Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Art Et Yoga

  • : art et yoga, blog sur le Hatha yoga et les formations proposées.
  • : Blog sur la pratique et les techniques du yoga, complémentaire du site : www.art-et-yoga.fr
  • Contact

Accueil

Bienvenue sur Art et yoga! Vous trouverez dans ces pages de quoi organiser vos séances, découvrir des techniques de yoga, trouver des renseignements sur nos cours par correspondance, et de nombreux autres articles qui seront repertoriés au fur et à mesure suivant leur catégorie. Alors bonne visite, et n'hésitez pas à nous contacter! Ce site est en complément de www.art-et-yoga.fr!

Attention! Je ne reçois rien dans ma boite mail, pour me contacter écrivez à

artetyoga@netcourrier.com

Recherche

contact

pour me contacter, écrivez à         artetyoga@netcourrier.com

 

Liste D'articles

8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 08:27
Pranayama et liberté : les processus alchimiques du souffle, clé de toute transformation

Première partie

 

Le souffle est puissamment en relation avec les processus mentaux qui tout au long de la journée fluctuent énormément, ce qui entraine également des fluctuations au niveau des énergies qui parcourent les autres corps.

L’expression en «  avoir le souffle coupé » montre bien qu’un choc émotionnel violent a une incidence puissante sur le souffle, et c’est vrai pour absolument tout ce qui se passe ; bien sûr à des degrés différents, parfois imperceptibles, vous ne vous en rendez pas compte, mais les énergies se mettent à circuler moins bien, et le souffle se bloque peu à peu. N’oubliez pas que les trois corps sont en étroite relation  grâce aux adharas et ce qui arrive à l’un se transmet aux deux autres et c’est vrai dans les deux sens. Les trois corps échangent en permanence des informations. Il s'agit des corps physique, énergétique et mental. Je prenais un exemple un peu extrême, mais la plupart du temps, on ne remarque pas les fluctuations du souffle, s’il accélère, se coupe, ou même se bloque tant l'être humain est happé par son mental, ce qui est d'autant plus vrai avec cette cohorte de gens rivés à leurs portables...

.

Les techniques de pranayama permettent de mettre en place ce qu’on appelle le souffle énergétique qui n’est plus un souffle purement physiologique : en clair, a n’a plus besoin d’inspirer autant d’oxygène, le relai est pris par l’énergie de la structure énergétique : ce qui veut dire qu’avec de la pratique, le souffle devient très stable : s’il est stable, le mental l’est aussi et devient en quelque sorte imperméable  aux différentes fluctuations de la journée - car tout influence le souffle y compris les stimuli sensoriels, qu’ils soient auditifs, visuels, ou autres-  mais avec ces techniques de souffle, celui-ci devenant plus subtil, plus énergétique, assure une vraie stabilité de l’être tout entier.

 

En outre, comme pour l’eau sur la terre, qui circule en boucle depuis des millions d’années, l’air est bien toujours le même et a déjà été respiré des milliers de fois ; cela veut dire que des millions de créatures ont déjà respiré cet air avant nous, qu’il est chargé de leurs énergies, de leurs mémoires.  Éveiller son souffle subtil, c’est s’extraire du collectif qui, mémorisé d’une certaine façon dans cet air,  impose, à travers lui,  une façon d’être, de penser, de réagir. Cela permet donc de se couper de façons d’être, de penser, d’agir collectives, sans même que l’individu n’ait la capacité de s’en rendre compte ; peu à peu, il investit pleinement tout son être, sans plus que l’extérieur ne vienne lui imposer ce qu’il doit penser, aimer, regarder, acheter, etc..

Si vous avez des doutes, sachez que des tests récents ont été faits dans des salles de cinéma qui diffusaient un certain type de film et qu’il a été constaté que l’air respiré non seulement se chargeait des émotions des spectateurs, mais qu’en plus cela avait une influence sur l’ensemble des personnes de  la même salle ; c'est-à-dire si un spectateur très sensible regarde un film d’horreur et est terrifié, par son souffle, il contaminera en quelque sorte ses voisins. 

 

L’extérieur désigne non seulement les individus, mais aussi les lieux, le temps qu’il fait, tout ce qui peut influencer de l’extérieur un être humain. Car tout a une interaction avec le souffle qui lui-même modifie et influence les corps physiques et mentaux.

 

 En résumé, si le souffle est instable, ou si vous préférez irrégulier, il est difficile de garder une stabilité intérieure; si l’être humain était un navire, le souffle serait la mer,  et vous voyez donc ce qui se passe si la mer change sans cesse ; sauf si le capitaine sait parfaitement diriger son bateau. D’où l’un des rôles du pranayama : par les techniques de yoga, le souffle énergétique est éveillé, ce qui stabilise le souffle tout court ; ainsi tout l’individu qui acquiert cette stabilité. L’individu gagne en harmonie.

