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Bienvenue sur Ondes et vibrations,  Diplômée en yoga, yoga nidra, yoga thérapeutique, je suis des études de sanskrit. Je propose ici de partager mes connaissances du yoga à travers des articles ou des vidéos de pratique, postées sur ma chaîne youtube.

 

 

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11 février 2026 3 11 /02 /février /2026 11:45

 

Comme il est assez difficile de se retrouver dans le monde complexe philosophique indien, ce texte va en présenter succinctement les points de repère les plus importants afin que vous puissiez mieux situer le yoga que je transmets.

De quand date le yoga ?

Il semblerait, même si aucun texte ne l’atteste, que le yoga existait déjà avant l’arrivée des Aryens environ 1500 ans av. J.C. Influencé par une forme de shivaïsme, ou proto-shivaïsme,  philosophie née en Inde du Nord, proche de la nature, un peu comme le chamanisme qui va évoluer au fil des siècles, on ne sait pas grand-chose de ce yoga et les chercheurs ne sont pas tous d’accord entre eux.

 

 

 

Les Aryens et les textes fondateurs : Védas et yoga

À leur arrivée, 1500 av. J.C, les Aryens modèlent la société indienne sur leur vision du cosmos qui repose sur ṛta, l’ordre cosmique qu’il faut   maintenir via des rituels et des sacrifices qui, au début, sont parfois sanglants.

Quatre textes fondateurs d’une importance capitale pour cette société sont révélés en claire audience appelée Shruti : ce sont les Védas (Ṛg, Yajur, Sāma, Atharva) révélés  à des  sages appelés Rishis qui les  notent en écoutant la vibration continuelle du cosmos. À ces Védas s’ajouteront plus tard les brâhmanas et les upanisads qui attestent d’une pensée qui s’approfondit et devient spéculative. Les brahmanes, qui se trouvent au sommet des castes, détiennent ce savoir. Cette culture va évoluer au fil des siècles et va intégrer différents éléments issus d’autres courants de pensée, car, en Inde, rien n’est jamais cloisonné de façon définitive.

Les vedas attestent qu’il existe un yoga dès cette époque : le Rg veda parle d’ascètes chevelus qui vivent dans la forêt et s’astreignent au tapas : il s’agit de provoquer par l’effort extrême, par la frustration et parfois une forme de torture, une chaleur, un embrasement, une brûlure intérieure créatrice qu’on appelle tapas. Il appartient d’ailleurs à l’orthodoxie brahmanique car il fait partie avec le sacrifice et la contemplation de la triple discipline prescrite aux hommes qui ont décidé au troisième stade de leur vie de se retirer dans la forêt.

Le sacrifice, dans la pensée védique, peut tout, c’est l’arme absolue, c’est « le nombril du monde » selon le   Rg veda, IV.

Le Samkhya et le yoga de Patanjali

Au fil des siècles, la vision du cosmos évolue, tandis que la structure de la société reste relativement stable. Un dualisme se dessine alors, qui donnera naissance aux premières Upanishad (environ 800-600 ans Av. J.C.) puis au Samkhya, (environ 400 Av. J.C) système philosophique qui décrit de façon très précise comment l’univers se déploie et s’organise. Selon cette approche, Purusha pure conscience, immobile, reste le témoin impassible tandis que Prakriti, ignorante de Purusha et qui constitue la matière et l’énergie en mouvement, façonnent le monde visible et invisible. Les deux sont totalement indépendants l’un de l’autre.

Le Samkhya et sa vision du monde vont imprégner le yoga que Patanjali va codifier dans ses célèbres Sutra, aux alentours de 200 Av. J.C. Il conservera le tapas comme l’un des cinq niyamas (astreintes) qui constituent la deuxième étape du raja yoga : « par le tapas, produisant la destruction des impuretés, on obtient la perfection du corps et des facultés » (yoga sutra II, 43) Ce yoga ascétique, appelé raja yoga, s’adresse une fois de plus à des hommes qui vivent souvent en retrait du monde, parfois dans la forêt, font le vœu de chasteté, et s’adonnent à des pratiques de yoga extrêmes. Bouddha, qui a connu cette forme de yoga bien avant que Patanjali ne le mette en forme, a failli en mourir, dit la légende, jusqu’à ce qu’il entende un musicien qui disait « la corde trop tendue casse, la corde trop molle ne produit pas de son ».

Le Shivaïsme : quelques mots sur les sytèmes kula, spanda, trika.

