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Art Et Yoga

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Bienvenue sur Art et yoga! Vous trouverez dans ces pages de quoi organiser vos séances, découvrir des techniques de yoga, trouver des renseignements sur nos cours par correspondance, et de nombreux autres articles qui seront repertoriés au fur et à mesure suivant leur catégorie. Alors bonne visite, et n'hésitez pas à nous contacter! Ce site est en complément de www.art-et-yoga.fr!

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 12:22

Aujourd’hui, le mot méditation est très souvent employé dans divers contextes, qui n’ont plus grand-chose à voir avec celui de Lamartine, dont les Méditations poétiques datent de 1820. On parle de méditation de pleine conscience,  on explique qu’on peut méditer en cuisinant, ou en marchant… (Osho Rajneesh a d’ailleurs rédigé un livre consacré à une quarantaine de méditations «  qui libèrent du mental » selon lui! ). Bref, il semble y avoir un véritablement engouement pour la méditation. En y regardant de plus près, on se rend vite compte que derrière ce mot, chacun met un peu ce qu’il veut, et fait aussi sa propre cuisine.  Et au fond,  ce n’est ni grave, ni important : chaque chemin, mené avec conviction et enthousiaste, ne permet-il pas de faire un bout du voyage sur Terre en étant plus conscient,  ce qui n’est déjà pas si mal ?  

Les grandes raisons qui poussent les uns et les autres à se lancer dans la méditation sont bien souvent le stress ou la recherche du mieux-être, et pourquoi pas ? Mais d’autres y viennent «  poussés par quelque chose qui ne s’explique pas »

 

Si l’on devait tracer un bref historique, on commencerait par dire que le mot Méditation est expliqué dans notre vocabulaire  comme étant un acte qui permet de  réfléchir en silence à une question donnée et lui trouver le sens qui cerne le mieux la totalité des réponses qui se seront présentées. Les Méditations poétiques de Lamartine vont dans ce sens : chaque poème exprime une idée sur un thème.

Aujourd’hui, le mot est utilisé un peu à tout bout de champ et recouvre des réalités diverses et variées.

 

Dans notre société moderne, beaucoup s’enthousiasment de voir la méditation entrer en entreprise ; je dirai : « pourquoi pas ? si le but est véritablement humaniste et non mercantile, c'est-à-dire si c’est pour alléger une part de souffrance, et non pas pour rendre les employés plus dociles et productifs grâce à une technique de «  mieux-être ».

 

Mais qu’est-ce que méditer ? Comment médite-t-on ? Y a-t-il une technique ? Et dans l’enseignement de yoga que je transmets, qu’est-ce que la méditation ?

 

Je donnerai déjà la parole à Éric Romeluère, moine bouddhiste, qui, dans une longue

conférence, a abordé le sujet avec beaucoup de sincérité et d’humilité ; il a expliqué ce qu’était la méditation zen, puis a brossé un consciencieux historique de cette forme de méditation qui connaît un véritable engouement en Occident.  Et il dit ceci : «  Dans la méditation zen, on observe le rien ; on n’est pas le spectateur non impliqué qui observe ce qui défile sur l’écran mental, comme je l’ai lu moi-même récemment sur un site qui prétend enseigner la méditation zen,  mais on se met dans la posture où il n’y a rien à observer ». Et voilà, c’est dit : la césure est bien là. La méditation telle que proposée actuellement dans la plupart des centres de méditation, en entreprise ou ailleurs, permet aux personnes qui s’y adonnent de se mettre en état d’observateur par rapport à eux-mêmes, mais sans faire taire leur capharnaüm intérieur. Il s’agit donc simplement d’un état de «  recul » très loin du sens donné en zen ou en yoga.

Éric Romeluère explique aussi qu’entre le moment où la méditation est arrivée en Occident, vers 1960,  et aujourd’hui, il y a eu une profonde transformation de celle-ci – pour ne pas dire dégradation ou déviation -  pour l’adapter à l’Occident. Aujourd’hui, c’est cette nouvelle forme, qui n’a plus grand-chose à voir avec le Zen qui est enseignée. Et que, plus étrange, certains moines de tradition zen ou bouddhiste se mettent eux-mêmes à adopter cette nouvelle forme. Mais est-ce toujours de la méditation ?

 

Comment médite-t-on en yoga?

 

 

Le point de vue du yoga que j’enseigne répondrait « non », en expliquant simplement que tant que le processus discursif du langage, tant que des images apparaissent ou disparaissent, tant que le souffle physiologique continue d’aller et venir, le pratiquant ne « médite » pas.

En yoga, trois étapes sont distinguées :

  1. D’abord on se concentre  sur une chose (dharana) un son, un souffle, une image : ce sera  une première étape, préalablement préparée par des mudras et du pranayama qui apportera
  2. le retrait des sens (Pratyahara). C'est l'étape 2 dans laquelle le monde extérieur n'est plus DU TOUT perçu par les sens. Tout se tourne vers l'intérieur. Ensuite, de dharana le pratiquant entrera dans un état méditatif où tout va se ralentir, souffle, pensée, et fusionner.
  3. Puis il y aura   « une bascule » dans le vide,  où souffles, pensées vont se suspendre, ouvrant dans le même temps un espace extra-ordinaire. Ce sera Dhyana, la " méditation" à proprement parler. Mot sanskrit  intraduisible d'où toutes les confusions  d'aujourd'hui, puisqu'on a repris pour le traduire un mot déjà utilisé par les philosophes, et qui n'a RIEN à voir avec le processus spirituel.

