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Bienvenue sur Ondes et vibrations,  Diplômée en yoga, yoga nidra, yoga thérapeutique, je suis des études de sanskrit. Je propose ici de partager mes connaissances du yoga à travers des articles ou des vidéos de pratique, postées sur ma chaîne youtube.

 

 

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30 novembre 2024 6 30 /11 /novembre /2024 11:08
Equilibrer les gunas : conseils de Krishna à  Arjuna dans la Bhagavad Gita

LES GUNAS

Au nombre de  trois, elles sont les qualités de l’Energie qui déploie tous les contenus de la Conscience.  Le chapitre 14 de la Bhagavad Gita, lorsque Krishna instruit Arjuna, en parle en différents slokas.

Tamasतमस्, en sanskrit, il désigne l’obscurité et par extensionl’ignorance.

  1. c’est une énergie descendante, d’inertie, d’obscurité, d’immobilité; elle est surtout présente dans les deux centres du bas. Elle préside aussi au sommeil profond, vide de rêve, à la nuit. On lui associe la couleur noire. Elle est plus influente sur le corps physique. C’est d’elle que naît l’élément Terre.

 

Rajas रजस्  en sanskrit, il désigne notamment la passion

  1.  le  feu ; c’est une énergie horizontale, de mouvement : il est activité, désir, passion ; il crée les attachements. Il régit l’ego. Il est plutôt dans les centres du  ventre  et du  pubis et on peut le trouver dans le cœur où il ne devrait en principe pas se trouver-  Il préside à la digestion  physique et psychique. On lui associe la couleur rouge.

 

Sattva –  सत्त्व  en sanskrit est l’essence spirituel qui préside à tout.

  1. c’est une énergie ascendante,  de légèreté, de finesse, de lumière, d’équilibre,  de clarté – on la trouve dans le centre d’énergie du cœur et de la gorge. Elle présente des affinités avec le mental. Sa couleur est le blanc.

 

Ces gunas  गुण ( en sanskrit qualité)  font en permanence le jeu de la création et plus leurs vibrations sont lentes, plus le monde apparaît sous une densité illusoire. Elles colorent en permanence les réactions mentales,  font passer de l'apathie à l'excitation, de la torpeur à l'enthousiasme, de la somnolence à la calme contemplation, et ainsi de suite sans que l’être humain ne puisse jamais goûter de de repos véritable,  d'équilibre véritable.

On les trouve absolument en tout mais avec des proportions variées ; chez l'être humain bien sûr, mais également dans le monde minéral, dans lequel si tamas domine, se trouvent aussi rajas et  sattva.

Pour que l'être humain soit harmonieux, il faut que les trois gunas soient équilibrées. A défaut d'obtenir une juste proportion au tiers,  le yoga permet déjà de limiter leur débordement, et de réguler leur action.

 - Un dysfonctionnement de tamas va entraîner une grande force d’inertie, un besoin de dormir beaucoup, un rythme lent, un esprit lent.

- Trop de rajas,  à l’opposé créera trop d’activité, voir un " sur-régime" jusqu’à ce que le feu ait tant brûlé que rajas se transformera en tamas. Du coup, après l’hyperactivité, c’est l’apathie totale.  Peut – être avez-vous déjà observé chez vous ou chez les autres de grandes périodes d’activité faisant tout à coup place à une lassitude, une fatigue totales. Voilà, c’est le jeu des Gunas. Trop de rajas rend l’être très actif, énergique, entreprenant mais aussi hargneux, égotique. D'où l'intérêt de l'équilibrage.

 

Il est très important de les équilibrer pour la qualité du sommeil

- trop de tamas implique des heures et des heures de sommeil non réparateur; on sort juste du sommeil abruti, plongé dans la torpeur sans pouvoir s'en dégager.

- trop de rajas, une impossibilité à avoir des nuits paisibles, avec l’impression au réveil de n’avoir pas dormi.

- les nuits sattviques sont les plus douces car arriver à amener sattva au cœur du sommeil rend celui-ci léger, et plus clair, presque conscient.

 

L’outil le plus précieux est   le pranayama qui permet de rééquilibrer le corps énergétique ; comme celui ci est contact permanent avec le corps physique et le corps mental grâce aux adharas et aux cakras, l'équilibre se fait de façon globale.

 

Par exemple, si dans le  centre du cœur où doit se trouver sattva, la légèreté, la lumière, il y a trop de rajas, l’individu sera hargneux, et égotique et incapable de compassion.

Grâce à certaines techniques de  souffles, il est possible d’aspirer le rajas du cœur pour le remettre dans le ventre.

Et ainsi de suite....

 

Je vous invite à lire quelques slokas de la Bhagavad gita  au cours desquels Krishna invite Arjuna à comprendre comment les qualités de la nature influencent nos pensées et nos actions, tout en montrant qu'il est possible de les transcender par la sagesse, le détachement et la dévotion. Ce ne sont pas les seuls textes où les gunas sont évoqués, mais l'enseignement que reçoit Arjuna à la veille de se battre est clair :

:

 

Extrait du Chapitre 14 de la Bhagavad Gita 

Sloka 5

"La pureté, la passion et l’ignorance – ces qualités, ô Arjuna, nées de la nature matérielle, enchaînent dans le corps l’âme impérissable."

Sloka  6

"Ô Arjuna, la qualité de Sattva, étant pure, illumine et libère de tout péché. Elle lie par l’attachement au bonheur et à la connaissance."

Sloka 7

"Sache que Rajas, la qualité de la passion, est née de la convoitise et de l’attachement, ô Arjuna. Elle lie l’âme par l’attachement à l’action."

Sloka  8

"Et Tamas, l’ignorance née de l’illusion, plonge tous les êtres dans l’obscurité, les lie par la négligence, la paresse et le sommeil."

Sloka  10

"Parfois, Sattva prédomine en triomphant de Rajas et de Tamas, ô Arjuna. Parfois, Rajas triomphe de Sattva et de Tamas; et parfois, Tamas l’emporte sur Sattva et Rajas."

Sloka 19

"Celui qui voit que toute action est accomplie seulement par ces trois qualités de la nature et qui sait que l'âme est au-delà des gunas, atteint Ma nature spirituelle."

Sloka  20

"Quand l’âme transcende ces trois qualités matérielles associées au corps, elle se libère de la naissance, de la mort, de la vieillesse et de la douleur et goûte à l’immortalité."

Sloka  22 à 25 : comment transcender les gunas

"Celui qui ne hait pas la lumière, l'activité ni l'illusion quand elles se manifestent, ô Arjuna, ni ne les désire quand elles disparaissent;
Celui qui est assis comme un spectateur sans être ébranlé par les gunas, qui sait que les gunas seuls agissent; celui qui demeure ferme et inébranlable;
Celui qui est égal dans la douleur et le plaisir, qui a atteint le Soi, qui voit l’argile, la pierre et l'or comme égaux; qui est sage et identique face à l’agréable et au désagréable, à la louange et au blâme;
Celui qui se comporte de la même manière envers amis et ennemis, qui abandonne tous les efforts égoïstes, ce saint-là a transcendé les trois gunas."

 

 

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19 octobre 2024 6 19 /10 /octobre /2024 11:46

 

Les doigts jouent un rôle capital en yoga à travers les gestes appelés mudras, qui combinent plusieurs façons de les associer entre eux.

Voici très succinctement la symbolique des doigts.

