l'avoir sous la main

 

Ou bien vous procurer celle de Jean Varenne comme l'image ci dessus, traduite du sanskrit et non de l'anglais par lui même

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 11:28
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