 Au Ve siècle, se structure au sud de l’Inde un système philosophique appelé Kula qui repose sur l’union des contraires,

comme la souffrance et la jouissance, formes d’expression intense que prend l’énergie. Au 9e siècle, ce système s’épanouit au Cachemire dans les systèmes spanda (vibration) ou trika (triade). C’est aussi au cours de cette période qu’apparaissent aussi les notions de voies : de l’individu, de l’énergie ou de Shiva.

Le shivaïsme transcende les formes religieuses conventionnelles et considère que tous les êtres humains, quel que soit le sexe ou la couleur de peau, sont égaux. Longtemps souterrain, peut-être précisément lorsque les Aryens remodèlent la civilisation harappéenne établie le long du fleuve Indus (d’où le nom ensuite d’hindou), il devient au 9e siècle l’un des courants majeurs en Inde.

Il part du principe que l’univers, avant son déploiement, réside en l’union parfaite de la conscience et de son énergie endormie que personnifient Shiva et Shakti. Cette union se scinde en deux lorsqu’à chaque nouveau cycle, la conscience désire se connaître à travers son énergie créatrice qui fera apparaître ou re-apparaître l’univers et tous ses contenus. Dans ce cadre, le tantrisme réunit toutes les méthodes, y compris le yoga, pour permettre à l’énergie, Shakti, de s’unir à la conscience, Shiva. Dans quel but ? Pour permettre au pratiquant de se fondre au Tout. Même si l’union de la conscience et de son énergie n’est l’apanage que de quelques rares yogis qui trouvent l’éveil, le pratiquant modeste trouve dans ce yoga qui n’est pas réservé à des ascètes, une saveur profonde et vibrante. En effet, puisque macrocosme et microcosme sont en tout point semblables, et que l’être humain est un « petit cosmos », le yoga de ces écoles permet de réaliser un travail « d’alchimiste » fait sur sa structure énergétique. Celle-ci étant elle-même en contact avec le corps physique et le corps mental qui composent un individu, le pratiquant va éveiller bien des qualités en lui, et, au fil du temps, il modèlera un autre regard sur lui-même et le monde, sans avoir besoin de recours ni à l’ascèse, ni aux yamas et niyamas. Corps physique, énergétique et mental s’harmoniseront de concert.

 Les autres courants philosophiques et yogiques

D’autres écoles ou courants s’affirment entre le 11e et le 15e siècle : celui, dévotionnel appelé bhakti, au centre duquel se tient Krishna, qui donne naissance au bhakti yoga ; celui qui prône l’action désintéressée, appelé karma yoga, concept qu’on trouve déjà dans la bhagavad gita. Le jnana yoga, lui, privilégie la voie de la connaissance, le hatha-yoga tantrique et le Kundalini yoga cherchent à unir énergie et conscience. Cette dernière forme de yoga ne retient pas les yamas, niyamas et tapas, ainsi que préconisé par le yoga de Patanjali.

Le yoga des natha-yogins

On peut de ce fait noter que le yoga des natha-yogin issue du shivaïsme tantrique, rompt explicitement avec l’approche ascétique et dualiste de Patañjali pour centrer le yoga sur l’éveil de l’énergie Śakti et son union avec la conscience, Shiva.

C’est précisément cette forme de yoga que je transmets, qui estime que les plus belles qualités s’éveilleront d’elles-mêmes à travers la pratique sincère, régulière, spirituelle, dans un corps célébré comme un temple, afin d’éveiller l’énergie endormie pour l’unir à la conscience : c’est la mise en pratique d’une des triades Iccha, la volonté, qui chaque jour met le pratiquant sur son tapis, Jnana, la connaissance, naît  de la pratique et de la lecture des textes tantriques, et Kriya  complète cette triade. Dans ce contexte les trois voies prennent leur sens : celle de l’individu, car c’est de la volonté  que se met en place la pratique régulière, celle de l’énergie qui parfois, à l’instar du pratiquant prend le relai, celle de Shiva, qui parfois, même pour un pratiquant modeste, peut unir pendant quelques instants fugitifs, l’énergie à la conscience.

Malgré les apparences, et même si les visées diffèrent parfois les unes des autres, les échanges sont constants entre les différents courants philosophiques, et de nombreux textes sont rédigés jusqu’à la fin du 17e siècle. Parmi ceux-ci, on peut citer les upanisads tardives du yoga, d’influence tantrique, écrite entre 700 et 1300 ap. J.C.,  le vijnana bhairava tantra, écrit probablement entre le 8e et le 9e siècle, et la Shiva samhitâ, écrit probablement entre le 14è et le 15è siècle.

 

J'approfondirai tout cela dans d'autres articles.

 

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