Lorsque je décris ceci, beaucoup me disent «  impossible, on ne peut pas s’arrêter de penser et de respirer ».  Je réponds alors simplement : « pratiquez, mettez vous sur votre tapis, faites et refaites, et vous connaîtrez cet état, accessible à tous sitôt que, comme pour le piano ou la danse, vous pratiquez régulièrement, patiemment! »

 

 

La méditation, dans un chemin spirituel, cherche au-delà du bien-être qui en découle naturellement, à dépasser et transcender un état ordinaire pour rejoindre le vide.

Voilà, dans les traditions spirituelles, ce qu’est la méditation.

 

Alors, doit-on s’attrister de la « déviation » du sens du mot méditation aujourd’hui ? Doit-on se lamenter de la récupération via un phénomène de mode, de cette pratique transformée, comme le dit Éric Romeluère, en outil du capitalisme marchand ? Doit-on s'insurger contre toutes ces techniques de bien-être qui monnaient des stages de " pleine conscience" à prix d'or avec des centaines de participants?

Non, surtout pas,  car on ne sait jamais où un chemin peut conduire. Certains «  méditeront » toute leur vie pour aller bien, et pourquoi pas, si cela leur fait du bien. Il serait vain ou prétentieux de condamner cette recherche. Et mon optimisme naturel me laisse même penser que, parmi ceux-là,  certains, poussés par  quelque chose qu’ils ne sauront pas nommer, s’engageront dans une voie ou une autre – le zen, le yoga, le bouddhisme ou tout autre chose encore – et continueront leur voyage autrement. Le phénomène de mode leur aura simplement donné la première impulsion. De toutes façons, " tout ceci passera un jour, " même cet univers tel qu'il est aujourd'hui... alors!...

 

Dans un prochain article, je reviendrai sur la «  pleine conscience ».

 

A lire aussi sur ce blog  :  concentration ou méditation?

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 18:55

 

Le programme détaillé de la formation de professeur de yoga par correspondance disponible ici.

 

N'hésitez pas à parcourir le site art et yoga que je remets régulièrement à jour!

Bonne visite et n'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions!

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 08:10
La quête de Perceval

La quête de Perceval

Autrefois, il y a déjà plus d’une trentaine d’années,  j’ai eu pour ami un pasteur swedenborgien, Claude Brûley, très versé dans les textes ésotériques et l’anthroposophie, même s’il s’en était détourné ensuite. Il aimait aussi beaucoup le Graal, la légende d’Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde, ainsi que les symboles de ce cycle arthurien dans lequel beaucoup de valeureux chevaliers échouent dans leur quête, parce qu’au fond, ils ne savent pas vraiment ce qu’ils cherchent, se laissent souvent distraire en chemin et parfois même, trouvent la mort. Il me disait toujours que la quête du Graal, au delà du mythe de cette coupe qui aurait recueilli le sang du du Christ,  comprenait trois degrés, et que cette quête, toujours d’actualité pour l’homme moderne, était menée  suivant la conception de la vie et de l’univers de chacun. Selon lui, réaliser le troisième degré conduisait à l’absolu mais cela ne concernait qu’un tout petit nombre d’individus. « Tant que nous avons des joie de vivre, la roue continue » disait-il.

Pour lui, le premier degré était le but de celui qui cherche simplement à mener une vie aussi heureuse que possible. Mais le simplement était tout relatif, car finalement, rien n’est plus difficile car l’homme se laisse piéger volontairement ou non, dans toutes sortes d’épreuves desquelles il sort parfois très affaibli et d’autres si douloureuses qu’il se trouve plus ou moins dégoûté par lui-même ou la vie. Le second degré se définissait plus difficilement. La seule vie heureuse ne représentait pas une quête suffisante en soi si elle ne s’accompagnait pas d’une véritable recherche de connaissance de soi-même ; ce second degré pouvait tout à fait prendre une vie entière. Enfin, le troisième degré n’apportait d’après lui la satisfaction à l’homme que si celui-ci trouvait quelque chose de plus grand que lui. Peut-être ne parviendrait-il pas à la hauteur de ses aspirations, mais l’homme sortait alors du cercle de la Table Ronde pour réaliser, non plus le principe d’individuation du second degré, mais la fusion d’avec le soi. Car ce troisième degré, « spirituel » au sens large du terme, se trouvait alors au cœur de l’existence de l’homme, qui, ayant déjà exploré son propre soi se sent insatisfait par lui-même et le monde extérieur, mais veut aller plus loin encore en cherchant à se fondre à l’absolu. Claude mettait souvent en parallèle le saumon qui veut retourner à sa source, celle-ci représentant pour lui les origines même de l’univers où tout «  avant le commencement » ne faisait qu’un. Car, comme le dit Hubert Reeves, nous sommes tous poussières d’étoile et venons du même lieu originel,  même si nous l’ignorons, ce qui au fond n’a aucune importance car nos cellules, elles, s’en souviennent qui ont traversé 15 milliards d’années. Voilà pourquoi les récits expliquent que le Graal donne l'immortalité.

Après avoir exposé ces trois degrés du Graal, Claude nous encourageait à savoir quelle quête nous voulions mener, et comment nous voulions nous y prendre. Etions-nous mus par le simple désir d’être heureux, ou bien par le désir de réaliser ce qui est inscrit au fronton du temple de Delphes, « connais toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux », ou bien encore portés par quelque chose de plus vaste que nous qui nous poussaient vers une forme d’absolu ?   

Perceval et le dragon

Perceval et le dragon

On peut dire qu’avec le yoga, les trois degrés dont me parlait Claude sont bien présents en Occident. Chacun trace son chemin, peut suivre l’un ou l’autre voie, et parfois même découvrir que les trois sont imbriquées l’une dans l’autre. Chacun tente de faire du mieux qu’il peut dans sa propre existence, et espère, lorsqu’il pratique le yoga, que celui-ci l’y aidera.