 

Vous pouvez d’ailleurs vous amuser à observer dans la journée l’état de votre souffle et votre état intérieur personnel. Pensez aussi régulièrement à ramener un souffle calme, ample et lent, par exemple, s’il est un peu haché et rapide plusieurs fois dans la journée sur une minute ou deux ; mais c’est le travail régulier du pranayama qui assurera vraiment cette stabilité.

 

 

Suite de l'article à venir

 

 

Partager cet article

Repost0
30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 08:13
Maladie  et yoga

On tombe malade pour toutes sortes de raisons ; l’origine peut être  karmique, c'est-à-dire que la vie réactualise à travers la maladie quelque chose d’antérieur à cette vie qui peut d'ailleurs venir  d’un ancêtre, et que l’âme a accepté d’accueillir pour apporter sa réponse et transformer  sa vision d’elle-même ou du monde. A travers elle, la guérison atteindra ceux qui l’ont précédée.

On peut aussi tomber malade à cause d’une rupture d’équilibre dans sa vie ; les trois corps physique, énergétique et mental donneront alors une réponse à un problème que l’individu tarde à s’apporter à lui-même ou ne parvient pas à formuler clairement ; comme il patauge ou se fuit, la maladie survient pour l’obliger à se questionner et trouver la réponse.

 

Mais on peut aussi tomber malade – surtout en ce moment – parce que les transformations énergétiques sont si puissantes que le corps physique n’a pas le temps de les «  digérer » ni de s’aligner : son corps mental et énergétique suivent, mais le corps physique lui, peine derrière, si bien que l’harmonie en lui se rompt le temps que son corps physique s’harmonise avec les deux autres corps.

 

Souvent, il est dit, même à un niveau spirituel, que le corps physique, en tombant malade, passe un message à l’individu ;  mais ce n’est pas forcément toujours le cas. Parfois, c’est tout simplement parce que le corps physique n’a pas eu le temps de faire son travail de son côté et que ne retrouvant plus ses points d’appui habituels, il panique et bascule dans la maladie.

 

Bien sûr, je ne parle pas des maladies graves et longues à guérir (j’en reparlerai ailleurs) ; je parle de ces maladies infectieuses, ou ostéo-articulaires qu’on guérit en général en quelques jours ou semaines.

 

J’ai remarqué cette tendance dans les ouvrages spirituels à insister beaucoup sur « le corps en tombant malade  matérialise un conflit entre les plans mentaux et physiques ». C’est vrai, parfois, mais pas seulement et pas toujours.

Avoir un lumbago parce qu’on porte plus que sa part, oui, le lien est clair ; l’expression populaire «  en avoir plein le dos » l’exprime fort bien.

Avoir une angine parce qu’on n’a pas osé formuler les choses comme on l’aurait voulu aussi.

Un rhume «  parce qu’on ne peut plus le/la sentir ( personne ou situation)

De l’asthme parce qu’on fait de l’asphyxie sociale, etc, etc….

 

Mais tomber malade d’un seul coup sans raison apparente peut aussi être la réponse du corps qui dit « ça va trop vite pour moi, je n’ai pas le temps de m’adapter.  S’il vous plaît, allez moins vite ! »

 

Pour la guérison, il ne faut pas hésiter en nidra ou en relaxation profonde, à dialoguer avec son corps ; il faut le rassurer, lui dire qu’on va l’aider, qu’on l’aime et qu’on ne lui en veut pas.

 

Lors de la maladie, on peut dialoguer avec son corps pour le rassurer comme on rassure un enfant, et ce dialogue apporte  une relation vraiment très différente avec le corps physique ; c’est un véhicule, certes, mais sensible et doué de conscience. Il faut l’aimer et en prendre soin, et ne pas lui en vouloir s’il n’est pas très solide. Certains ont des corps rompus à toute épreuve, d’autres des corps qui ont plus de mal à « tenir la route ». Quoi qu'il en soit, dialoguer avec son corps physique ne peut que lui faire du bien.

 

Comment ? Et bien, on s’allonge, on se met en relaxation profonde type nidra, puis on s’imagine à l’intérieur de son corps physique immense et lumineux, en petit clone de soi même, et on va dialoguer avec nos organes, ou notre sang, ou nos os, ou toute chose qui se présente.  Ensuite, on peut activer à l'intérieur de soi son énergie guérisseuse en lui donnant la forme qu'on souhaite, et cette énergie va aller soigner, guérir, transformer... tout est chimie dans l'univers, et c'est la même chose dans le microcosme qu'est notre corps; et nous avons tous la capacité à créer une chimie guérisseusse.