1. Le Pouce (Agni) – L'élément Feu
  • Symbolique : Le pouce est souvent associé à l'énergie du feu et à  Manipura, (à ne pas confondre avec Surya adhara ou nabhi adhara.) chakra qui   distribue le feu, puisé en mulagni au-delà du premier chakra et qui gère  les états du mental dans les états (veille sommeil rêve)
  •  Les pouces sont aussi à travers le chakra en lien avec les yeux, et tous les points du feu de la Sushumna d’où l’importance de les fixer dans certaines techniques, par exemple les triangles, ou bien de les stimuler dans d’autres.  
2. L'Index (Vayu) – L'élément Air
  • Symbolique : L'index est associé l'élément air et à Anahata chakra, situé dans la région du cœur, où se croisent de nombreux nadis : on parle ainsi des vents du cœur qui tire à hue et à dia l’individu. Dans une technique comme Nataraja, il est important dans les écoles Natha de pointer l’index vers un point dans l’espace pour mettre en vibration le chakra du cœur. L'index est à travers le chakra relié à la peau, au toucher au sens vaste du terme, qu'il faut penser au delà de le peau.
3. Le Majeur (Akasha) – L'élément Éther
  • Symbolique : Le majeur est associé à l'élément éther ou espace, et il est lié au chakra Vishuddhi (le chakra de la gorge), centre de la pureté où l’air pneumatique se subtilise en air subtil. Il est à travers le chakra relié au nad, au son.
4. L'Annulaire (Prithvi) – L'élément Terre
  • Symbolique : L'annulaire représente l'élément terre, et au chakra Muladhara (du sanskrit mula qui veut dire racine), chakra associé à toutes nos hérédités. 
5. L'Auriculaire (Jala) – L'élément Eau
  • Symbolique : L'auriculaire est associé à l'élément eau et au chakra Svadhisthana, deuxième chakra où nait le souffle subtil

 

        L’association des doigts entre eux stimulent les courants d’énergie (vayus) dans le corps et les mudras ainsi obtenus, quand ils sont parfaitement immobile, maintiennent un mental apaisé, qui se vide au fil du temps des tourbillons de mots et d’image qui dansent indépendamment de notre volonté.

Leur  réelle symbolique a été perdue en danse indienne, où ils se bornent à signifier ou représenter quelque chose, souvent de façon très concrète. Mais  il est certain que le bout des doigts des danseuses teint en rouge  (shakti) avait autrefois un rôle purement énergétique : il concentrait le mental des spectateurs pour les amener peu à peu à un état de transcendance, au-delà de rasa (la saveur).

Beaucoup de livres donnent aujourd’hui des recettes pour guérir telle ou telle chose ou obtenir telle ou telle chose; pourquoi pas ?  Mais il faut malgré tout garder à l'esprit que leur symbolique va bien au-delà du désir personnel ; comme expliqué plus haut, les mudras scellent l’énergie et impriment aux vayus un courant énergétique qui peu à peu s’emplit de prana ( énergie vitale pure) et stabilise le mental si on les tient en assise dans la durée.

 

J’en ai expliqué quelques uns dans un autre article, les plus importants pour la méditation  étant :

  • chin mudra,
  • jnana mudra,
  • anjali mudra,
  • ganesh mudra,
  • linga mudra.

 

A noter que les nyasas, gestes énergétiques, sont également d’une importance capital en yoga thérapeutique ; on joint la plupart du temps le pouce ( énergie de feu) et l’index) relié directement au cœur, et parfois on joint le majeur ( visuddhi, la pureté) pour opérer des massages énergétiques guérisseurs.

 

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19 octobre 2024 6 19 /10 /octobre /2024 10:14

 

Hamsa upanisad

 

         Voici la Hamsa upanisad, dans la traduction de Jean Varenne, avec les commentaires que j'ai rédigés.

 

Ham Sa, c’est à la fois le mantra naturel du souffle, et aussi le cygne, monture de Brahmâ. Il y a donc un jeu sur la double signification du mot.  En sanskrit cela signifie Je suis lui ce qui se prononce SO HAM qui par le jeu du sandhi devient HAMSA, le cygne. Je laisse donc le HamSa ou SO HAM dans sa forme sanskrite  dans ce texte, contrairement aux traductions de Jean Varenne qui traduit par «  oiseau migrateur » ce qui fausse le double sens de ce mot. Mes commentaires ne sont qu’un point de départ à votre réflexion que guidera votre intuition.

Gautama est un personnage lambda auquel s’adresse Shiva. On suppose donc que cet upanisad est reçu par la Shruti, c'est-à-dire que c’est une connaissance «  révélée ». Nombreux textes indiens auraient été écrits sous la dictée des dieux. Il faut bien sûr y voir là non une mystification, mais au contraire un ensemble de textes rédigés par des êtres complètement réalisés.

 

 

Le Sage Gautama,  s’approchant du seigneur, lui demanda :

1.  Toi qui connais toutes les lois,  toi qui sais toutes les sciences, dis-moi, Seigneur Siva, comment éveiller l’esprit à la connaissance du brahman.

 

Commentaire

Pour loi, il faut se référer au mot sanskrit Dharma. Le dharma est plus un  «  ordre cosmique » qu’une loi humaine. Pour sciences, c’est le mot Vidya, qui est une connaissance acquise, un savoir, un enseignement ;  le mot sanskrit Shastras qui signifie un traité qui contient le savoir et auquel on se réfère sans cesse. Connaissance du Brahma donne en sanskrit le mot :  Brahma+ vidya

 

A quoi Siva répondit :

 

2. Apprends d’abord les lois, assimile à fond l’enseignement du Seigneur à la Lance, ensuite seulement Gautama, je te dirai la Vérité, telle que me la révéla la Déesse de la Montagne. 

 

Commentaire : La déesse de Shiva est Parvati, la parèdre de Shiva. Le seigneur à la Lance ( traduction de Jean Varenne)  est bien sûr Shiva et son trident.

 

3 Cette vérité est secrète, on ne doit pas la divulguer ; je la réserve à l’adepte parfait, dont le yoga fait un écrin digne des joyaux les plus beaux. Elle est la connaissance vraie de  SO-Ham et par elle on obtient d’être libre à jamais.

 

Commentaire : Toujours cette importance de garder secret un enseignement ; pour la simple raison que celui-ci perd de son efficacité si l’on en parle et aussi parce qu’il faut vraiment s’engager dans la voie du yoga pour comprendre au-delà du mental cet enseignement qui purement écrit et non mis en pratique ne présente aucun intérêt. Les upanisad restent des sortes d’aide-mémoire dans lequel tout n’est pas dit.

SoHam est Ham Sa par le jeu du sandhi, (règle de sonorité dans le sanskrit) le A avant le H devient un O. Cela signifie «  je suis lui » ; c'est-à-dire que le yogi s’identifie au Soi, au tout, au brahman.

 

4 Je vais donc te dire ce qu’est cette doctrine et ce qu’est le HamSa et la paraHamsa puisque tu es  un novice maître de soi et voué à l’étude. L’enseignement est qu’il faut méditer encore et encore sur l’Oiseau en répétant sans cesse Ham Sa Ham Sa.

 

Commentaire

Le souffle, symbolisé par Ham Sa, son «  bruit » naturel est le Prana, principe de vie qui anime tous les êtres vivants et assure la vie des trois corps physique, énergétique et mental ce qui est expliqué au sloka suivant. Para signifie suprême. On pourrait traduire par cygne suprême. Autrement dit, lorsque le yogi s’est identifié au HamSa et se trouve uni à Shiva

 

5 Il entre en tous les êtres, le Ham-Sa, l’âtman, et devient présent en eux comme le feu dans le bois de friction, comme l’huile dans le sésame ; savoir cela, c’est vaincre la mort

 

Commentaire : c’est la raison pour laquelle lorsque l’on se concentre sur le souffle, utiliser ce mantra sous une forme ou une autre ( SO HAM ou HAM SA) met en vibration le prana dans sushumna et dans toute la structure énergétique ; pour le yoga, le Son a un rôle capital à travers les phonèmes. La notion de spanda est fondamentale : il faut imaginer que le mantra fait vibrer la structure énergétique en vibrant lui-même. Ce n’est pas une récitation creuse mais une activation de l’énergie. Quand nous-mêmes émettons un son ( vocal, instrument) les molécules d’air vibrent et transmettent le son dans l’espace.