Dans ce cadre, le premier degré du yoga s’adresse au corps physique, qui comporte aussi l’esprit, les deux disparaissant à la mort. La pratique se tourne vers le bien-être ; on cherche  à garder un corps souple et vigoureux, si possible en bonne santé et apaiser le mental agité qui ne cesse «  de sauter de branche en branche tel un singe facétieux ». C’est le  yoga du premier degré, qu’on pratique dans l’espoir de trouver la confiance, la paix, le bonheur, en plus d’un corps souple et tonique, en bonne santé.

Le second degré commence lorsque l’individu veut comprendre qui il est, lorsqu’il se tourne vers son intériorité, et cherche à savoir quelle place il occupe dans l’univers. Le premier degré reste la base sur laquelle ce travail se fait. La pratique se fait alors moins «  physiquement » parlant, les postures, les souffles, les mudras, tout se tourne vers l’intérieur.  Parfois, certains pratiquants commencent à sentir qu’il y a autre chose, sans trop savoir quoi ; ils sont intrigués, parce qu’ils ne définissent pas vraiment ce qu’est «  cette autre chose » et que, cartésiens, ils n’ont pas forcément envie de mystique, de philosophie indienne ou de spiritualité. Alors, ils se questionnent. Pour certains,  une porte s’ouvrira au fil du temps qui changera en profondeur leur vision d’eux-mêmes et du monde.

Peut-être alors rejoindront-ils le dernier groupe, celui du troisième degré, qui vient au yoga pour donner une praxis à son mysticisme déjà bien présent; ceux là sont en quête de quelque chose de plus vaste qu’eux  qu’ils ne sont nullement sûrs de trouver un jour mais ils mènent cette quête jusqu’à leur dernier souffle. Ils ne renient bien sûr pas les bienfaits du premier degré, ni du second, ils l’intègrent à leur pratique, mais leur regard veut aller plus loin. C’est dans ce groupe que  les obstacles sont plus nombreux que pour le premier ou le deuxième groupe, car pratiquant beaucoup, connaissant beaucoup de choses, consacrant une grande part de leur énergie et de leur temps au yoga, ils pensent précisément savoir mieux que les autres, jusqu’à se sentir parfois au dessus d’eux en quelque sorte, ce qui provoque parfois leur chute, malgré eux. Car  certains deviennent intolérants aux pratiquants du premier et second groupe, «  le bien être, la connaissance de soi, le yoga n’est pas là pour ça » affirment-ils, et peu à peu, ils deviennent sectaires, imposent leur vision du monde, érigent leur pratique en vérité absolu et finissent de la sorte par passer à côté d’eux-mêmes et du Soi, malgré leur volonté première à rejoindre l’absolu. Voilà comment une aspiration sincère peut dériver en fiasco total…

 

Excalibur, de John Boorman

Excalibur, de John Boorman

Cette triade - les triades sont chères aux écoles nathas - est reprise d’une toute autre façon, dans l’ouvrage de Lilian Silburn, qui commente le Vijnana bhairava tantra ; elle y explique  « les trois voies » qui font écho aux trois degrés de la quête du Graal.

Dans la première, voie de l’individu,  l’homme qui pratique le yoga  initie, fait  seul avec lui-même  si l’on peut dire, ou en tous cas le croit ;  si l’énergie se réveille un peu et s’il est sensible à cela, il accèdera à la deuxième voie, celle où l’énergie prendra le relai et l’aidera en quelque sorte. Lilian donne précisément ce nom à cette seconde voie : la voie de l’énergie. Très souvent, il oscillera pendant un temps plus ou moins long entre la première et la seconde voie et parfois commencera à sentir poindre la troisième.

 C’est la voie dite de «  Shiva », celle dans laquelle le soi se fond  au Soi, celle dans laquelle énergie et conscience sont en union ; il ne fera au début qu’effleurer cette troisième voie, en méditation par exemple, mais cela laissera en lui des empreintes profondes. Claude dirait alors que le saumon est remonté à sa source et cherche à ne plus faire  qu’un avec elle.

 

Voilà comment le yoga s’adresse à tous, quelque soit l’endroit où il se trouve, ou son niveau de conscience. On peut donc dire cette pratique va de la simple gymnastique jusque « Au-delà du réel », pour reprendre le titre du film de Ken Russel dans lequel un scientifique remonte à l’origine de l’univers ;

Alors bien sûr, certains ne voudront ni philosophie, ni spiritualité, quand d’autres au contraire se lamenteront de voir le yoga réduit à une gymnastique pure. Certes, le  yoga a été créé à une époque révolue, un âge d’or en quelque sorte, mais il s’adresse aujourd’hui dans le monde qui est le nôtre également aux trois groupes, sans distinction. L’individu est ensuite libre d’initier sa quête et comme les chevaliers d’orienter son existence vers un but, quel qu’il soit. Et sans doute nombreux sont ceux qui passeront d’un degré à un autre, d’un but à un autre, au fil du temps et de leur pratique. Il y aura des Yvain, des Gauvain, des Erec ou des Gareth, il y aura aussi des Perceval, des Lancelot, mais très peu de Galaad… mais au fond, qu’importe ? Car tôt ou tard, tout finira par finir pour recommencer.

 

Le yoga, pratique de bien-être ou quête du Graal?
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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 11:17
Les grelots tintent et les tigres ronronnent
 
Bonjour à tous!
 
