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Art Et Yoga

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 12:22

Aujourd’hui, le mot méditation est très souvent employé dans divers contextes, qui n’ont plus grand-chose à voir avec celui de Lamartine, dont les Méditations poétiques datent de 1820. On parle de méditation de pleine conscience,  on explique qu’on peut méditer en cuisinant, ou en marchant… (Osho Rajneesh a d’ailleurs rédigé un livre consacré à une quarantaine de méditations «  qui libèrent du mental » selon lui! ). Bref, il semble y avoir un véritablement engouement pour la méditation. En y regardant de plus près, on se rend vite compte que derrière ce mot, chacun met un peu ce qu’il veut, et fait aussi sa propre cuisine.  Et au fond,  ce n’est ni grave, ni important : chaque chemin, mené avec conviction et enthousiaste, ne permet-il pas de faire un bout du voyage sur Terre en étant plus conscient,  ce qui n’est déjà pas si mal ?  

Les grandes raisons qui poussent les uns et les autres à se lancer dans la méditation sont bien souvent le stress ou la recherche du mieux-être, et pourquoi pas ? Mais d’autres y viennent «  poussés par quelque chose qui ne s’explique pas »

 

Si l’on devait tracer un bref historique, on commencerait par dire que le mot Méditation est expliqué dans notre vocabulaire  comme étant un acte qui permet de  réfléchir en silence à une question donnée et lui trouver le sens qui cerne le mieux la totalité des réponses qui se seront présentées. Les Méditations poétiques de Lamartine vont dans ce sens : chaque poème exprime une idée sur un thème.

Aujourd’hui, le mot est utilisé un peu à tout bout de champ et recouvre des réalités diverses et variées.

 

Dans notre société moderne, beaucoup s’enthousiasment de voir la méditation entrer en entreprise ; je dirai : « pourquoi pas ? si le but est véritablement humaniste et non mercantile, c'est-à-dire si c’est pour alléger une part de souffrance, et non pas pour rendre les employés plus dociles et productifs grâce à une technique de «  mieux-être ».

 

Mais qu’est-ce que méditer ? Comment médite-t-on ? Y a-t-il une technique ? Et dans l’enseignement de yoga que je transmets, qu’est-ce que la méditation ?

 

Je donnerai déjà la parole à Éric Romeluère, moine bouddhiste, qui, dans une longue

conférence, a abordé le sujet avec beaucoup de sincérité et d’humilité ; il a expliqué ce qu’était la méditation zen, puis a brossé un consciencieux historique de cette forme de méditation qui connaît un véritable engouement en Occident.  Et il dit ceci : «  Dans la méditation zen, on observe le rien ; on n’est pas le spectateur non impliqué qui observe ce qui défile sur l’écran mental, comme je l’ai lu moi-même récemment sur un site qui prétend enseigner la méditation zen,  mais on se met dans la posture où il n’y a rien à observer ». Et voilà, c’est dit : la césure est bien là. La méditation telle que proposée actuellement dans la plupart des centres de méditation, en entreprise ou ailleurs, permet aux personnes qui s’y adonnent de se mettre en état d’observateur par rapport à eux-mêmes, mais sans faire taire leur capharnaüm intérieur. Il s’agit donc simplement d’un état de «  recul » très loin du sens donné en zen ou en yoga.

Éric Romeluère explique aussi qu’entre le moment où la méditation est arrivée en Occident, vers 1960,  et aujourd’hui, il y a eu une profonde transformation de celle-ci – pour ne pas dire dégradation ou déviation -  pour l’adapter à l’Occident. Aujourd’hui, c’est cette nouvelle forme, qui n’a plus grand-chose à voir avec le Zen qui est enseignée. Et que, plus étrange, certains moines de tradition zen ou bouddhiste se mettent eux-mêmes à adopter cette nouvelle forme. Mais est-ce toujours de la méditation ?

 

Comment médite-t-on en yoga?

 

 

Le point de vue du yoga que j’enseigne répondrait « non », en expliquant simplement que tant que le processus discursif du langage, tant que des images apparaissent ou disparaissent, tant que le souffle physiologique continue d’aller et venir, le pratiquant ne « médite » pas.

En yoga, trois étapes sont distinguées :

  1. D’abord on se concentre  sur une chose (dharana) un son, un souffle, une image : ce sera  une première étape, préalablement préparée par des mudras et du pranayama qui apportera
  2. le retrait des sens (Pratyahara). C'est l'étape 2 dans laquelle le monde extérieur n'est plus DU TOUT perçu par les sens. Tout se tourne vers l'intérieur. Ensuite, de dharana le pratiquant entrera dans un état méditatif où tout va se ralentir, souffle, pensée, et fusionner.
  3. Puis il y aura   « une bascule » dans le vide,  où souffles, pensées vont se suspendre, ouvrant dans le même temps un espace extra-ordinaire. Ce sera Dhyana, la " méditation" à proprement parler. Mot sanskrit  intraduisible d'où toutes les confusions  d'aujourd'hui, puisqu'on a repris pour le traduire un mot déjà utilisé par les philosophes, et qui n'a RIEN à voir avec le processus spirituel.

Lorsque je décris ceci, beaucoup me disent «  impossible, on ne peut pas s’arrêter de penser et de respirer ».  Je réponds alors simplement : « pratiquez, mettez vous sur votre tapis, faites et refaites, et vous connaîtrez cet état, accessible à tous sitôt que, comme pour le piano ou la danse, vous pratiquez régulièrement, patiemment! »

 

 

La méditation, dans un chemin spirituel, cherche au-delà du bien-être qui en découle naturellement, à dépasser et transcender un état ordinaire pour rejoindre le vide.

Voilà, dans les traditions spirituelles, ce qu’est la méditation.

 

Alors, doit-on s’attrister de la « déviation » du sens du mot méditation aujourd’hui ? Doit-on se lamenter de la récupération via un phénomène de mode, de cette pratique transformée, comme le dit Éric Romeluère, en outil du capitalisme marchand ? Doit-on s'insurger contre toutes ces techniques de bien-être qui monnaient des stages de " pleine conscience" à prix d'or avec des centaines de participants?

Non, surtout pas,  car on ne sait jamais où un chemin peut conduire. Certains «  méditeront » toute leur vie pour aller bien, et pourquoi pas, si cela leur fait du bien. Il serait vain ou prétentieux de condamner cette recherche. Et mon optimisme naturel me laisse même penser que, parmi ceux-là,  certains, poussés par  quelque chose qu’ils ne sauront pas nommer, s’engageront dans une voie ou une autre – le zen, le yoga, le bouddhisme ou tout autre chose encore – et continueront leur voyage autrement. Le phénomène de mode leur aura simplement donné la première impulsion. De toutes façons, " tout ceci passera un jour, " même cet univers tel qu'il est aujourd'hui... alors!...