 

6 L’adepte, en premier lieu, prend la posture du lotus et teint le souffle qu’il inspire ; pressant ensuite son anus avec son talon gauche, il fait monter le souffle à partir du centre de la base jusqu’à la porte des joyaux non sans avoir conduit le souffle à tourner par trois fois autour du Svadhisthana ; de la le souffle monte jusqu’à l’anahata et le dépasse gagnant la Vishuddi que flanquent deux balles de chair pareilles aux testicules ; tenant toujours le souffle l’adepte conduite alors l’air inspiré jusqu’à l’ajna-cakra et le Brahmarandhra ; méditant, il réalise enfin qu’il est l’un aux trois lettres, Om. Etre pensée béatitude, au-delà de toute forme.

 

Commentaire : description classique d’un souffle conduisant à la méditation: le centre muladhara, les autres cakras, jusqu’au brahmarandhra. Dans notre série, anuloma viloma rapelle cette technique dans une version de base puisqu’ensuite le souffle redescend, qu’il n’est pas tenu en brahmarandra avant de revenir dans le cœur pour s’y maintenir en méditation uni au Soi.

Etre, pensée, béatitude est l’une des grandes triades du tantrisme : sat chit ananda, qu’on associe à deux autres triades : Iccha, Jnana, Kryia (volonté ou désir, connaissance, action) Manas, Prana, Ojas ( mental, principe de vie, énergie vitale des cakras de la base). On le verra en détail plus tard dans la formation.

 

7 Il est le Ham Sa suprême, resplendissant de la lumière de dix millions de soleils, et par qui toutes choses ont été pénétrées.

 

Commentaire : La lumière est l’un des autres grands attributs de Shiva lorsqu’il se déploie à travers son énergie : son et lumière sont des éléments fondamentaux dans la pratique du yoga et toutes les techniques de yoga mettent en vibration le son et la lumière sous une forme ou une autre. Les deux sons vibrations sous forme d’ondes.

 

8 Habitant désormais dans le lotus du cœur, il y trouve huit incitations correspondant à huit pétales ; le pétale oriental incline aux actions pieuses, le pétale d’Agni, à sommeiller, à paresser, et celui de Yama, à agir avec cruauté ; le pétale de Nirrti incite à mal faire, chez Varuni, la Déesse, git la soif des plaisirs, et chez Vayavi, l’envie de voyager ; le pétale de Soma incline à la sensualité, et celui d’Isana à rechercher les biens matériels ; au milieu du lotus git le dégout qui suit la satiété, et les étamines régissent l’état de veille ; le péricarpe, l’état de sommeil léger et l’androcée, le sommeil profond ; quant à l’état quatrième, le Ham l’atteint lorsqu’il a quitté le lotus ; il va ensuite au-delà même de cet état quatrième lorsqu’en lui s’éteint la résonnance qui circulait dans tout le corps subtil du centre de la base jusqu’au Brahmarandhra, pareille au chant d’un pur cristal. Cette résonance dont on dit qu’elle est le brahman, l’âme suprême.

 

Commentaire : «  désormais habitant dans le lotus du cœur » signifie que le yogi a uni son soi au Tout ; dans le cakra du cœur, il y a un autre centre à huit pétales qui est décrit ici ; tous les possibles sont inscrits sur les pétales. Et très intéressant, on voit que le cakra du cœur est lié aux états de veille, sommeil, sommeil profond et que c’est par lui que l’on peut accéder à l’état quatrième Tuyria, qui transcende les trois premiers états.

La résonance est le Nad, le son originel, au-delà de l’audible qui suppose le sens de l’ouïe et qui n’est pas nécessaire pour lui,  d’où s’est déployé, avec la lumière, tout l’univers et qui est le pranava Om. On sait d’ailleurs que le son ne peut se transmettre dans le vide et c’est ainsi qu’il faut le comprendre.

 

10 De ce mantra, HamSa est le Voyant, le mètre la gayatri, le dédicataire  ParamaHamsa, la semence-verbale, Ham, est la syllabe-semence (bija), c’est Lui, So est sa Shakti (son pouvoir)  et HamSa ( So Ham) la pointe acérée : je suis Lui !

 

Commentaire : lorsque HamSa ou SoHam ne font qu’un avec le yogi, ou le yogi avec lui, l’union s’est réalisée.

 

11 Ce mantra, il faut le répéter vingt et mille six cents fois, en méditant sur les six centres de nuit et de jour ; dédiant cette méditation au soleil et à la lune, au seigneur impassible, et au brahman non manifesté ; on incitera, par ce moyen, l’élément subtil et sans forme qui est au fond de nous.

 

Commentaire : cela montre que le yogi n’est plus dans le faire, mais que le mantra se récite de lui-même à travers lui qui a réalisé l’union. Il n’a plus besoin de le réciter, il l’entend comme une résonnance au gré de ses souffles subtils. La voie de Shiva est accomplie, après qu’il a déjà commencé par la voie de l’individu (il récite le mantra sans cesse toute la journée) puis l’énergie prend le relai, et enfin l’union s’est produite. 21600 fois est le nombre de répétitions par jour ; tout montre que le yogi est donc déjà un yogi réalisé.

 

12 On utilise ce mantra pour les rites d’attouchement, commençant par le cœur, on poursuit sur tous les membres en répétant l’interjection rituelle : vausat pour agni et Soma ;

 

Commentaire : ici, il est question des nyasas, massages énergétiques qui sont faits sans toucher ni la peau ni le corps avec les trois doigts d’une main (trident de Shiva) avec association de mantra. Le nyasa sur le cœur associé à un mantra met en vibration l’énergie en l’associant à la pensée.

 

13 A la fin du rite, on médite sur HamSa niché dans la grotte du coeur, c'est-à-dire sur l’âtman ;

 

Commentaire : on retrouve le cœur du cœur, deuxième centre dans ce cakra du cœur ; il est nommé Hrdaya, ( prononcer Hridaya)

 

14 De cet oiseau Agni et Soma sont les ailes ; Om est la tête dont AUM et le bindu du Om sont les trois yeux  et son visage; Rudra et sa parèdre sont les deux pattes ; telles sont les représentations qu’on utilise dans le rite double effectué à partir de la gorge ; l’union étroite entre le Hamsa et le ParamahamSa (soi et Soi)  s’accomplit en deux temps, l’union duelle et l’union absolue.

 

Commentaire : ce passage très poétique est très explicite. Le nyasa peut aussi s’effectuer sur la gorge ( Vishuddi) pour purifier le centre de la parole et qui est aussi lié  l’éther et au son.

 

15  En conclusion de ce rite, l’ajapa mantra cesse là où commence l’au-delà de la pensée.  (Unmani qui signifie absence de pensée)

 

Commentaire : En sanskrit le «  a » placé devant un nom et appelé privatif annule le sens du nom. A-japa se traduirait par non-récitation. Il n’est donc plus nécessaire de réciter le japa ( HamSa ou Soham) puisque cela se fait maintenant naturellement, l’union étant accomplie de l’âme individuelle avec l’âme universelle.