J’ai le plaisir de vous annoncer la parution en auto-édition de mon cinquième roman,  Les grelots tintent et les tigres ronronnent, en attendant, je l’espère, la parution dans un format
papier pour ceux qui sont ( encore) réfractaires à la lecture sur liseuse électronique et qui souhaiteraient lire ce roman.
Je vous laisse découvrir  ce livre via le lien  à la fin de ce mail, qui vous permettra de parcourir et de “ feuilleter” le tout début de cette histoire qui se passe entre 1872 et 1883, dans l’Inde du Nord et l’Angleterre. Une petite Anglaise et son ami hindou,  un  mystérieux Sâdhu, un vieux temple abandonné... sont quelques uns des éléments de ce roman.
Le pseudo Lhiver, tout simplement parce qu’il y a déjà beaucoup de Beck dans l’écriture ( presse, littérature) et que cette saison, l’hiver, où tout est comme en suspension, en attente,  est chère à mon coeur.
Un sixième roman est actuellement en préparation.
Amitiés à tous, du fond du coeur,
 
Valérie Beck, alias Valérie Lhiver
 
 
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 08:15
Pourquoi une formation de yoga et de professeur en quatre ans?

 

Parmi les nombreuses questions que je reçois souvent parmi celles que me posent ceux qui désirent devenir professeurs de yoga, revient celle-ci :

"Pourquoi une  formation en quatre ans  quand d'autres sites ou écoles proposent une formation de yoga sur un temps souvent   (bien )  plus court  qui varie de quelques week-ends ou quelques centaines d'heures à 6 mois ou un an grand maximum ? "

A ceux-ci, il est facile d'expliquer que l'on ne devient pas professeur des écoles ou des lycées en 6 mois, ni même en deux cent heures ! Pas plus qu'on ne devient professeur de piano ou de danse en un an ou deux ou en quelques week-ends.

Pour enseigner, il faut déjà maîtriser la discipline, vous en conviendrez. Et ensuite, apprendre à transmettre, car la pédagogie s'apprend.

Le yoga demande beaucoup de temps : dans son quotidien, pour sa pratique personnelle, - au moins une à deux heures chaque jour - et un temps d'imprégnation qui ne peut pas être inférieur à quelques années : c'est le temps non seulement pour apprendre les postures, maîtriser (un peu) les souffles, apprendre véritablement à « méditer », mais aussi celui pour s'immerger dans les textes traditionnels, les ingérer puis les digérer, pour pouvoir s'y référer naturellement.

Le yoga s'enseigne, mais c'est avant tout par un apprentissage personnel long et solitaire que le chemin se fera ; notre monde occidental oublie malheureusement la valeur que l'on doit accorder au temps : c'est l'un des premiers enseignements du yoga : comprendre que le temps ne respectera pas ce qui se fera sans lui.

S'il n'était question que d'apprendre une trentaine de postures et deux souffles, une dizaine de week-end pourrait suffire et il est rare que l'on trouve davantage dans les formations courtes.

Mais le monde du yoga est vaste, et il faut être capable non seulement de le découvrir,  de le faire (un peu) sien, avant de pouvoir transmettre quoi que ce soit.

Car transmettre, c'est donner, et pour donner, encore faut-il avoir matière à le faire, et surtout, savoir définir ce que l'on veut transmettre et pourquoi, tout en laissant suffisamment de liberté pour que l'élève puisse ensuite faire sa route, seul.

Pour clore sur ce chapitre, je désire revenir sur la méditation :  méditer n’est pas s'asseoir et observer les pensées qui défilent ; cela, c’est juste une technique «  dans l’air du temps » pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent consacrer une ou deux heures par jour à s'intérioriser pour découvrir une dimension bien plus vaste  qu'eux mêmes. Sans doute fait-elle déjà du bien : s'asseoir,  ne rien faire, c'est déjà un premier pas qui peut apporter du " bien être".

Mais méditer, ce n'est pas chercher du "bien-être" : c’est prendre conscience que le monde extérieur peut s'ouvrir sur quelque chose de tout à fait inconnu, faire taire la petite voix discursive qui nous accompagne sans cesse, ce mental bavard qui a un avis sur tout, et entrer dans un silence profond et ouvrir et un vide total qui s’ouvre sur un espace intérieur infini. Et quatre ans suffisent à peine pour effleurer ceci…

En effet, une fois la formation terminée, c’est là que tout commence vraiment !


En savoir plus : http://www.art-et-yoga.fr/formation-professeur-de-yoga/

 

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 17:47

Pas d'inscription ni de contact possible du 28 juillet au 5 septembre!

Merci de votre compréhension!

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 15:05

Mise à jour 22 septembre 2020

NB : un programme adapté à des personnes qui ne souhaitent pas se lancer dans une formation longue ni enseigner est disponible. Elle n'exige pas une heure de pratique chaque jour, et est plus courte dans le temps.

Préambule

Le programme détaillé de la formation de professeur de yoga par correspondance qui se déroule sur quatre années est en ligne ici. 26 pages à télécharger pour en prendre connaissance tranquillement.

Chaque série est prévue pour une durée de 2 mois, mais chacun est libre de rester plus ou moins longtemps sur chaque série s'il le désire donc de raccourcir ou d'allonger le temps de formation d'une durée de quatre ans.

Le site www.art-et-yoga.fr  où se trouve le lien est régulièrement mis à jour, n'hésitez par à le parcourir et bonne visite.

N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions!

A lire aussi sur mon site art-et-yoga.fr  Formation de hatha yoga

A voir sur ma chaîne youtube la présentation de la formation  

 

Formation de professeur de yoga en ligne ou par correspondance

Pour ceux qui le souhaitent, les  cours dispensés par le centre de formation art et yoga via les 24 séries réalisent  une formation complète en yoga et, complétées par des cours de pédagogie de la série 19 à 24, ils permettent d'enseigner.  La formation de yoga nidra se décline en 12 séries.