 

Dans un prochain article, je reviendrai sur la «  pleine conscience ».

 

A lire aussi sur ce blog  :  concentration ou méditation?

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 12:55
Gunas et Vayus  -

 

Le corps subtil – le corps énergétique

Les gunas et les vayus

 

 

 

Faire du yoga implique un minimum de connaissance du macrocosme et microcosme car tout ce qui est dans l’un est dans l’autre. Postures, souffles, concentration ne trouvent leur raison d’être que si on sait pourquoi on les fait.

Nous présentons donc succinctement aujourd’hui une petite étude sur les gunas et la vayus qui opèrent dans la structure énergétique.

 

Pour la philosophie Hindoue, l’être humain appartient à l’univers ainsi que tout ce qui y existe et est régi par les mêmes lois. Cette philosophie conçoit une texture vibratoire originelle appelée Brahman, l’être, l’Absolu. C’est son «  reflet » qui est présent en chaque être vivant, comme un soleil qui se refléterait dans des milliards de seaux d’eau. On l’appelle l’Atman, l’âme. Mais nous en reparlerons plus tard. A un moment donné, la texture vibratoire va vibrer si puissamment qu’un grand souffle va émerger et déployer l’univers : c’est le Big Bang, décrit avec d’autres noms par la philosophie hindoue

Cette texture vibratoire a deux aspects :

- Prakriti  qu’on traduit souvent par «  Nature » - mot qui prête cependant à confusion; on devrait plutôt traduire par texture vibratoire allant de la plus subtile à la plus grossière

- Purusha, l’Esprit, premier reflet de l’Absolu dans sa manifestation. Il est éternellement libre, inactif, Un.

 Prakriti qui développe, déploie et actualise tout ce qu'il y a dans Purusha possède trois qualités fondamentales en équilibre  est donc à l’origine du déploiement de l’univers et du  jeu de la création comme si des bois de frictions avaient chauffé.  Les trois qualités de Prakriti sont appelées Gunas.

 

 

LES GUNAS

 

  1. Tamas – c’est une énergie descendante, d’inertie, d’obscurité, d’immobilité; elle est surtout présente dans les deux centres du bas. Elle préside aussi au sommeil profond, vide de rêve, à la nuit. On lui associe la couleur noire. Elle est plus influente sur le corps physique. C’est d’elle que naît l’élément Terre.

 

  1. Rajas – le  feu ; c’est une énergie horizontale, de mouvement : il est activité, désir, passion ; il crée les attachements. Il régit l’ego. Il est plutôt dans les centres du  ventre  et du  pubis et on peut le trouver dans le cœur où il ne devrait en principe pas se trouver-  Il préside à la digestion  physique et psychique. On lui associe la couleur rouge.

 

  1. Sattva –  c’est une énergie ascendante,  de légèreté, de finesse, de lumière, d’équilibre,  de clarté – on la trouve dans le centre d’énergie du cœur et de la gorge. Elle présente des affinités avec le mental. Sa couleur est le blanc.

 

Ces gunas  font en permanence le jeu de la création et plus leurs vibrations sont lentes, plus la matière créée l’est aussi, donc nous dirons plus «  grossière », plus  "matérielle » plus  « lourde » mais sans aucun jugement de valeur. Ce sont elles qui colorent en permanence les réactions mentales et font passer de l'apathie à l'excitation, de la torpeur à l'enthousiasme, de la somnolence à la calme contemplation, et ainsi de suite. Jamais de repos véritable, jamais d'équilibre véritable.

On trouve toujours les trois en absolument tout mais avec des proportions variées ; dans le monde minéral, tamas dominera, mais n’empêchera pas la présence d’un peu de rajas et de sattva, même chose pour tout ce qui existe y compris l’être humain chez qui rajas pousse à s’agiter, à faire, à être en mouvement, tandis que le monde est Dieux serait plutôt de nature sattvique.

 

Pour que l’être humain soit harmonieux, il faut que les trois gunas soient en équilibre en lui. A défaut d'obtenir une juste proportion au tiers,  le yoga permet déjà de bien remettre les gunas à leur place... en tous cas, de limiter leur débordement, et de réguler leur action.

Un disfonctionnement de tamas va entraîner une grande force d’inertie, un besoin de dormir beaucoup, un rythme lent, un esprit lent. Trop de rajas,  à l’opposé créera trop d’activité, voir un " sur-régime" jusqu’à ce que le feu ait tant brûlé que rajas se transformera en tamas. Du coup, après l’hyperactivité, c’est l’apathie totale.  Peut – être avez-vous déjà observé chez vous ou chez les autres de grandes périodes d’activité faisant tout à coup place à une lassitude, une fatigue totales. Voilà, c’est le jeu des Gunas.

Trop de rajas rend l’être très actif, énergique, entreprenant mais aussi hargneux, égotique. D'où l'intérêt de l'équilibrage.

 

Il est aussi par exemple  très important de les régler pour le sommeil :

- trop de tamas implique des heures et des heures de sommeil non réparateur; on sort juste du sommeil abruti, plongé dans la torpeur sans pouvoir s'en dégager.

- trop de rajas, une impossibilité à avoir des nuits paisibles, avec l’impression au réveil de n’avoir pas dormi.

- les nuits sattviques sont les plus douces car arriver à amener sattva au cœur du sommeil rend celui-ci léger, et plus clair, presque conscient.

 

  • C’est le pranayama qui aide à l’équilibre dans le corps énergétique ; comme celui ci est contact permanent avec le corps physique grâce aux adharas et aux cakras et au corps mental, l'équilibre gagne les deux autres corps aussi.

 

Exemple : dans le  centre du cœur doit se trouver sattva, la légèreté, la lumière. S’il y a trop de rajas : l’individu sera hargneux, et égotique et incapable de compassion.

Grâce à certaines techniques de  souffles, il est possible d’aspirer le rajas du cœur pour le remettre dans le ventre.

 

LES VAYUS

 

Prakriti n’est pas composée que des 3 énergies citées, elle possède aussi des vayus  - qu’on traduit par vent - qui assurent le bon  fonctionnement et les échanges  entre les différents corps. Sans eux, rien ne fonctionnerait. Les vayus, éléments mouvants, actifs, sont au nombre de cinq. Ils régissent chacun quelque chose de différent dans le corps.