 

16 On peut aussi réaliser le son en répétant le mantra dix millions de fois ; le son se manifeste alors de dix manières comme suit : on entend d’abord chin, puis en second chini, chini ; la troisième sonorité est celle d’un cloche ; la quatrième d’un conque ; la cinquième d’un corde ; la sixième d’une cymbale, la septième d’une flûte, la huitième d’un tambour, al neuvième d’une grosse caisse, la dixième enfin est celle du tonnerre.

 

Commentaire : chin- chini – ( qu’on prononce tchin-i) est un des sons «  inaudibles » qui rend le corps léger. Ici sont décrites les différentes étapes du déploiement du son.

 

17 Il faut négliger les neuf premières sonorités et concentrer son attention sur la dixième qui est celle du tonnerre.

 

Commentaire : ici, la présence d’un maître pour «  sauter » les 9 premières étapes est nécessaire. Le texte ne le dit pas explicitement bien sûr.

 

18 A la première sonorité le corps de l’adepte sonne Chin Chini ; à la seconde, ceci disparaît ; à la troisième le lotus du cœur est percé ; à la quatrième, la tête tremble, à la cinquième, le palais suinte ; à la sixième, on boit l’ambroisie, à la septième, on voit le mystère,  à la huitième, on entend la parole, à la neuvième, le corps devient invisible, et s’ouvre l’œil divin, sans souillure, il devient le brahman à la dixième réalisant l’union de l’âme et du brahman.

 

Commentaire : sont décrits ici les différents Siddhi ( pouvoirs) atteints dans chaque palier. Les tremblements, le nectar lunaire, le percement du cœur, les pouvoirs de claire vision et claire audience,  la percée du cœur et de Urna, les tremblements, etc  sont des éléments qui reviennent toujours avant la réalisation du Soi et que le yogi doit négliger pour ne pas perdre son objectif qui est précisément cette union.

 

19. Dès lors, et par cela même, le mental individuel est détruit qui est la source des pensées et désirs comme des images et constructions mentales ( sankalpa et vikalpa) ; alors, de la cessation de ces deux activités de l’esprit mais aussi de l’extinction des actes positifs et négatifs, naît la transfiguration du disciple en SadaShiva, ( littéralement le toujours Shiva) le révélateur qui resplendit de la nature de Shakti l’omnipénétrante, qui est par essence splendeur radieuse qui est l’immaculé, l’éternel, le pur et le Om suprêmement paisible.

 

Commentaire : l’influence tantrique est claire dans cet upanisad qui n’a que faire des yama et niyama (préceptes pour accomplir de bonnes actions) puisqu’il s’agit littéralement de transcender l’incarnation ; le mental disparaît au profit d’une transmutation et SadaShiva.

 

 

En conclusion : il est important de garder à l’esprit le rôle qu’un mantra peut jouer dans une pratique même si notre visée, dans nos cours, est bien plus modeste. Il faut aussi penser les mantras en termes d’énergie sonore « vivante » et pas comme des syllabes vides. Vous savez, comme le «  Abracadabra » des contes de notre enfance : le magicien donnait vie à la formule. C’est exactement la même chose avec les mantras. Cela donnera plus de vie et de résonnance à votre pratique !

 

A lire aussi sur ce blog dans la rubrique la minute sanskrit  :  Bija et mantras

Une autre upanisad ( extrait) avec commentaire kundalini upanisad

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12 août 2024 1 12 /08 /août /2024 09:51

A quoi voit-on que kundalini s’éveille (un peu ?) ?  Sept petits points de repère tout  simples. Sept petits cailloux lumineux pour éclairer sa route...

 

Kundalini, le mythique serpent des profondeurs, endormi dans le cakra de la base chez tout être humain, s’il s’éveille un jour, ce qui n’a en principe aucune chance d’arriver chez la plupart des milliards des individus qui peuplent cette Terre, transcende précisément cet individu ;  la plupart des textes ou des écrits que l’on trouve sur cet éveil mettent l’accent soit sur les désordres que cet éveil ou montée apporte s'il était pas ou mal préparé ( les éveils spontanés sont TOUJOURS partiels) soit sur les pouvoirs extraordinaires que cet éveil donne : vision, capacité à se faire minuscule, ubiquité, pouvoirs en tous genres ( style super héros), etc.

Contrairement à la littérature qui fleurit abondamment avec les pouvoirs des supers héros, les voyages dans l’astral, et autres choses qu’on lit de puis le mouvement de la théosophie, cet article se veut volontairement tout simple et parle de l’éveil partiel de Kundalini.

La plupart du temps, Kundalini s’éveille sous la guidance d’un maître lui-même éveillé, soit directement, soit à travers des pratiques de yoga, sous la guidance de ce maître. Quand elle s’éveille, on peut dire qu’elle détruit tous les contenus personnels, individuels pour fondre l’individu au tout, qui cependant reste un individu incarné. Mais le  Je "Aham", est devenu TOUT "Maha". (grand en sanskrit)

MAIS ce qui est rarement dit ou expliqué, c’est que dans une démarche authentique de yoga ou/et une vie mystique profonde et sincère, la belle endormie va forcément ouvrir un œil et que cela change tout. Qu’est-ce qui alors indique que la demoiselle commence à s’extirper de ses profondeurs et apporte à l’individu ce petit plus, oh, bien modeste, puisqu’il ne s’agit pour donner un ordre d’idée que de 4 ou 5 % de ce  potentiel enfermé en elle, qui va littéralement enchanter sa vie ?

Voici une liste d’éléments ; car au-delà des pouvoirs que Kundalini apporte, c’est surtout sa douceur, sa paix, que les grands éveillés ont évoquées, tel Maharshi.

 

1) L’être est de plus en plus sensible à la beauté ; je devrais écrire RASA, qui en sanskrit est la saveur esthétique ; cela peut-être à travers l’art, la nature, la beauté d’une ville, d'un bâtiment, d'un objet, d'un petit rien, d'un reflet, d'un mouvement,  autrement dit à travers tout ce qui vient directement toucher le cœur et cloue le bec au mental ; Rasa ne s’analyse pas, il se vit en direct. Le sens esthétique qui se raffine, qui devient de plus en plus profond est l’un des grands signes ; l’individu va s’arrêter dans la rue pour regarder un immeuble, un arbre ; il est attentif au changement de lumière ; il peut rester des heures dans la contemplation pure d’un paysage… il ne craint plus de perdre son temps ; il le perd sans s’en inquiéter, car il sait qu’il ne s’écoule pas… la liste n’est pas exhaustive, bien sûr.

2) Le besoin de consommer diminue. Attention, ça n'est pas par désir d'écologie, par sans moral, ou autre! Que nenni! Cela se fait naturellement car l’individu tout occupé à redécouvrir un monde neuf qui éclot tout pareillement en lui et hors de lui, éprouve de la sorte moins le besoin de se « divertir » à l’extérieur, de consommer : spectacles, divertissements, voyages, soirées entre amis, vêtements, objets, biens matériels, possessions en tous genres, ce fameux « avoir plein nos armoires » de la Foule sentimentale de Souchon ; notez bien que l’individu ne se ferme nullement au monde, mais sa rumeur ne l’atteint plus de la même façon, parce qu'un monde nouveau s'est mis en place, simple mais tellement lumineux et nourrissant.