Les séries permettent  :

  1. D'apprendre de très nombreuses techniques de yoga ( non seulement plus de 80 postures, mais aussi des souffles (pranayama), des mudras, des techniques de concentration, de méditation, ce que sont les yantras, les mantras, le yoga nidra, le yoga du son, etc)
  2. De découvrir des textes traditionnels commentés  (Kundalini upanisad, shiva samhita, Vijana bhairava tantra, sat chakra nirupana, etc)
  3. De découvrir des textes sur le yoga commentés  ( Silburn, Avalon, Tikhomiroff, Klein, Papin, T Mickael, etc)
  4. De construire ses propres séances,
  5. De développer sa pédagogie,  savoir comment transmettre, comment construire une progression,
  6. De faire le point sur sa pratique  grâce à un questionnaire qui clôt chaque série, que vous m'envoyez et que je vous renvoie avec des commentaires pour éclairer davantage votre route ou votre pratique.
  7.  Je réponds à chaque email avec un soin particulier; vous pouvez donc à tout moment me solliciter, si vous rencontrez des difficultés.
  8.  Si une incapacité temporaire physique vous empêche de pratiquer sur un long moment, un programme de remplacement peut être mis en place ponctuellement, adapté à votre situation, pour vous permettre de continuer à la pratique.
Diplôme d'enseignement de yoga :

A la fin de votre formation, vous recevrez un diplôme d'enseignement reconnu par la FFEY ( Cliquez sur le lien)

Prix de la formation

Vous pouvez recevoir les cours sur support papier, CD et DVD ou en ligne avec un lien de téléchargement.

Chaque série coûte 89 euros, pour les envois par la poste,  frais d'envoi en colissimo inclus  et 83 euros pour le téléchargement. Je vous renvoie à la FAQ dans laquelle vous trouverez sans doute les réponses que vous cherchez. Il n'y a pas de frais d'inscription, ni d'engagement demandé.

Temps de pratique

Si votre but est d'enseigner, prévoyez un temps de pratique d'environ une heure chaque jour. Si c'est pour votre cheminement personnel, vous définissez vous-même le temps que vous voulez consacrer au yoga, par exemple un jour sur deux, ou deux fois dans la semaine.

 Pour clore

Parmi les nombreuses questions que je reçois,

" Pourquoi une  formation en quatre ans  quand d'autres sites ou écoles proposent une formation de yoga sur  quelques week-ends ou 200 heures ? "  à laquelle je réponds :

"Devient-on professeur de piano, de danse ou d'anglais en quelques week-end ou deux cents heures ? Évidemment non, n'est-ce pas ! "
 

 

 

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:37
  • Posture de la tête au genou

Janu : genou

Shirsa : la tête

Asana : posture

 

Elle ressemble à la demi pince mais la jambe est portée sur le côté donc c’est l’ouverture qui est favorisée. Comme la demi-pince (série 2) elle permet un travail sur les canaux Ida et Pingala

 

Prendre la posture :

 

On s’assoie au sol, les deux jambes tendues devant soi ; on ferme les yeux. On porte  la jambe droite sur le côté droit et on   plie  la jambe gauche, le talon sur le périnée.

Il  faut que l’angle soit le plus ouvert possible, donc le genou gauche le plus à gauche possible et le genou droit le plus à droite.

Cela  ouvre  au maximum et cela va stimuler tout le côté gauche

Dans l’autre sens, c’est à l’inverse (jambe droite pliée)

Ensuite on lève les bras, on se tourne vers la droite et on saisit  le pied droit avec les deux mains bien symétriques. Il y a donc une rotation qui a une   incidence au niveau des énergies de feu : base et ventre

Le feu du ventre, les énergies du feu, vont circuler dans tous les canaux, à partir d’ida et pingala. En faisant un  travail sur les canaux et l’axe, cela a une résonance sur tous les canaux de gauche et de droite de la structure énergétique (voir schéma série 2)

 

  • L’ensemble des canaux reçoit  donc le même feu, la même purification

 

Le souffle :

Quand on est à droite, on se rendre compte que le souffle passe à gauche et inversement.

On commence par un allongement de souffle sur le rythme 1 temps d'inspir et deux temps d'expir

On prend dès qu’on peut le rythme 1 4 2 avec des rétentions à plein

 

Mantra : IAM,  quand le souffle passe à gauche, RAM quand le souffle passe à droite

 

Position dans une séance :

Après les/la posture debout, pour purifier les canaux Ida et Pingala et préparer la Sushumna.

 

Durée : au moins cinq minutes par côté pour une action en profondeur sur les nadis

 

Autres bienfaits :

Sur le plan physiologique, très stimulante  pour :

  • La sphère Endo abdominal
  • La colonne, l’ouverture du bassin
  • Stimule reins, pancréas, foie
  • Nettoie les canaux
  • Impact vraiment marqué sur les psoas qui sont des muscles qui récupèrent   toxines, stress, etc…
  • Mal aux reins, au dos… cela nettoie si on la fait régulièrement et sur un bon moment

Elle n’a aucune contre indication

Donc quelques rappels :

Mulabandha

Visualisation des canaux en Serpentin si possible (voir fiche série 2)

Mantra : ram, iam

Jiva Bandha   

Rythme classique : 1 4 2

 

On peut utiliser le souffle de Bhastrika pour une application thérapeutique, si, par exemple on veut stimuler les canaux, ou bien débloquer le bas du dos.