Jean Varenne dit qu’on peut traduire Vayus par «  génie » comme si ceux-ci opéraient directement dans le corps énergétique. Il dit aussi que mourir se dit en sanskrit «  rendre au cinq ». Nous en reparlerons plus.

 

  • Prana : c’est l’énergie nourricière, la force vitale, l’énergie cosmique qui se trouve dans tout le cosmos et dans l’être humain. Quand elle disparaît, le corps devient une coque vide, on la trouve dans l’eau, l’air, les aliments. 

Les yogis veillent toujours à la qualité pranique de leur nourriture.

On dit même que lorsque les yogis sont devenus complètement sattviques, ils aspirent directement le prana des aliments dont ils ont besoin pour se nourrir, sans avoir besoin de manger l’aliment lui-même. D’où les grands mystères pour la science de ces êtres qui restent des mois sans manger en Inde ou ailleurs…

 

  • Apana : en bas, dans muladhara, gudhadhara

Sa fonction est principalement de permettre l’élimination, et de faire descendre les énergies ; Le mot signifie «  ce qui tire vers le bas »

Il est  relation avec la terre

 

  • Samana : assure la digestion physiologique, énergétique et mentale ; Samana  est dans le ventre. Ainsi, quand il fonctionne bien, tout est bien digéré même intellectuellement, même émotionnellement.

 

  • Udana : dans la gorge ; il joue un rôle de montée de l’énergie ; il est en affinité avec Kundalini ; et en rapport avec le souffle, car Udana subtilise le souffle. Grâce à lui, on passe d’un souffle grossier à un souffle énergétique pur.

 

 

  • Vyana : partout dans le corps ; c’est lui qui distribue tout, et fait tout circuler  comme un chef d’orchestre (physiologique et énergétique)  il a son siège dans le pubis

 

Donc c’est important de rééquilibrer les trois éléments et les cinq qualités de l’énergie et c’est l’un des grands objectifs du yoga avec toutes ses techniques.

 

Ce qui vient vraiment permettre de régler ces vayus est tout le travail sur les grands mudras, tenus longtemps et avec cette conscience claire du travail en train de se faire.  Voilà où viennent véritablement agir les mudras; mais nous en reparlerons.

 

Nous aurons l'occasion de reparler de tout cela dans d'autres articles, car en fonction des écoles, les explications peuvent légèrement différer.

Ce qui est sûr, c'est que la compréhension réelle de tout ceci ne commence vraiment que lorsque l'on pratique; et plus on pratique, plus on comprend, et ainsi de suite.

Ce qui prouve encore une fois que le yoga est le praxis d'une métaphysique qui englobe le Tout.

C’est tout l’étonnement du yoga, qui repose sur la pratique et la compréhension de celle-ci. Théorie, philosophie et pratique s’éclairent l’un l’autre en permanence,  et plus on avance, plus les découvertes sont sublimes !

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 10:43
Yoga, Karma et psychologie

Est commencée aujourd'hui une série d'article autour du yoga et de la psychologie, de l'astrologie, de la science du rêve, de  toutes ces sciences parallèles dont s'est doté l'Occident, pour tenter de comprendre un peu quels liens le Yoga entretient avec elles, et en quoi celles-ci ont été influencées par lui.

On sait bien que toutes les théories de Jung fortement impressionné par la figure d'Ardhanarishvara - animus, anima, ombre, Soi, etc - sont des compréhensions incomplètes du yoga. Lui même à la fin de sa vie, avouait à mi-mot son impression d'échec. Il avait fait un magnifique tour du mental et des ses labyrinthiques constructions mais n'avait pas été plus loin... 

 

Yoga, karma et psychologie

 

Réfléxions : purifier avant d’aller vers la lumière

 

 

Pour guérir la souffrance,  la psychologie s’en réfère à la psyché, c'est-à-dire à la    « personnalité » du sujet qui englobe son inconscient. La thérapie a pour but entre autre d’obliger l’inconscient a faire remonter comme des bulles à la surface de l’eau, les contenus qui entravent l’être humain et l’empêchent de se réaliser dans sa totalité. Au cours de la thérapie,  le sujet   démêle l’écheveau entremêlé de sa propre psyché, entrepend parfois  un processus de reconstruction de celle-ci après l’avoir souvent entièrement ou partiellement déconstruite suivant que l’éducation reçue ou la vie traversée l’a éloignée de sa nature profonde, lui causant souffrance et blessure.

Les thérapies ne promettent jamais le bonheur, mais expliquent qu’en comprenant mieux les choses, la maîtrise sur elles est plus grande, l’acceptation aussi, la vie devient plus " compréhensible".  Les souvenirs qui remontent à la surface sont sensés se vider de leur contenu traumatique.  

La psychologie/psychanalyse ne prétend donc pas guérir  - Jung a été très clair là-dessus  - mais apporter un meilleur état d’être ; pour se faire, c’est surtout le mental qui est sollicité avec  « des mots pour dire les maux ».

La thérapie permet souvent de prendre conscience d’une pièce obscure dont on ignorait jusqu'alors tout, de l’éclairer par le travail d’analyse, et de constater que cette pièce est  pleine de poussière et de tout un fatras : il sera possible au cours du travail d'analyse de se débarasser des plus encombrants, dans le meilleur des cas, mais d’autres resteront là à vie.  Tout se fait à partir de constructions mentales souvent très fines  qui malheureusement ne permettent pas d’éradiquer pas la souffrance mais sont sensées apprendre à l’accepter.  

 

En yoga,  une telle préoccupation n’est bien sûr pas au cœur de la pratique. Pourtant, les yogis dans leur quête de l’absolu, vont se livrer à un travail de nettoyage, de purification, mais, si on compare ce travail à celui du psychologue ou du psychanalyse, les yogis ne s’attachent pas à leur histoire personnelle, pas plus qu’ils ne s’intéressent à leur personnage.

Les yogis vont donc rencontrer leurs énergies furieuses, leurs ombres, leurs doubles sombres  et par un long travail d’asanas et de pranayamas, purifier tous les contenus qui pour eux ne sont pas seulement localisés dans l’inconscient, mais dans toute la structure énergétique  de l’individu, ainsi que dans son mental et son corps physique.

Les yogis savent aussi qu’en travaillant sur la structure énergétique, ils travaillent en parallèle sur les autres corps.

Les outils qu’utilisent le yoga sont donc avant tout le pranayama, le souffle, dont l’action purificatrice par sa maîtrise, très longue et difficile à obtenir, permet de dénouer les nœuds inextricables que  l’être humain s’est tricotés dans cette vie et dans les autres.

Au lieu de ne travailler que sur le mental, les yogis travaillent donc sur toute la mémoire des différents corps physique, énergétique et mental.