Par ailleurs, il a une attitude de retrait bienveillant ; il écoute la fureur ou la rumeur du monde, sans vouloir absolument y participer ; cela ne veut nullement dire qu’il est indifférent, qu'il s'est retiré dans son ermitage, non. L'explication est simple :   la dualité ne le tiraillant plus d’un côté ou de l’autre, il est à présent enclin à observer les deux plateaux de la balance plutôt que de vouloir absolument que l’un des deux s’incline d’un côté ou de l’autre selon son désir.

3) Il est content pour rien ; ce n’est pas encore la félicité, la béatitude, Ananda, mais un avant-goût. La moindre petite chose l’émerveille, l’ enchante, le met en joie ; il retrouve un état d’enfance où tout est toujours neuf et merveilleux pour la première fois, où tout est en re-création perpétuelle, ou tout prend des formes de jeux, alors que dans son quotidien, absolument rien n’a changé.

4) Son intuition s'aiguise et est profonde et juste. Il sera plus à même de sentir, de ressentir, et de comprendre sans passer par le mental discursif ; cela apporte aussi beaucoup de paix, et toujours cet état de recul qui n’est pas de la passivité, car on peut toujours être actif dans le monde, en faire partie, mais plus de la même façon ; de la sorte, il est bienveillant, car il sait que tout est égal, et il sait aussi qu’au-delà du Je, guidé par le mental, les contenus personnels des cakras, il brille en Hrdaya une petite part de l’âme cosmique universelle.

Il commencera à percevoir une autre dimension sous le monde «  réel », peut-être percevra-il les auras, les énergies, le monde invisible, mais sans tomber dans le côté « sensationnel » de la chose, car il verra tout cela comme faisant un tout et non comme des éléments exceptionnels, ou extraordinaires. C’est comme si après avoir vu le monde à travers des lunettes déformantes, on les lui retirait…

5) Cet individu la plupart du temps sera en paix avec lui-même et le monde, il ne cherchera plus à être "quelqu’un" ni "personne", ces deux mots ne signifiant plus rien pour lui. Conscient d’être de passage, il cherchera à accroître en lui la lumière qu’il devine y briller, et consacrera du temps à augmenter celle-ci. Suivant l’appel de la mystérieuse, il s’engagera ou non dans cette voie d’une manière totale, en sachant que tout est là, qu’il faut être prêt, que la grâce peut le toucher à chaque instant, et que dans ce cas, c’est tout son être profond qui sera transfiguré. Il est donc prêt à mourir à lui-même.

6) Il est plein d'empathie pour tout et tous,  sans que pour autant  ses émotions ne le dirigent. C'est un point important, cette forme d'amour universel, d'amour pour tous, d'empathie, mais sans vouloir " aider", " changer",  "modifier". Il voit en tous le reflet du divin, sachant que sous les personnages incarnés, il y a l'âme commune qui vibre.

7) Enfin, son mysticisme s'éveille. Il ressent un appel, un union ou un désir d'union avec le Divin ( DI, c'est briller en sanskrit, d'où vient l'idée de radieux, dieu, et de lumière). Il peut même être touché par la grâce.

 

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4 septembre 2023 1 04 /09 /septembre /2023 06:58
Comment créer un programme complet de yoga ?

 

Dans les écoles tantriques, pas de postures puis de contre-postures ; c'est l'énergie qui guide la pratique; pour autant, il ne faut pas oublier d'intégrer régulièrement dans sa pratique des : 

  • postures debout,
  • d'équilibre,
  • des flexions avant,
  • des flexions arrière,
  • des inversions,
  • des postures au sol en torsion ou pas, etc,

 

Et puis, surtout, une fois que l'énergie est mise sous tension, de l'intensifier grâce au mudra, afin de subtiliser le souffle; peut alors commencer le travail du pranayama, qui, effaçant peu à peu le corps, permettra ensuite d'entrer plus facilement dans une concentration et/ou une méditation!

Quelle est la différence entre flexion arrière et inversion ? Les inversions requièrent d'avoir les pieds plus haut que la tête : c'est le cas dans la chandelle, ou viparita karani mudra, mais pas dans le chameau!

 

Quelques idées parmi des dizaines :

  1. flexion avant : pince, demi pince, tortue ; padahastasana
  2. arrière : cobra, chameau, colombe, cakrasana au sol
  3. équilibre : kakasana ( sur les mains) ; arbre, garudasana ( debout)
  4. posture debout : natarajasana; garudasana;
  5. torsion : demi lotus lié, goraksha lié; ardha-matsyendrasana
  6. inversion   : viparita karani, chandelle; shirsasana

 

  1. nadi : tolangulasana; janushirsanana;  demi-pince, demi sauterelle
  2. cakra base : dithryatasana; tortue ( en liaision avec ajna)
  3. pubis : posture du poisson; crocodiles, la série avec des souffles à vide ; l'aigle dans sa dernière phase ; cygne 
  4. ventre : la pince ( en liaison avec les points du feu)
  5. coeur : colombe, arbre; aigle ( phase 1) marici; natarajasana
  6. gorge : ustrasana; grenouille ( travail de souffle spécifique)

 

 

 

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13 juin 2023 2 13 /06 /juin /2023 09:37

 

Le titre peut paraître étrange, d’autant qu’il existe déjà une immense littérature sur le sujet ; mais nombreux sont les articles qui parlent d’un état de maladie qui permet de se lever et de faire du yoga. Et nombreux, parmi ces articles, sont ceux qui limitent le yoga au seul corps physique ou presque. 

 

Or, dans cet article, je voudrais parler d’un état de maladie temporaire, qui peut même être long, et qui empêche complètement de se lever ; dans lequel le corps doit renoncer à toute activité physique comme une pneumonie par exemple. Cela veut dire qu’il faut complètement changer sa pratique.

Cet article n’a d’autre but que de vous rendre créatif, tout en donnant du sens à ce que vous choisirez de faire si un jour, vous êtes dans l’incapacité de faire du yoga pendant 3 semaines, un mois, ou plus.

 

Si on ne peut plus pratiquer les asanas, qui,  comme expliqué  dans d’autres articles, ne se limitent pas au corps physique mais concernent l’ensemble des trois corps  physique, mental et énergétique, est-ce que cela à encore un sens de «  faire du yoga » ? La réponse est oui, sauf si votre yoga est purement physique et n’englobe pas les différents corps qui nous composent.

 

Comment cela ?

 

Je l’affirme, sans asanas, on peut continuer à faire du yoga autrement en attendant que le corps physique puisse de nouveau quitter le lit, se lever, et se mettre au moins en position assise.

 

Voici quelques idées pour prendre  des chemins de traverse qui vous permettront de garder le fil avec votre pratique. Il y a toujours la possibilité de faire allongé des mudras, du pranayama, de la concentration, du nidra.

 

« Faire du pranayama dans lit, allongé et fiévreux ? Mais c’est ridicule ! »

 

Nadishodana, on y revient toujours !

 

Le premier pranayama que l’on apprend quand on commence le yoga est nadishodana – de nadI  नदी  rivière, associé à शोधन  Śodhana, mot qui désigne une technique de purification. Sur le net, il est décliné à toutes les sauces. J’en rappelle la technique de base (conformément à  l’école de yoga à laquelle se rattache celui que je transmets)   dans un article.

 Ce pranayama se pratique «  traditionnellement »   sur 23 minutes, c'est-à-dire un  ghaṭikā घाटिका  qui étymologiquement désigne un pot à eau qui se remplit en à peu près 23 minutes ; c’est notre ancienne clepsydre.  Mais quand on débute, on y va         progressivement, jusqu’à adopter le rythme 1 4 2  pendant une dizaine de minutes : par exemple 4 temps d’inspir, 16 de rétentions, 8 d’expir, en laissant de la place pour une petite tenue à vide et à plein ; les temps – mAtrA en sanskrit मात्रा  - correspondent  grosso modo à 1,3/ 1,7 secondes. Ils sont propres à chacun. Avec de la patience et du temps,  la pratique s’allonge d’elle-même.