Il faut ensuite se laisser un peu de temps pour observer l’équilibre qu’il y a dans les deux souffles et dans les énergies

C’est une posture facile et agréable, tout le monde y arrive plus ou moins.

Dans l’idéal, il faut arriver à poser la tête sur le genou, mais au début, on fait comme on peut.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 12:55
Gunas et Vayus  -

 

Le corps subtil – le corps énergétique

Les gunas et les vayus

 

 

 

Faire du yoga implique un minimum de connaissance du macrocosme et microcosme car tout ce qui est dans l’un est dans l’autre. Postures, souffles, concentration ne trouvent leur raison d’être que si on sait pourquoi on les fait.

Nous présentons donc succinctement aujourd’hui une petite étude sur les gunas et la vayus qui opèrent dans la structure énergétique.

 

Pour la philosophie Hindoue, l’être humain appartient à l’univers ainsi que tout ce qui y existe et est régi par les mêmes lois. Cette philosophie conçoit une texture vibratoire originelle appelée Brahman, l’être, l’Absolu. C’est son «  reflet » qui est présent en chaque être vivant, comme un soleil qui se refléterait dans des milliards de seaux d’eau. On l’appelle l’Atman, l’âme. Mais nous en reparlerons plus tard. A un moment donné, la texture vibratoire va vibrer si puissamment qu’un grand souffle va émerger et déployer l’univers : c’est le Big Bang, décrit avec d’autres noms par la philosophie hindoue

Cette texture vibratoire a deux aspects :

- Prakriti  qu’on traduit souvent par «  Nature » - mot qui prête cependant à confusion; on devrait plutôt traduire par texture vibratoire allant de la plus subtile à la plus grossière

- Purusha, l’Esprit, premier reflet de l’Absolu dans sa manifestation. Il est éternellement libre, inactif, Un.

 Prakriti qui développe, déploie et actualise tout ce qu'il y a dans Purusha possède trois qualités fondamentales en équilibre  est donc à l’origine du déploiement de l’univers et du  jeu de la création comme si des bois de frictions avaient chauffé.  Les trois qualités de Prakriti sont appelées Gunas.

 

 

LES GUNAS

 

  1. Tamas – c’est une énergie descendante, d’inertie, d’obscurité, d’immobilité; elle est surtout présente dans les deux centres du bas. Elle préside aussi au sommeil profond, vide de rêve, à la nuit. On lui associe la couleur noire. Elle est plus influente sur le corps physique. C’est d’elle que naît l’élément Terre.

 

  1. Rajas – le  feu ; c’est une énergie horizontale, de mouvement : il est activité, désir, passion ; il crée les attachements. Il régit l’ego. Il est plutôt dans les centres du  ventre  et du  pubis et on peut le trouver dans le cœur où il ne devrait en principe pas se trouver-  Il préside à la digestion  physique et psychique. On lui associe la couleur rouge.

 

  1. Sattva –  c’est une énergie ascendante,  de légèreté, de finesse, de lumière, d’équilibre,  de clarté – on la trouve dans le centre d’énergie du cœur et de la gorge. Elle présente des affinités avec le mental. Sa couleur est le blanc.

 

Ces gunas  font en permanence le jeu de la création et plus leurs vibrations sont lentes, plus la matière créée l’est aussi, donc nous dirons plus «  grossière », plus  "matérielle » plus  « lourde » mais sans aucun jugement de valeur. Ce sont elles qui colorent en permanence les réactions mentales et font passer de l'apathie à l'excitation, de la torpeur à l'enthousiasme, de la somnolence à la calme contemplation, et ainsi de suite. Jamais de repos véritable, jamais d'équilibre véritable.

On trouve toujours les trois en absolument tout mais avec des proportions variées ; dans le monde minéral, tamas dominera, mais n’empêchera pas la présence d’un peu de rajas et de sattva, même chose pour tout ce qui existe y compris l’être humain chez qui rajas pousse à s’agiter, à faire, à être en mouvement, tandis que le monde est Dieux serait plutôt de nature sattvique.

 

Pour que l’être humain soit harmonieux, il faut que les trois gunas soient en équilibre en lui. A défaut d'obtenir une juste proportion au tiers,  le yoga permet déjà de bien remettre les gunas à leur place... en tous cas, de limiter leur débordement, et de réguler leur action.

Un disfonctionnement de tamas va entraîner une grande force d’inertie, un besoin de dormir beaucoup, un rythme lent, un esprit lent. Trop de rajas,  à l’opposé créera trop d’activité, voir un " sur-régime" jusqu’à ce que le feu ait tant brûlé que rajas se transformera en tamas. Du coup, après l’hyperactivité, c’est l’apathie totale.  Peut – être avez-vous déjà observé chez vous ou chez les autres de grandes périodes d’activité faisant tout à coup place à une lassitude, une fatigue totales. Voilà, c’est le jeu des Gunas.

Trop de rajas rend l’être très actif, énergique, entreprenant mais aussi hargneux, égotique. D'où l'intérêt de l'équilibrage.

 

Il est aussi par exemple  très important de les régler pour le sommeil :

- trop de tamas implique des heures et des heures de sommeil non réparateur; on sort juste du sommeil abruti, plongé dans la torpeur sans pouvoir s'en dégager.

- trop de rajas, une impossibilité à avoir des nuits paisibles, avec l’impression au réveil de n’avoir pas dormi.

- les nuits sattviques sont les plus douces car arriver à amener sattva au cœur du sommeil rend celui-ci léger, et plus clair, presque conscient.

 

  • C’est le pranayama qui aide à l’équilibre dans le corps énergétique ; comme celui ci est contact permanent avec le corps physique grâce aux adharas et aux cakras et au corps mental, l'équilibre gagne les deux autres corps aussi.