 

Sont donc concernés en premier, deux nadis qui influencent toute notre dualité – Ida et Pingala -  et trois cakras qui contiennent ce que l’on appelle les Grantis  : le cakra de la base, en relation avec notre animalité. Celle-ci doit être non pas éradiquée, mais apprivoisée et maîtrisée ; le cakra du cœur, où loge Ahamkaram, qui nous donne l’illusion d’être un individu séparé de tout le reste. Dans le cakra du cœur, siège donc  l’égo, qui n’est qu’un outil mis à la disposition de l’âme. Celui-ci ne doit pas être combattu, comme le prétendent certaines écoles spirituelles, ni éradiquer, mais tout simplement purifié, pour qu’il puisse jouer son rôle sans qu’un méli-mélo d’émotions, de réactivités, d’agitations  interfèrent avec le mental et rendent ensuite la vie si compliquée. Il n’est donc qu’un outil, qu’un intermédiaire.  Par le travail de yoga et de concentration puis de méditation, peu à peu, l’ego prend la seule place qu’il doit occuper : celui d’un ministre zélé. Il cesse donc de se prendre pour le sujet dans sa totalité. Si cela n'interesse pas non plus les yogis plus que cela - ce travail n'est qu'un petite étape sur leur route - pour la plupart des gens, cette acquisition, cette compréhension change en profondeur le regard que l'on porte sur soi et le monde et apporte une véritable et première " libération", comme un acteur qui sait très bien quand le rideau tombe qu'il n'est pas Hamlet ou Othello, même si pendant tout le spectacle, il a incarné avec tout son être ce personnage.

 

Le troisième cakra est Ajna : c’est  le chef d’orchestre  qui dirige, contrôle tous les autres cakras. Il est évident que le chef d’orchestre sera lui-même agité, non stable, sautant d’une idée à l’autre, d’un bonheur à l’autre, d’un désir à l’autre, «  tel un singe sautant de branches en branches »  quand la structure  énergétique est  emplie de  nœuds et de blocages  souvent accumulés de longue date.   

Voilà donc dans un premier temps le travail du yoga : apporter de la stabilité mentale, émotionnelle, apprivoiser notre animalité, pacifier le cœur, tout cela grâce aux asanas et au travail du pranayama puis apprendre à se dissocier de l’ego qui croit être le chariot, les chevaux, les rênes et le cocher quand il n’est que le cocher… mais comme ni les chevaux

 

S’ouvre ensuite un autre travail à partir de la concentration et de la méditation pour accéder à « l’âme ».

Mais l’âme n’est rien ni personne : elle la source de tout, elle est unité, au-delà de la dualité que nous incarnons sur terre.

Cette étape ultime amène l’éveil dans quelques cas rarissimes.

Pour la plupart des autres personnes qui pratiquent le yoga tout en vivant dans le monde, le  yoga apporte dans la vie au quotidien une stabilité mentale, émotionnelle de grande valeur, ainsi que la plupart du temps une bonne énergie et une bonne santé. Cela se constate en général au bout de trois ou quatre années de pratique régulière, parfois plus tôt...

 

 

Ne pas brûler les étapes

 

Parfois, dans un travail spirituel, l’étudiant veut brûler les étapes, et pense qu’il est plus facile d’aller vers le haut, que de descendre dans ses profondeurs ; or, si le yoga ne préconise pas d’aller farfouiller dans ses caves et ses souterrains pleins d’affreux souvenirs de cette vie ou des autres  en utilisant le seul mental, il encourage, comme nous le disions, à les nettoyer avant d’y amener la lumière.  Des techniques sont prévues pour cela,  comme, pour n’en citer qu’une le Lion furieux qui permet de rencontrer et de purifier le énergies furieuses que tout être humain héberge en lui même, parfois sans le savoir. C'est la fameuse " ombre" dont parlait Jung.   Mais il   existe des centaines de techniques, chacune avec une visée particulière.

Car il est vain de vouloir gravir une échelle qui ne reposerait pas solidement, fermement sur le sol.

 

Les Pères de l’église le savaient déjà qui disaient cette phrase sublime :     "connais toi toi-même et oublie toi »

On trouve la même injonction au temple de Delphes : «  connais toi toi-même et du connaîtras le monde et les dieux »

 

Sur un plan mythologique, on peut rapprocher ce travail de purification des douze travaux d’Hercule associés chacun à un signe du zodiaque. Il serait amusant d’imaginer quelle technique de yoga pourrait correspondre au travail de nettoyage des écuries d’Augias, ou du Lac de Stymphale.

 

Au fond, quelque soit la culture, le message est toujours le même : d’abord purifier ce qui doit l'être, donc être amené à connaître la totalité de son être, y compris ce qu'on ne désire pas savoir ou affronter, avant de vouloir se transcender. Sinon, il y a fort à parier qu'on reste dans l'illusion d'avoir réussi quelque chose qui n'est pas encore né et qu'on prétend ensuite apporter cela aux autres.

 

Outre que  le yoga donne des outils concrets pour faire ce travail de nettoyage, de purification, il apprend aussi  à devenir son propre spectateur. Car une autre réalité sous tend toute existence terrestre… l’illusion nous fait croire que nous sommes un individu qui agit, pense librement quand il n’en est rien.

 

C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie de cet article.

 

Articles à venir : Karma et guérison ? à quoi peut servir l'astrologie? âme universelle et âme individuelle

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 09:20

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D’où ça vient ?  

 

Ce yoga  appartient à la voie du yoga tantrique. Des allusions sont clairement faites à ce type de yoga dans des traités anciens, comme le Vijnana bhairava tantra. Satyananda Saraswati, auteur d’un livre intéressant à lire, n’est donc pas à proprement parler le créateur de cette méthode très ancienne.  Il l’a fait découvrir  en Occident, mais ces techniques de sommeil conscient sont millénaires, tout comme le yoga tantrique qui plonge ses racines  7 ou 8000 ans dans le passé. Quand on lit son ouvrage, on voit qu’il a «  redécouvert » cette technique, mais il n’en est pas le créateur.

 

Il ne faut pas  confondre  le yoga nidra avec la relaxation. En Occident, une fois encore, les cours ont souvent transformé le yoga nidra en séance de relaxation finale. Etre complètement détendu est la condition sine qua non pour faire du  yoga Nidra, mais pas le but final.

Traduire  Yoga Nidra  donnerait : yoga du sommeil, et plus particulièrement de l’espace qui  contient les rêves.  

Le yoga Nidra apprend   dans un premier temps à s’endormir consciemment sur demande. Puis on peut commencer à explorer le sommeil et le rêve  qui devient   méthode de connaissance.