 

Il est préconisé quand on s’engage dans une   sādhana   सधन  - pratique spirituelle personnelle - d’accorder beaucoup de temps à cette pratique ; et les premières années, on recommande de la faire régulièrement,  même en dehors d’une pratique de yoga.

Par la suite, après quelques années de pratique,  il est bon de revenir régulièrement à cette technique,  sur une période courte ou longue ; par exemple, on pourra ne faire  que ce pranayama, (on met tout le reste de côté) mais au moins 1 heure à 1h30/2 heures  par jour,  en  plusieurs fois si nécessaire. Pourquoi ? Parce que c’est lui qui assure l’équilibre des canaux ida et pingala et la bonne circulation du prana dans ces canaux. C’est vraiment l’outil indispensable, pour permettre à l’énergie de bien circuler.

 

C’est donc un pranayama à garder, vous l’aurez compris, celui qui purifie, fait circuler prana, et met en relation les trois corps ; Vous m’objecterez : «  ah oui, parce qu’en état malade, alité, on va faire 20 minutes de nadishodana ? Du délire !

 

- On va adapter

- Ahaha, je vous tiens, répondez-vous, narquois ;  vous avez toujours dit qu’il ne fallait pas adapter, que cela dénaturait les pratiques.

- Mais il y a des cas de forces majeures et il est temps de dire comment s’y prendre.

- Pas convaincu : ou on fait du yoga, ou on n ;en fait pas.

- En attendant de se rétablir, mieux vaut un peu que rien du tout, n’est ce pas ?

- Bon, on vous écoute mais, pour l’instant,  on n’est pas du tout convaincu !

 

Quelques idées

 

Dans le cadre de notre pratique dans la maladie, s’il est absolument impossible de s’asseoir, on se mettra en śavāsana  शवासन dans son lit.  Et, comme lorsque l’on pratique le nidra, on fera un petit rituel, en se reliant au divin, au cosmos, à ce qui compte pour soi ; on suit les souffles dans l’axe, en entendant Ham Sa,  on offre sa pratique, et on prend un temps pour se visualiser dans son espace de pratique, comme si le corps était sur son tapis de yoga. Il y a double visualisation, l’axe et soi ou le clone dans son espace de pratique.

 

Ensuite, par la seule concentration, on va pratiquer, sans boucher les narines, nadI  Śodhana, en installant si on le peut kechari et मूलबन्ध Mūla bandha ; il faut vraiment visualiser la structure énergique  et le prana qui circule dans les nadis. On fait au mieux.  5 minutes par ci, 5 minutes par là, suivant ce qu’il est possible de faire.  On essaie de garder un rythme, même très modeste ( 2 8 4 ) on le répète plusieurs fois dans la journée. Et surtout on visualise à fond les nadis Ida Pingala, la structure énergétique, le prana, la lumière, tout en entendant les mantras ( IAM RAM OM)

Si le corps peut se mettre en position semi-assise, bien calé sur les oreillers, on fera la même chose, et si on n’est capable de prendre la gestuelle, on n’hésite pas.

Dans le cas d’un nez complètement bouché, ou de gorge irritée, de toux, on se contentera de se visualiser en nidra faisant nadI  Śodhana , jusqu’à ce qu’il soit de nouveau possible de faire la technique décrite ci-dessus même très très modestement, il ne faut pas négliger le pouvoir de la visualisation associé à une forte concentration + l’écoute intérieure + se relier au Divin en soi et autour de soi.

 

Ensuite, on reste bien en śavāsana et on fera allongé une technique de concentration ; on a que l’embarras du choix : Hridaya adapté par exemple, en écoutant Ham Sa au fil du souffle, en visualisant le trajet des mantras ; le neti neti ; faire sonner intérieurement les bijas des cakras associés au souffle : le cakra tourne dans un sens à l’inspir, puis dans l’autre à l’expir et on monte de centre en centre ; c’est là qu’on peut être créatif.

 

Indépendamment de cette pratique, on peut aussi mettre en place au cours de la journée ou de la nuit si on se réveille, un processus de guérison via le nidra. Il existe de nombreuses techniques. On peut utiliser le clone, par exemple. Même si la guérison physique est longue à venir, ces techniques répétées sur quelques minutes tous les jours, et peut-être plusieurs fois par jour, vont avoir une incidence sur l’ensemble des trois corps ; quelque chose est activité, le malade ne «  subit » plus sa maladie. Il accompagne consciemment cet état. Il met en place quelque chose de lumineux qui le sort de sa condition de malade.

Ce ne sera pas ni miraculeux, ni rapide, ni rien. Mais en étant conscient, actif dans l’inaction (faire en laissant faire) en gardant le lien avec le cosmos ou son iṣṭa-devatā préféré, il continuera, modestement, sa pratique de yoga, et la saveur du monde lui parviendra et lui apportera beaucoup de paix.

 

Ces quelques idées vous permettront, je l'espère, de trouver comment faire pour ne pas arrêter votre pratique si un jour vous êtes malade pour un long moment.

 

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 En complément :

Nadishodana en version de base

Yoga nidra .

 

 

 

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 10:10

Om ou Aum ????

 

  ou   औम्  ????

 

j'ai pu écrire cet article grâce à ce convertisseur d'écriture latine en devanagari  et Xavier Negre. ( Cliquer sur le lien).

Aujourd'hui, je vous propose quelques mots d'explications sur l'écriture de ce bija-mantra célèbrissime  ainsi que sur le processus qui a fait que l'on est passé  d'un Om simple à un AOM,  avec o doublé ; j'explique aussi pourquoi l'on a graphiquement une écriture très particulière. La symbolique de ce bija-mantra sera expliqué dans un autre article.

Om réunit toute l'essence de l'univers, de sa création à son déploiement, parce que les sons, les vibrations, (spanda - स्पन्द् ) y jouent un rôle fondamental et que pour la philosophie indienne, les lettres de l'alphabet contiennent toute l'énergie et l'essence même de cette création.

 

En sanskrit, le M est nasalisé en fin  de syllabe ; il peut s’écrire म्  c'est-à-dire la lettre  Ma, moins le a qui est symbolisé par    un petit trait vers le bas qui «  supprime » la sonorité A, il ne reste que le son M fortement nasalisé, c'est-à-dire qu’on utilise les résonateurs au niveau du nez. D’ailleurs, le sanskrit est très musical et utilise de nombreux résonateurs du visage (palais, gorge, lèvres, nez, dent) comme on utiliserait différents modes de jeu sur un instrument de musique.

Cette consone nasalisée s’écrit par un point si un mot ou syllabe suit celui-ci. 

 

Exemple  Ram : qui est la voyelle sanskrite ra + le M nasalisé

 

             रम्  s’écrira    रं  ram si un mot ou syllabe le suit.