 

Exemple : dans le  centre du cœur doit se trouver sattva, la légèreté, la lumière. S’il y a trop de rajas : l’individu sera hargneux, et égotique et incapable de compassion.

Grâce à certaines techniques de  souffles, il est possible d’aspirer le rajas du cœur pour le remettre dans le ventre.

 

LES VAYUS

 

Prakriti n’est pas composée que des 3 énergies citées, elle possède aussi des vayus  - qu’on traduit par vent - qui assurent le bon  fonctionnement et les échanges  entre les différents corps. Sans eux, rien ne fonctionnerait. Les vayus, éléments mouvants, actifs, sont au nombre de cinq. Ils régissent chacun quelque chose de différent dans le corps.

Jean Varenne dit qu’on peut traduire Vayus par «  génie » comme si ceux-ci opéraient directement dans le corps énergétique. Il dit aussi que mourir se dit en sanskrit «  rendre au cinq ». Nous en reparlerons plus.

 

  • Prana : c’est l’énergie nourricière, la force vitale, l’énergie cosmique qui se trouve dans tout le cosmos et dans l’être humain. Quand elle disparaît, le corps devient une coque vide, on la trouve dans l’eau, l’air, les aliments. 

Les yogis veillent toujours à la qualité pranique de leur nourriture.

On dit même que lorsque les yogis sont devenus complètement sattviques, ils aspirent directement le prana des aliments dont ils ont besoin pour se nourrir, sans avoir besoin de manger l’aliment lui-même. D’où les grands mystères pour la science de ces êtres qui restent des mois sans manger en Inde ou ailleurs…

 

  • Apana : en bas, dans muladhara, gudhadhara

Sa fonction est principalement de permettre l’élimination, et de faire descendre les énergies ; Le mot signifie «  ce qui tire vers le bas »

Il est  relation avec la terre

 

  • Samana : assure la digestion physiologique, énergétique et mentale ; Samana  est dans le ventre. Ainsi, quand il fonctionne bien, tout est bien digéré même intellectuellement, même émotionnellement.

 

  • Udana : dans la gorge ; il joue un rôle de montée de l’énergie ; il est en affinité avec Kundalini ; et en rapport avec le souffle, car Udana subtilise le souffle. Grâce à lui, on passe d’un souffle grossier à un souffle énergétique pur.

 

 

  • Vyana : partout dans le corps ; c’est lui qui distribue tout, et fait tout circuler  comme un chef d’orchestre (physiologique et énergétique)  il a son siège dans le pubis

 

Donc c’est important de rééquilibrer les trois éléments et les cinq qualités de l’énergie et c’est l’un des grands objectifs du yoga avec toutes ses techniques.

 

Ce qui vient vraiment permettre de régler ces vayus est tout le travail sur les grands mudras, tenus longtemps et avec cette conscience claire du travail en train de se faire.  Voilà où viennent véritablement agir les mudras; mais nous en reparlerons.

 

Nous aurons l'occasion de reparler de tout cela dans d'autres articles, car en fonction des écoles, les explications peuvent légèrement différer.

Ce qui est sûr, c'est que la compréhension réelle de tout ceci ne commence vraiment que lorsque l'on pratique; et plus on pratique, plus on comprend, et ainsi de suite.

Ce qui prouve encore une fois que le yoga est le praxis d'une métaphysique qui englobe le Tout.

C’est tout l’étonnement du yoga, qui repose sur la pratique et la compréhension de celle-ci. Théorie, philosophie et pratique s’éclairent l’un l’autre en permanence,  et plus on avance, plus les découvertes sont sublimes !

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 09:10
La kundalini : quelques points de repère

D’après Lilian Silburn, André Padoux, Tara Mickael, Christian Tikhomiroff

 

 

Kundanlini : ce mot vient du sanskrit Kundala qui désigne un bijou en forme d’anneaux (boucle d’oreille ou bracelet)  On dit qu’elle ressemble à un serpent qui repose à la base de la structure énergétique enroulée trois fois et demi sur elle-même, déversant tant qu’elle n’est pas éveillée son poison.

Le trésor de Kundalini est l’immortalité, d’où de nombreuses légendes sur le barratage par exemple de la mer de lait par les dieux pour l’obtenir, forçant le pauvre Siva à boire le poison qui est dans le même moment remué et menace de supprimer tout le monde ! Il en a gardé la gorge toute bleue !

Le serpent de connaissance et de sagesse, capable de passer du démon au divin – se retrouve dans de très nombreuses mythologies indiennes, Khmers ou autres sur le continent asiatique. Il suffit de se rappeler la légende du bouddha et du serpent aux quintuples capuchons qui après l’avoir menacé, le protège.

 

La Kundalini est l’énergie cosmique qui gît, latente, en chaque être humain. Elle ne peut véritablement surgir des profondeurs pour s’éveiller totalement, que dans le contexte d’une vie mystique, intense, ou graduellement les trois voies ont été atteintes puis traversées. La plupart du temps, elle dort, et tout le monde avec, mais à défaut de pouvoir l’éveiller totalement, on peut l’éveiller en partie : c’est déjà un immense bonheur ! Le hatha yoga est l’une des voies, mais ce n’est pas la seule.

 

Kundalini est  une énergie consciente qui a deux aspects :

Pranique, elle anime et régit la vie de tout ce qui vit.

Sous son aspect virya,  son énergie est d’une intensité indicible.