 

Comment c’est fait ?  

 

Pour  pratiquer et s’entraîner au yoga nidra,  on dispose de multiples petites techniques très simples à faire le jour ou la nuit lorsque l’on se réveille et des séances plus longues qui permettent de voyager « en spectateur » dans le monde de l’entre deux et ses méandres.

Mais on reste le spectateur à chaque instant.

 

Pour faire ces voyages dans l'entre deux, on utilise des symboles qui permettent la mise en relation de deux niveaux de l’univers qui en principe ne communiquent pas.

Les cakras, par exemple, où sont tous les contenus, mettent en contact avec  la structure énergétique. En outre, ces voyages lèvent de nombreux tabous sur les grands thèmes qui hantent l’être humain au cours de sa vie et amène une plus grande connaissance de soi/Soi.

 

Pour le yoga Nidra une « bonne nuit » est une nuit où on se réveille de très nombreuses fois. Pourquoi ? Parce que les réveils nocturnes permettent d’observer le chaos du mental quand on est dans cet entre deux si particulier : l’ordre du mental, si rangé à l’état de veille, s’effondre dès qu’on s’endort. Avec les techniques de yoga Nidra, on a accès à cet espace qu’on peut explorer.  D’où  l’intérêt des réveils fréquents – une dizaine de fois au cours de la nuit - qui sont autant de chance de faire cette exploration, d’observer le chaos, la désorganisation du mental.   Ce travail sur le sommeil   amene  non seulement à se réveiller souvent  mais aussi à moins dormir.

 

 

A quoi ça sert ?

 

VishnuDreamingPour les Yogin, il y a trois états pour tout le monde + un quatrième pour les sages

 

Jagrat est l’état de veille, commun à tous

Sapna : c’est le sommeil avec rêve 

Suchupti : c’est le sommeil profond sans conscience

Turya : c’est l’état de sagesse pour les Yogin : ils gardent la conscience quoiqu’ils fassent, la conscience du soi.

 

Le yoga Nidra apprend à vivre le deuxième état avec conscience, et peut même, pratiqué assidûment, amener  dans les deux autres états. Il est une forme de méditation allongée. Il y a des états qui sont très communs avec la méditation. Comme il faut être très détendu pour faire du yoga Nidra, celui-ci apprend à repérer et défaire les tensions du corps, du mental, du souffle.

 

 

Ce qu’on pense être la conscience  en général n’a rien à voir avec  les  réelles prises de conscience qui existent et s’affinent lors de tout travail spirituel.  On pense être conscient et pourtant à aucun moment, on est réellement  l’observateur   « indifférent » de sa propre vie. Le Yoga Nidra apprendre à  devenir le spectateur. Il peut aussi  entraîner dans la découverte du Soi, tout comme le yoga. C’est un autre chemin pour parvenir au même but. La finalité reste bien la même, mais pas d'autres voies d'accès.

 

 

Les  trois petites questions sont un petit hommage à ma chère professeur de philosophie de terminale, d'il y a 35 ans, madame Le Moal!

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 07:45

Il peut paraître incongru de pratiquer seul le yoga, sans professeur à ses côtés... comment être corrigé, suivi, guidé? Cela paraît une hérésie à tous ceux qui aiment l'enseignement transmis directement par un professeur.

Et pourtant, il est tout à fait possible d'apprendre et de travailler le yoga seul chez soi si l'on est bien guidé.  Si l'enseignement que l'on reçoit est de qualité.

Le yoga des écoles du nord-est de l'Inde n'est pas une  "gymnastique" grâce à  laquelle le corps va acquérir  souplesse et un alignement parfait, mais une méthode pour " alchimiser" ses propres énergies grâce au corps. Ce qui change absolument : le corps n'est pas le point d'arrivée mais de départ; il est le creuset dans lequel tout le travail physique - muscles, souplesse, force, endurance - mais aussi de souffle, de concentration, d'énergie  va se faire. On est donc bien loin d'une vision occidentale d'un corps point de départ et d'arrivée!

  Ce qui compte réellement dans une enseignement par correspondance,  c'est  la qualité de la transmission,  le sens donné aux techniques faites, les explications précises,  la connaissance profonde et réelle de chaque technique, les guidances pour composer sa séance et le "pourquoi" et ainsi,  donner une véritable la direction vers laquelle se diriger : tout ce travail  est personnel ET solitaire.    

Les choses ne peuvent s'ancrer et germer, telle la graine dans le noir et les profondeurs, que dans la solitude et le silence. Et pour cela il faut du temps, de la pratique, et une réelle écoute de soi même.

Ce que chaque pratiquant  découvre à travers ces écoles de yoga est  personnel. Car les choses ne se mettent pas en place de la même façon d'une personne à une autre. On ne peut donc pas comparer.

Si l'on souhaite juste se faire " du bien" - on passera au fond toujours à côté du yoga, de sa portée, de sa valeur, de ce qu'il a à délivrer en profondeur. On reste alors à la superficie des choses, dans l'apparence, dans l'image, comme le montrent si bien les beaux magazines de yoga ou les belles videos qui s'arrêtent au corps physique.

Dans les écoles de yoga dites " natha" ou " tantrique" qui utilisent le " hatha yoga" comme outils pour leur praxis,  la question physiologique n'est pas au cœur de la pratique; il ne s'agit pas d'acquérir un alignement parfait, de faire les postures comme dans les magazines ou les vidéos pour développer une souplesse stupéfiante ; mais une fois encore de descendre dans ses profondeurs pour y faire un travail complet, notamment grâce au prana-yama ( le souffle) au mudra ( façon de travailler directement sur l'énergie) aux mantras ( syllabes sonores) visualisation ( façon de précise de diriger et d'immobiliser le regard) etc, etc...

Comme les  cours sont progressifs, et que des adaptations sont possibles, suivant l'âge ou la condition physique,  chacun " découvre" plutôt qu' "avance"  à son rythme.

Ainsi, les cours peuvent vraiment être suivis par tout le monde

 

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 07:39

Vous avez peut être remarqué que dans les cours, apparaît de temps à autre le mot « natha » ; c’est tout simplement parce que le Hatha yoga est l’outil qu’utilisent les Natha yogins pour trouver la libération. Notre école de yoga se rattache à cette tradition des Natha yogin qui ont laissé des textes sur le yoga comme la hatha yoga pradipika, la Gheranda samhîta, la Siva samhitâ,  le Goraksha sataka. Ils sont influencés par la philosophie tantrique. Ces écoles se situent dans le Nord Est de l’Inde, non loin de la ville de Bénarès.