 

Tout cela pour comprendre la transformation du AUM

 

 

Le son O comme dans rose, s’écrit  

Pour avoir le son Om il faut donc lui rajouter un m nasalisé  soit   ओ   + म्

Ce qui donne                                      ओम्

 

Mais il semblerait qu’au fil du temps le O de ce bija qui represente rien moins que la totalité de l’univers ait été déployé en diphtongue, c'est-à-dire un son « AO ». En français nous n’avons guère de diphtongue sauf dans le cas de maïs par exemple. Là, ça sonne comme le mot  Tao

 

En écriture devanâgari, on rajoute une petite barre en l’air sur le mot, qui ressemble à une sorte d’apostrophe pour obtenir cette diphtongue :   े  son simple devient     ै

 

Notre O  ओ  devient औ  A-O qu’en translittération on écrit AU

 

Notre OM devient donc AUM ; voici le processus d’écriture qui donne le fameux 

 

   Au     :      औ

+ M      :       म्

 

= AUM :   औम्

 

Le  म् est supprimé et remplacer par le point  ं  ( anusvara)  औं

 

On simplifie l’écriture   de la diphtongue + l’anusvara  en  ँ 

En ajoutant le deuxième petit trait du AO sur le côté

 

Ce qui donne    अँ  Il ne reste qu’une étape, la barre verticale s’incurve ; on obtient alors 

 

 

C'est-à-dire le son a-o-m qui est le déploiement du Om d’origine. Il semblerait que ce Om d’origine ait été allongé en diphtongue au fil du temps, au cours des récitations de ce mantra.

Ces mantras sont de l’énergie sonore pure qui agit directement sur les trois corps, puisque en eux sont contenus l’essence même de tout l’univers.

Dans un 4ème article, nous parlerons de la symbolique de chaque phonème A U M

art-et-yoga©2022

tous droits réservés

 

 

             

                                 Ganesha écrivant le Mahabharata sous la dictée du sage Vyasa - photo du film de P Brook

Cet article est le 3ème d'une série d'articles consacrés aux correspondances entre phonème, bija, et univers.

  • Voici le premier : yoga, son, vibration, cosmos et divin
  • Et le deuxième : bijas en mantras : l'alphabet sanskrit à la lumière de la philosophie tantrique : Ham-Sa et Aham
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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 11:46

 

 

Aujourd’hui, quelques mots sur Rudra, un dieu très ancien qu’on utilise beaucoup en yoga thérapeutique, soit pour conserver la santé, soit pour la restaurer si une maladie survient. On comprendra mieux à la lecture de cet article pourquoi,  dans la tradition tantrique, ce dieu est dévolu à la santé. Bien sûr, on ne «  croit » pas aux dieux, dans ces pratiques de yoga, mais c’est ici toute la symbolique qui est utilisée, car les trois «  koshas » en yoga sont parcourus par des courants d’énergie qu’on peut harmoniser.

 

Il semblerait que Rudra  soit une forme très ancienne de Shiva qui au fil du temps va complètement le «  digérer » au point de le faire disparaître. Pourtant, c’est bien lui qui opère dans les protocoles de yoga thérapeutique. Cela se passe sur un plan symbolique dans lequel l’imagination a une très grande place.

 

L’étymologie du nom est compliquée car la racine sanskrite est très incertaine qui va de « rud » à «  raud » en passant par «  rukh », signifiant tour à tour pleurer, hurler, ou rouge, brillant. Ce dieu est fréquemment mentionné dans le rig veda, l’un des quatre grands vedas, texte «  fondateur » révélé par la Sruti, c'est-à-dire par l’audition, environ 1500 ans avant notre ère. Ainsi, Rudra signifierait le «  hurlant », le «  terrifiant », le «  rugissant » ce qui s’explique aisément car ce dieu est craint des rishis (sages) eux-mêmes.

Mais il y a une foule d’autres explications étymologiques ; je ne vous ai donné que les plus courantes, c’est dire que Rudra ne se laisse pas si facilement définir !

 

 

Comme pour les épithètes homériques qui accompagnent les dieux grecs tels que  « Athéna aux yeux de chouette » ou «  l’aurore aux doigts de rose », Rudra en possède lui aussi de très nombreux ; en voici quelques uns commentés :

  • « l’archet aux mille yeux » Archet, (sarva). Pourquoi l’archet ? Les sanskritistes expliquent que «  sarva », la flèche, peut être prise sur le sens symbolique car elle apporte la mort au «  pashu » au bétail, c'est-à-dire aux humains.
  • On le désigne aussi comme «  celui aux cheveux emmêlés », c'est-à-dire qui garde une nature indomptable, sauvage.
  • Il est aussi le gardien du troupeau, pashupati,  le pashu (bétail)  étant le pauvre mortel pris dans la ronde sans fin des incarnations ; Rudra en est le «  pati », le gardien.

 

Quant à  ses mille yeux, ceux-ci sont terrifiants car ils peuvent foudroyer sur place quiconque le défie. On retrouvera cette particularité plus tard dans le 3ème œil de Shiva qui peut même anéantir l’univers.

Rudra est associé au feu et il semblerait qu’il ait fini par éclipser Agni lui-même, l’ancien dieu du feu,  ce qui va avec l'étymologie qui signifierait rouge ou brillant.

 

Comme ce dieu est terrifiant, qui apporte la maladie mais aussi la guérison, et que de plus, il est un dieu indomptable, très vite on a tenté de l’adoucir en le désignant parfois comme « Shiva » qui signifie de bonne augure. C'est pourquoi dans le Rig Veda, on trouve Shiva pour désigner Rudra lui-même.  On dit de Rudra qu’il a le pouvoir d’apporter la maladie mais aussi de guérir. En lui sont donc la maladie et son remède.

 

 

Rudra associé au mot œil  aksha donne  Rudraksha, c'est-à-dire : œil de rudra. Ce terme désigne une graine de pin de l’Himalaya, dont on fait les rosaires.  Utilisés seuls, ces rudraksha ont la réputation d’être bénéfiques et on les utilise beaucoup en yoga thérapeutique.

 

Rudra joue d’ailleurs un rôle essentiel en yoga thérapeutique ; c’est l’homme-médecin qui réside dans Manipura, le cakra du feu, centre qui permet de conserver santé et vitalité en diffusant une énergie purifée à la structure énergétique. Si la maladie survient, on va activer ses propres processus de guérison via Rudra qu’on représente ni vieux-ni jeune, couvert de cendre, avec trois yeux rouges, comme des braises, car celui-ci donne  la force de se guérir soi-même. C’est la toute la symbolique de yoga thérapeutique qui explique qu’on porte en soi ses propres remèdes. Bien sûr, les protocoles thérapeutiques ne se font pas d’un coup de baguette magique… et bien sûr, tout ceci est à comprendre sur le plan « énergétique », «  symbolique ».

 

Au fur et à mesure que Rudra a décliné dans le panthéon indien, Shiva a intégré la plupart  des pouvoirs de Rudra,  comme son 3ème œil qui peut embraser sur place qui le défie dont je parlais plus haut. Etant donné que l'adjectif Shiva veut dire " de bonne augure", on comprend mieux pourquoi ce dieu a deux visages, l'un particulièrement terrifiant et destructeur.

 

 Malgré tout, en yoga thérapeutique, on conserve bien la distinction entre  Rudra et Shiva, et c’est à travers l'énergie guérisseuse et très puissante de Rudra qu'on opère la guérison, même si Rudra au fond, est l’une des énergies de Shiva.

 

 

 

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 10:27

 

 

Qui est Mahakala ?

 

Mahākāla est un ce qu’on appelle en sanskrit un bahuvrihi qui est analysé de plusieurs façons différentes ; voici la première proposition

1) Il serait composé de mahā "grand " et kāla "fragment de temps ", dont le nom signifierait littéralement «  grand temps » avec l’idée que ce temps est si «  vaste » qu’il est infini et le dépasse ou bien se trouve comme en dehors de lui.

Kāla काल, en sanskrit est un espace de temps, une fragmentation de temps et aussi une unité de temps qui corresponde à 144 secondes. 