Ces deux aspects émanent eux mêmes de la vitalité profonde, Ojas, l’une des triades propres au système trika par exemple. L’énergie virya se retrouve dans toutes les ferveurs, qu’elles soient amoureuses, artistiques, ou mystiques. Pour traduire ce terme, il faut recourir à plusieurs mots : effort, enthousiasme, diligence, intensité. Virya est tout cela à la fois.

 

Dans le Kundalini Yoga, le but ultime est d’éveiller cette énergie ; mais que l’on ne s’y méprenne pas : on a fort peu de chance en tant que modeste pratiquant d’y parvenir. Les yogis qui consacrent leur vie à cette quête n’y parviennent d’ailleurs pas tous ; c’est dire que la belle endormie ne se laisse pas si facilement réveiller ! D’autant qu’elle ne se manifestera que si la pensée s’est évanouie et  le cœur devenu pure vibration.

D’après Lilian Silburn,  une vie mystique, vibrante, toute entière tournée vers cette quête, doit aussi prendre en compte le principe de la Grâce. Elle aurait souhaité développé beaucoup ce sujet dans son dernier ouvrage qui concerne  le Tantraloka d’Abhinavagupta, mais est partie avant d’avoir entièrement terminé ce dernier projet, que André Padoux, un proche de Lilian, a achevé à sa place, sans savoir ce que Lilian Silburn avait dans la tête, et renonçant donc à s’exprimer sur cette question.

 

La kundalini : quelques points de repère

La littérature actuelle pullule de récits d’éveils spontanés, faisant croire que cela n’est pas du tout réservé  à une petite élite.  Notre monde actuel préfére aujourd’hui l’effet à l’effort – en ce sens, il va en courant contraire de l’énergie Virya !-  Ces textes  d’éveil spontané qui décrivent des mondes merveilleux trouvent nombres de lecteurs complaisants persuadés qu’il existe des recettes toutes faites pour éveiller kundalini, notamment par des pratiques sexuelles.  Si tel était le cas, notre monde serait un vrai paradis, car les plus belles qualités d’amour, de lumière et de conscience seraient merveilleusement répandus et nous baignerons tous dans des vibrations subtiles et légères.  

Hors il n’en est rien : la plupart du temps, les récits  de  « bonne volonté » prouvent simplement qu’il n’y a bien eu un éveil, mais un éveil partiel, car le véritable éveillé qui a transcendé ce monde n’a cure d’en faire un récit : à ce stade, les énergies du yogi s’étendent à l’univers entier… et il utilisera cette puissance sans que personne ne le sache, répandant sa lumière  sans en faire de publicité.

 

Le yoga de la Kundalini, sans même conduire jusqu’à  l’éveil de celle-ci, permet cependant bien souvent d’éveiller un peu les plus belles qualités de lumière et de cœur. Ce yoga permet aussi de découvrir les différentes voies et de passer d’une voie à une autre et parfois aussi de tâter de la troisième lorsque l’intuition mystique commence à s’éveiller un peu. Sans éveiller complètement Kundalini, le terrain est préparé, déblayé, purifié, permettant au pratiquant de goûter bien des joies.  Car Ananda est l’essence même de Shiva…

Les trois voies sont :  

La voie de l’individu : c’est le stade premier, celui dans lequel l’individu utilise sa volonté pour faire les choses, souvent avec difficulté ; mais si l’enthousiasme est là, tôt ou tard, il sentira la voie de l’énergie se manifester de temps à autre et peut-être même un jour se trouvera-t-il entièrement portée par elle…

Dans la  voie de l’énergie,  qui est le deuxième stade, celle-ci prend le relai, et l’individu conjugue ses efforts à l’Energie qui vibre à présent si intensément, que celle-ci  à un moment donné agit à présent d’elle-même et «  fait  faire » à l’individu ; dans une pratique régulière de yoga, il n’est pas rare que l’on passe sans arrêt de l’une à l’autre des deux voies. Le jour où l’on prend conscience que  « le faire se fait sans qu’on fasse tout en faisant »  tandis que le mental s’est tu, est déjà d’une très grande jouissance.

La troisième voie,  voie de Siva, est  la voie divine où la volonté personnelle s’est coulée dans la volonté divine : à ce stade, il y a eu fusion totale et éveil total de Kundalini.

Mais, même sans atteindre cette troisième voie, il n’est pas rare là aussi que le pratiquant sente de temps à autre cette voie se manifester  et s’ouvrir à lui dans sa pratique ou sa vie quotidienne ; c’est souvent fugace, toujours instable, mais juste magique.  

 

 « Concrètement », on peut dire que Kundalini  qui est vibration, déploie l’univers en ondes successives,  des plus subtils au plus grossières  (ce qui est décrit dans un texte comme le Samkhya par exemple) ; avec l’éveil, la résorption se fait en sens inverse. C’est en se tenant au point d’équilibre des deux courants opposés que la dualité s’évanouit véritablement.

 

 

Kundalini, lovée dans le cakra de la base,  ne donne à l’individu que ce qu’il lui faut chaque jour pour mener sa vie de pashu, c'est-à-dire d’individu asservi faisant partie du troupeau.

 

Quand elle s’éveille, elle monte de centre en centre, par le canal central. Encore faut-il que tout soit bien préparé, que le pratiquant ait correctement préparé Sushumna et purifié les principaux centres que sont les cakras. Il faut que la structure énergétique soit solide, et prête à cette ascension fulgurante.

Si par malheur celle-ci n’a pas été correctement préparée, et que l’apprenti-sorcier-yogi arrive tout de même à la réveiller, elle va se dresser mais ne pouvant être dirigée vers le canal central, elle brisera anarchiquement toute la structure énergétique, y causant des dommages irréparables aussi bien sur le plan psychique et mental que physique. 

 

 

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