Vous allez d’ailleurs faire connaissance à travers la posture de Goraksha de ce maître  légendaire.

Communément, on appelle maîtres – Natha pour les hommes ou Nathni pour une femme – tous ceux qui se rattachent à cette lignée. Certains Natha sont devenus mythiques. C’est le cas D’Adinat, de Matsyendrasa, de Goraksha…  Ces Nathas ne sont pas comme on se représente communément les yogis, des renonçants, des ascètes vivant d’aumônes, jeûnant, se soumettant à une vie d’ermite errant ;  certains vivent dans le monde, ont une femme, ou un mari, un emploi. Ils reçoivent l’enseignement de leur maître dans un endroit de prédilection, temple, maison, forêt…. Puis s’en retournent pratiquer chez eux  jusqu’à la prochaine rencontre avec le maître. Ils ne vivent ni en ashram, ni en ermite au fond d’une grotte. Et la plupart du temps gardent complètement secrète leur pratique et le nom du maître qui les enseigne. Le yoga de ces écoles est destiné à tout le monde, sans distinction de caste, de sexe, de position sociale, et ce, depuis toujours, ce qui est à noter car complètement étranger à la conception de la société indienne régit par des castes et n’accordant pas la même place aux femmes dans la société.

 

 

La philosophie des Natha yogins : quelques points de repère

 

Les Natha yogins ignorent complètement les  yamas ou les niyamas qui sont les deux premiers membres (ou chapitre si vous voulez)  du yoga de Pentajali qui donne une liste de choses interdites ou obligatoires avec une conception du bien et du mal très forte. 

Les Nathas ne considèrent pas du tout les choses sous cet angle. Pour eux, dans une démarche spirituelle, c’est sa propre éthique qui est mise en place, et il n’y a pas besoin de garde fou ; avec un travail sincère, régulier, constant, ardent, les plus belles qualité s’éveilleront d’elles mêmes : amour, compassion, honnêteté, toutes ses qualités ne doivent pas être recherchées pour les mérites qu’elles sont supposées donner, mais parce que par la pratique du yoga, la purification du corps, des énergies, du mental, l’être est débarrassé de ce qui est sombre, pesant, et s’allège vers la lumière, le divin grâce à son corps physique.

 Pour eux, le corps est non pas un obstacle à la libération qu’il faut dominer à coup d’ascèses, de lavement, de purification, de mortification, et d’actions pour s’attirer des mérites,  mais un temple dans lequel l’expérience de l’illumination peut être vécue «  en direct » loin des constructions intellectuelles. Des techniques précises et nombreuses leur permettent de vivre dans leur propre corps cette quête et sa réalisation. En voici une liste non exhaustive :   

  • Les asanas purifient le corps grâce au souffle, dompté comme un tigre

  • Les Mudras font monter l’énergie, c’est le passage au feu

  • Pratyahara permet le retrait à l’intérieur de soi même, le monde extérieur se résorbe à l’intérieur de soi.

  • Les Nyasas sont des massages énergétiques qui guérissent et qui peuvent guérir les autres

  • La méditation permet de faire l’expérience directe de l’illumination.

     

     Il n’est pas nécessaire ensuite pour eux de valider quoique ce soit. Leur expérience personnelle est suffisante.

     

    Ce qui différencie encore ces écoles de yoga des autres est qu’elle repose sur le principe de  l’union de la Conscience et de l’Energie dans l’homme (Siva/Shakti). Toutes les techniques qui en découlent sont là pour découvrir cette union au cœur de soi même. Les Nathas pensent que ce qui est dans le macrocosme l’est forcément aussi dans le microcosme, autrement dit l’être humain est un univers en miniature.

    Pour eux, à l’origine, conscience et énergie était en union parfaite. Dans la philosophie tantrique, Shiva représente cette conscience et Shakti son énergie.  Rien ne se passait, ni le temps, ni l’espace n’existait. Et puis, à un moment l’énergie se mit à vibrer.  Elle se mit à déployer et à créer tout ce que contenait la conscience  et à actualiser cette conscience. Non seulement le temps et l’espace furent créés mais tout l’univers, tout ce qu’il contient.

    Ainsi, tout est déjà créé, on ne fait que «  redécouvrir » Rien n’est inventé, rien n’est trouvé, tout est simplement redécouvert. De la même façon,  il n’est pas possible de penser quelque chose qui n’existe pas.

     

     

    Shakti – l’Energie- est dans chaque être humain, sous la forme d’un serpent endormi à la base de la colonne vertébrale, dans les profondeurs du Muladhara cakra. On l’appelle Kundalini. Toutes les techniques visent à l’éveiller. Elle n’attend que d’être éveillée pour se redresser  et rejoindre la Conscience à laquelle elle s’unira comme à l’origine des temps. Cette finalité s’appelle Samadhi.

    Elle est aussi accessible dans chacun des cakra  et dans tous les mantras. Il y a plusieurs degrés de réalisation de ce Samadhi suivant le cakra atteint par Kundalini.

    Il est évident que la pratique de yoga que vous offrent ces cours ne réveillera pas Kundalini, car ce n’est pas son objectif,  mais il est fort possible que les pratiques éveillent en vous plus d’énergies ; il est certain que les cours vont éveiller vos plus belles qualités et vous verrez alors votre vie se transformer sans changer. C’est juste…. Magique !!!

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 08:16

Karma : l'embarras et pas le choix!

 

La  notion de Karma est propre à toute l’Asie ; on la trouve par exemple dans  l’Hindouisme, dans le bouddhisme,  et l’on peut même dire, d’une certaine manière, qu’on retrouve cette notion dans beaucoup d’autres traditions.  Le mécanisme du karma  est simple : telle cause crée tel effet. On parle de «  loi », qui fonctionne de façon implacable.

 

 

Le Pranayama, une clé pour la liberté

 


Mais pour les tantriques, cette notion de loi est un peu différente, et cela grâce au souffle. Pour eux,  il est possible de ne pas subir son karma, mais de le choisir. Ou, en tous cas, dans un premier temps de pratique, de le modifier. Cette idée leur est propre et ouvre la porte de la liberté.