2) La deuxième proposition est que son nom serait composé de Mahâ dont le sens ne change pas, mais cette fois-ci kâla  signifie « noir ».  Il devient en quelque sorte un proche parent de Kali la parèdre de Shiva, dite déesse noire (le I est féminin et le A est masculin) qui porte une couronne de crânes.

Dans cette optique, Mahâkalâ devient également un parent proche du dieu de la mort indien Yama.

Malgré les nuances qui changent au gré des  traductions, il y a dans de nombreux textes l’idée forte, puissante, de grande rupture, de fragmentation, de mort. On dit aussi que Mahâkalâ est au final l’une des représentations de Shiva, de la grande conscience, et du Pralaya qui apporte la dissolution de tout ce qui a été construit.  Au moment de la mort, Shiva vient prendre la vie de l’individu, mais c’est aussi le passeur. Il existe comme vide absolu d’où sa parenté avec Talucakra, ce cakra qui se trouve sous l’occiput et qui absorbe et dissout dans certaines techniques des vieux schémas, de vieilles énergies dans le vide.

Il a donc un double aspect, puisqu’il peut tout en prenant la vie, délivrer le mantra du passage.

Dans toutes les traditions, il y a des gardiens du seuil, du passage, et les connaître permet de pouvoir négocier avec yeux. Chez les Grecs, par exemple,  Charron est aussi un passeur même si son rôle est différent et Cerbère est un gardien du seuil. La mort est également abondamment représentée. Au Moyen-âge, pendant  la grande Peste, on la représentait avec une faux.

En yoga comme en yoga Nidra, ce qui est intéressant, c’est d’avoir soi-même sa propre représentation de la mort sans qu’elle soit absolument  un  homme ou une femme. Il est bon aussi pour travailler en yoga sur la mort,  de  permettre à cette représentation d’englober le pire comme le plus suave.  Le but est de pouvoir s’habituer à l’idée de la mort et de pouvoir surmonter la peur qu’elle génère afin d' être plus serein le jour où elle viendra nous chercher.

On dit que Mahâkalâ est attiré de deux façons : soit par les êtres ordinaires qui respirent, soit par ceux qui sont sans air. Dans ce cas, s’il se présente sur des rétentions à vide, il  n’y a pas obligation de nous emmener dans le monde des morts et on peut alors discuter avec lui. Il peut alors donner la connaissance de la vie dans la mort. C’est pour cela que dans certaines techniques de yoga ou yoga Nidra, on travaille des rétentions de souffle très puissantes à vide, afin de le voir apparaître, de surmonter sa peur, de s’habituer à lui et de pouvoir lui demander le mot de passe pour traverser une porte étroite. Ce peut être un moment douloureux de la vie, un deuil, une mue, puisque nos sociétés sont vides de toutes formes de rites aujourd’hui. Il permet alors de passer une porte étroite, gardée comme elles le sont toutes, par le gardien du seuil qu’il est lui-même.

Mais cela peut se faire aussi au moment de la mort, lors du râle de l’agonie, si l’on est prêt.

Nos sociétés sont dans une contradiction absolue en mettant la mort en scène à travers des reportages ou des films, et en même temps, vieillesses et morts sont occultées car nos sociétés sont  tournées  vers la quête de la jeunesse éternelle et de l’immortalité.

 Le yoga permet d’aborder cette peur fondamentale qu’est la peur de la mort, dont découlent toutes les autres peurs, à travers Mahakala. Cela demande bien sûr de la maturité et une foi  absolue en la vie et en soi-même, comme faisant partie d’un tout plus vaste.

Dans la série 13 de la formation de yoga nidra que je propose, de nombreuses techniques autour de mahakala et de la mort sont proposées. Cette série porte un nombre symbolique, celui de la transformation, et est proposée après la fin de la formation, car elle demande beaucoup de maturité pour faire face à la mort.

Dans son film le 7ème sceau, Ingmar Bergman met en scène  la Mort et le Chevalier qui jouent une partie d’échecs pour retarder précisément la mort du chevalier, car la Mort est venue la lui prendre et le Chevalier tente de négocier.

 

 

 

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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 08:10

 

Bibliographie

(Liste complétée au fur et à mesure de mes découvertes)

 

Quand on pratique le yoga, de façon intense et passionnée, on a ensuite vite le désir d'en savoir plus. Il y a aujourd'hui tant d'ouvrages qu'il est difficile de s'y retrouver d'autant plus que, suivant les écoles, tous n'ont pas tout à fait les mêmes façons d’appréhender le yoga, certains lui faisant même perdre son origine spirituelle.

Voici donc aujourd'hui quelques ouvrages que l’on peut relire plusieurs fois au cours d’une vie et qui  peuvent même l’accompagner. Je ne mets ici que les plus importants à mes yeux. Lilian Silburn reste ma référence absolue car tous ses textes sont imprégnés d’une connaissance et d'un mysticisme « en directe. » Certains ouvrages sont des textes traditionnels – comme les upanisad, le Vijnana Bhairava -   d’autres ne parlent que de yoga et de pratique, d’autres de sa philosophie, d’autres encore de vie mystique. Certains parlent de bhakti yoga, d’autre comme la bhagavad gita expose à travers un dialogue mythique entre Arjuna et Krishna ce qu’est le Jnana yoga. D’autres enfin sont des échanges (Maharshi), des biographies ou des récits de vie. (Lizelle Raymond). Tous, à mon humble avis, enrichissent la pratique personnelle et la vie, tout simplement.

 

Lillian Silburn : citons parmi mes préférés

  1. Traduction et commentaire du Vijnana Bhairava tantra
  2. La Bhatki
  3. Traduction et commentaire d’une partie de La lumière sur les tantras d’Abhinavagupta. Commencé par Lilian et terminé par André Padoux.
  4. La Kundalini

Sur la vie de Lilian, le très beau

  1. Lilian Silburn, une vie mystique

Christian Tikhomiroff

  1. Le banquet de Shiva, consacré à toutes les techniques de yoga selon l’école Natha.

Jean Papin

  1. La voie du yoga. Le yoga dont il est question ici n’est plus tantrique ; il appartient à la tradition de Patanjali.

Tara Mickael et Pierre Feuga

  1. Le yoga, dans la collection que sais-je pour faire le point et mieux comprendre toutes les formes de yoga.

Sri Anirvan

  1. Antara yoga

Martine Bultex

  1. 108 upanisad (traduit de l’anglais, ce qui est un peu embêtant car les mots sanskrits sont donc traduits à partir de l’anglais)

Jean Varenne

  1. Les upanisad du yoga ( mais Jean Varenne de fait pas de yoga, c’est un sanskritiste, donc parfois certains mots sont traduits suivant ce qu’il pense qu’ils veulent dire, comme âme par exemple.)

Ajit Mookerjee et Madhu Khanna

  1. La voie du tantra

Lizelle Reymond

  1. Pèlerinage vers la vie et la mort
  2. La vie dans la vie

La bhagavad gita

  1. The holly book of hindus : le livre est en anglais  pour avoir le texte original  en sanskrit
  2. La bhagavad-gita : collection classique poche,  en français, avec texte original mais translittéré ce qui en rend la lecture pas très facile.

Un livre sur les échanges de Maharshi

    17. L’enseignement de Ramana Maharshi

 

Arthur Avalon

  1. La puissance du serpent

André Padoux

  1. Comprendre le tantrisme

Jean Klein

    20. Qui-suis-je?

Personnellement, il n’y a aucun livre sur le yoga Nidra que je trouve intéressant ; j’ai moi-même commencé la rédaction d’un ouvrage sur le sujet qui va me prendre encore pas mal de temps, au moins deux années je pense.

 

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