 

 Dans les écoles tantriques, de nombreuses techniques permettent de purifier, voir de déprogrammer quelque chose qui s’est mis en place «  antérieurement ».  Les Tantriques pensent que la loi de cause à effet, si elle est réelle pour l’espèce, laisse plus d’amplitude pour l’individu. Elle n’a plus ce côté implacable, inévitable. Il y a donc une part de possible qui se glisse là. Et c’est là une immense différence d’avec d’autres traditions qui disent que tel acte, telle pensée, tel choix créera automatiquement tel résultat. Ainsi, pour eux, une même cause peut produire plusieurs effets et donc il y a une part de choix. Ce système de pensée paraît même révolutionnaire si on le compare à d’autres systèmes. Ils  pensent également que tant que l’on n’est pas conscient, c’est le hasard qui gère ; dans le cas contraire, il y a «  un choix possible » même s’il est restreint ; souffle et conscience permettent cela. L’énergie ne viendra pas d’une façon brute, d’une façon frontale, mais avec un peu plus de subtilité.

Ce possible, grâce au souffle et à la conscience,  c’est la liberté de l’individu et c’est un immense cadeau que permet le pranayama.  Et c’est une lueur d’espoir autant que de liberté que de pouvoir agir sur un destin implacable, parce que la conscience est là et que le souffle permet ces choix.

D’une certaine manière, l’espèce n’a pas de choix, mais l’individu a ce luxe d’avoir un peu de  liberté s’il en prend conscience et si un travail est fait par le souffle.

Ce n’est plus le mental qui décide, qui ré-agit.

 

Comment ça fonctionne?

 

 

Concrètement, bien sûr, ce n’est pas « automatique » : ces souffles sont à faire et à refaire sur des mois, des années, et sur des temps souvent très longs – au moins 30 minutes plusieurs fois par jours -  avec des cadres précis de visualisations, de mantra, de trajet, etc…  

 

 

Voilà donc l’une des grandes clés du pranayama : transformer, purifier et permettre en toute conscience de choisir son destin et de ne plus le subir en aveugle.

 

 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 16:36

Voici deux shémas pour un peu mieux comprendre notre structure énergétique - notre second corps

Il faut se le représenter extrêmement beau, brillant, lumineux, parcouru par des millieurs de canaux scintillants, avec des joyaux qui étincellent : ce sont les adharas et les cakras

 

J'ai commencé à parler des trois nadis principaux qui servent de support à tout le travail fait dans les postures grâce au souffle dans ces nadis.

 

La deuxième image montre quelques uns de  nos 360 000  nadis qui tissent une toile lumineuse tout autour du corps physique qu'elle traverse.

 

Ainsi, un deuxième corps traverse le premier - le corps physique - et s'étend bien au delà autour de lui, jusqu'à 1,80 mètre environ

 

Dans les prochains articles, les cakras  et les postures pour purifier ces centres seront présentés

 

Voici donc les trois nadis principaux et leur croisement dans les cakras - qui n'ont pas du tout la couleur de l'arc en ciel comme présentés si souvent!

 

structure énergétique - shéma 1

 

 

Et voici une représentation shématique de quelques uns des 360 000 nadis : ceux ci permettent un échange constant entre le corps physique, et le corps énergétique. C'est grâce à eux que le travail du souffle, en purifiant cette structure a un impact profond sur le corps physique.   

 

structure-energetique.JPG

 

 

A noter que les adharas sont des cakras secondaires, on les trouve aux pliures ( coudes, poignets etc) dans les gros orteils, les pouces, etc. Le plus facile à sentir est surya adharas, qui se trouve dans la région du plexus solaire. Débloquer le souffle dans cet adhara amène un formidable apaisement et un bienfait profond au corps et au mental.

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 10:54

La structure énergétique

N°1

Les différents corps

 

 

 

 Cette conception est commune à beaucoup de voies comme le zen,  le bouddhisme, etc. qui partent du principe qu’il n’y a pas que le seul corps physique. Selon les enseignements, l’individu est doté de trois, cinq ou sept corps. Cinq est le nombre de corps le plus répandu, toute philosophie ou voie confondues.

Nous allons les décrire succintement :

 

 

  1. Corps physique : corps grossier anamaya kosha : c’est le corps de nourriture, le plus accessible.
  2. Corps énergétique : Prana maya kosha. C’est la structure qui sous tend et qui contient tous les contenus de l’individu. Ce corps comporte les  nadi, cakras, adharas, vayus, gunas. Il est à la fois dans le coprs physique et s’étend au-delà de celui-ci à environ 1,80 mètres.
  3. Corps mental : mana maya kosha :  il contient tous les contenus mentaux. Il n’est pas localisé à un endroit précis, et il serait à la fois naïf et vain de le rechercher dans le cerveau.
  4. Corps de connaissance : vijnana maya kosha ; le corps «  d’intuition » en quelques sortes. Avec ce corps, on quitte la représentation d’un individu unique. Imaginez la mer, infinie et des sceaux d’enfant dans la mer contenant en partie celle-ci : chaque sceau contiendra un peu de cette mer, mais jamais la mer en totalité et celle-ci malgré tout reste individise.
  5. Corps de félicité : Ananda maya kosha.  Corps que seuls les éveillés, les Buddhis, rencontrent.

 

 

Pour le yoga, les trois premiers sont facilement accessibles, et tout le travail consiste précisément à purifier les énergies du corps énergétique et à unifier le corps énergétique et mental.  Pour mener ce travail à bien, il faut connaître un peu cette structure énergétique. Nous allons la  découvrir ensemble sans trop entrer pour l’instant dans les détails. Nous y reviendrons plus tard.

 

 

 

Le corps subtil – le corps énergétique

 

 

 Il est composé de beaucoup de choses ; aujourd’hui nous parlerons simplement de trois Nadis principaux.

 

Les Nadis : en sanskrit veut dire : ruisseaux, rivières, canaux

 

Ces Nadis sont comme des «  fils » invisibles pour le commun des mortels qui créent une structure de lumière dans et  autour du corps physique car ils vont bien au-delà de lui. Ils sont des milliers. Les textes parlent de 72000 à 350000 Nadis… c’est au fond de peu d’importance. On comprend juste qu’il y a en a une infinité qui tissent comme un réseau de fils de lumières.

Ils sont tous reliés d’une manière ou d’une autre à l’axe central, la Sushumna qui est le centre du corps énergétique.

C’est à leur croisement les plus importants que l’on trouve les cakras et les adharas.

 C’est à travers eux et les cakras que les yogis purifient les énergies en utilisant le souffle, le pranayama. D’où l’importance d’apprendre à le maîtriser, ce qui peut prendre des années…

Comme on ne peut pas faire le travail sur les milliers de Nadis, le yoga en a retenu une dizaine dont trois principaux. Les voici ici présentés

 

- La Sushumna : c’est l’axe central qui va de l’anus jusqu’à la fontanelle qu’elle dépasse de dix centimètres. Les mesures sont juste des repères bien sûr  car on n’est  plus dans une autre perception physique.

L’axe est à la base inerte, endormi et vide. Cet axe se juxtapose à la colonne vertébrale. Le    yoga essaie de magnétiser cette Sushumna car en elle se trouve un des éléments : le feu. Agni.

Dans les écoles natha, ce feu a une importance capitale. C’est lui qui vient, avec le souffle, purifier entièrement le corps et ce «  passage » au feu du corps est à l’opposé d’un yoga pépère de confort, d’où tout effort ou contrainte est banni.

   

Deux autres canaux en serpentin existent près de cette Sushumna.  Ils sont en serpentin chez tout le monde sauf chez les êtres éveillés où ils sont droits de part et d’autre de Sushumna.  

A gauche, on trouve  Ida : le canal lunaire, qui représente les qualités féminines, mentales, l’intériorité, l’intimité, la réflexion, la nuit, l’intuition, le sommeil, la mort…. Ne dit on pas passer l’arme à gauche ? Dans nos expressions populaires se cachent une vérité oubliée.

A droite il y a Pingala : le canal solaire : qui représente le masculin, tout ce qui est actif, agité, chaud, tourné vers l’extérieur

 

Les souffles : l’énergie tourne dans ces trois canaux ; le souffle qui circule à gauche pendant une à deux heures puis au centre, quelques dizaines de seconde, puis à droite.

Bien évidemment ce n’est pas le souffle physiologique, mais l’énergie qui guide ce souffle mais si vous observez vos narines vous verrez qu’il y a une quantité d’air plus importante qui passe dans l’une que dans l’autre et que cela change au cours de la journée.

 

Si le souffle tourne trop longtemps à gauche, cela indique un mauvais fonctionnement de l’énergie donc une maladie qui se prépare. Cela révèle un déséquilibre au niveau de la structure énergétique.

Donc les pratiques en yoga ont une incidence directe sur ces nadis ; comme nadishodhana, ou les pratiques latéralisées, pour qu’il y ait une incidence sur la structure énergétique. D’où le premier bénéficiaire qui est le corps maintenu ainsi dans une santé presque idéale.

 

Les Nadis mettent en relation toute la structure énergétique avec le corps physique au moyen des cakras et des Adharas, sortent de cakras secondaires. Les deux sont formés lorsque les Nadis se croisent. Il y en a donc beaucoup mais les plus importants se trouvent le long de la colonne au croisement des deux nadis Ida et Pingala.   

 

 

J’aime beaucoup faire un parallèle avec le réseau routier, et les échangeurs d’autoroute. Quand le trafic est fluide, tout circule, chaque route est reliée à une autre et permet la circulation  d’un bout à l’autre du pays  qui serait les corps physiques et énergétiques. Mais dès que le trafic est perturbé, bouchons, ralentissements, pollution, tout se forme… les routes ne remplissent plus leur fonction… et tout se dérègle…

 

 structure-energetique---shema-1.JPG

 

Les cakras seront bientôt présentés. Ils ne sont pas sept comme on le raconte souvent mais bien plus. Ils n’ont pas les couleurs de l’arc en ciel, comme on le trouve si souvent sur le net !... ni les rôles auxquels on les confine la plupart du temps dans des articles de vulgarisation…

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 14:46

Posture et corps physique

 

Dans les écoles de yoga, la question du corps physique n’est pas la plus importante. C’est en Occident, avec l’arrivée du yoga dans les années 1960, que le corps physique est mis au cœur de la pratique. C’est la raison pour laquelle toute une littérature sur le yoga et la souplesse, le yoga et le bien-être a fleuri et continue d’alimenter beaucoup de cours aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Mais les yogis avaient bien d’autres visées en pratiquant les postures.

L’Occident a retenu ce qui est visible voir spectaculaire, alors qu’en réalité le vrai travail est intérieur et parfaitement invisible.

 

Un corps en bonne santé ?

Pour les yogis,  maintenir  le corps en bonne santé  est une question pratique : un corps en bonne santé est gage de longévité ; il y a donc une chance de trouver l’éveil au cours de son existence.   

Même si plus modestement, nous ne visons pas «  l’éveil » lorsque nous faisons du yoga, il faut garder à l’esprit que le corps  est le point de départ d’un véritable travail sur nos propres énergies, physiques et mentales avec la possibilité grâce au souffle, de les transformer. Au cours de la pratique, le  travail  se fait sur trois points essentiels : 

La sensation (liée aux différents corps)

Le souffle qui doit se subtiliser jusqu’à s’unir à

La pensée qu’on fixe sur un point

 

Energie et connaissance de soi.

Les énergies sont purifiées, la qualité de l’énergie est transformée, et l’être humain trouve l’unité. On ne prend donc pas une posture pour s’y sentir bien et s’y détendre, mais pour unifier souffle et mental.

Ces écoles de yoga permettent donc un travail profond sur sa propre structure énergétique et mentale, et permettent d’avoir une grande connaissance de soi, même si, une fois encore, le but de ces techniques n’est pas celui décrit précédement.

 

A partir de là, pas besoin de posture puis de contre-posture !

 La progression  se fait en fonction de la structure énergétique  et de la mise en vibration de celle-ci à travers les cakras. D’où le nom parfois donné de yoga de «  l’énergie »

Vous ne trouverez pas non plus de technique préparatoire, ni de technique d’assouplissement.

Si le mental et le souffle sont unifiés, le travail se fait naturellement et progressivement.

 

Posture et symbolique :

Par ailleurs, chaque posture a sa propre symbolique et son propre champ d’action. A chaque fois, à travers la posture, le souffle et la concentration mentale associée, une certaine qualité d’énergie est travaillée et purifiée.

Beaucoup  de postures  qui ont des noms d’animaux, nous rappellent qu’à ses origines, le yoga a été fortement influencé par le shivaïsme et une forme de chamanisme. En prenant la posture du lion, de la tortue, de l’arbre, de l’aigle,  on se relie aux qualités spécifiques de ces animaux et végétaux : à leur force, à leur intériorité, leur intuition, leur connaissance.

 

 

Combien de postures ?

 

On dit qu’il y a  un nombre infini de posture que seul Shiva connaît,  qu’il y a  84000 postures essentielles  et que parmi celles-ci, 8400 sont importantes…   le yoga en a retenu environ   84…

 

Ce sont ces 84 postures que peu à peu vous allez découvrir au fil des séries.

 

Le premier bénéficiaire du travail sur la posture  est bien sûr dans un premier temps le corps physique. Mais on réalise très vite que  l’incidence sur le mental est réel et on voit celui-ci se transformer au fil du temps.

 

On découvre alors que le yoga est une école de patience,  de connaissance de soi, et plus merveilleux, d’unité.

 

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