C’est une technique très belle, très douce, qui apporte beaucoup d’amour et compassion pour ces corps physiques destinés à disparaître. Ou plus exactement, à la mort, la matière qui compose le corps physique se transforme complètement en se décomposant, car rien dans l’univers n’est créé qui ne soit déjà là, du moins en germe -  ou ne disparaît. Tout se transforme en permanence.

Partager cet article

Repost0
12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 08:03

  Mise en ligne sur youtube, d'une mini-séance de hatha yoga, (sans mudra ni souffle) accessible à tous, débutants ou bien pratiquants occasionnels. La guidance est purement auditive, donc vous pouvez la télécharger en mp3.

Elle se compose :

- d'un sas de relaxation,

- de deux postures, ( arbre et tortue)

- d'une concentration sur la flamme d'une bougie.

Toutes ces techniques apportent beaucoup de calme, de recul. Elles recentrent, apaisent, pacifient, ce qui permet de la pratiquer le soir avant le coucher ou en rentrant du travail.

 

Elle ne dure qu'une vingtaine de minutes, car les techniques sont volontairement raccourcies afin qu'elles soient accessibles à tous, et aussi pour que chacun puisse  intégrer cette mini-séance à une journée chargée, qui laisse peu de temps pour les activités personnelles.

Pour ceux qui ne feraient pas de yoga et voudraient s'initier, c'est possible, car toutes les explications sont en ligne :

L'arbre, dont vous trouverez aussi une explication vidéo sur ma chaîne youtube

La Tortue, également présentée en version video sur cette même chaîne

Concentration sur la flamme d'une bougie,  est également expliquée sur ce blog. Dans la version proposée en audio aujourd'hui, il n'y a que les deux premières phases.

Surtout, si vous êtes un pratiquant occasionnel, n'hésitez pas à aménager chaque posture comme expliqué si au début c'est trop difficile ( pratiquer l'arbre près d'un mur, mettre un coussin sur les pieds pour la tortue si les hanches ne sont pas assez souples ou le dos trop raide).

D'autres petites séances de 20 minutes seront proposées.

Si vous vouliez faire une séance complète d'une trentaine de minutes, rajouter après les postures viparita karina mudra que vous tiendrez 4-5 minutes si vous la connaissez, et un souffle avec un temps d'inspiration et le double pour expirer ( vous inspirez par exemple en comptant mentalement 4 et vous expirez sur 8 et vous essayez peu à peu d'allonger) que vous pratiquerez aussi sur 5 minutes environ.

 

Je vous souhaite une belle pratique!

 

Partager cet article

Repost0
19 avril 2018 4 19 /04 /avril /2018 13:58

 

Cela semble curieux, à l’heure ou les blogs, sites et vidéos fleurissent joyeusement sous le doux soleil du printemps et qui présentent des pratiquants heureux  sur la plage, dans un champ de fleurs, sur une terrasse, souvent face au soleil  en train de faire leur yoga!

 

Mais suivant les écoles de yoga – et chacun doit trouver la bonne, n’est-ce pas, comme dit le vieux proverbe, il s’agit de trouver chaussure à son pied -  on peut aussi aller complètement à l’inverse de cette tendance, se mettre dans une toute petite pièce, avec une minuscule fenêtre dont on tirera le rideau,  ou bien fermer ses volets si la pièce est grande et faire sa pratique sans ouvrir les yeux pendant toute sa séance.

On enchaînera donc les postures, les mudras,  puis on fera du pranayama et on finira par la méditation, sans jamais relever ses paupières, que la séance dure une demi-heure ou trois heures. Cela veut dire avoir dégager suffisamment d'espace autour de soi, pour pouvoir faire les postures, s'asseoir, changer de position, sans se cogner dans les meubles ou autre. Cela veut dire aussi avoir à portée de main son coussin de méditation si vous en utilisez un. Et tout cela sans jamais UNE SEULE FOIS n'ouvrir les yeux!

 

Pour quoi ?

 

Et bien précisément, pour entrer plus profondément dans son intériorité et trouver sa lumière intérieure. Il est fort possible que les premières fois, vous soyez tenter de rouvrir les yeux, de regarder l’heure, ou de jeter un regard plein de regret sur les volets qui barrent la route au beau soleil du printemps.

Mais si vous persistez un peu, c’est à l’intérieur de vous que la lumière va se révéler, à tel point que parfois, vous aurez l’impression que quelqu’un a allumé un halogène puissant dans votre pièce de pratique.

Le yoga est plein de sons, de vibrations, et de lumières et cette façon de faire rend le pratiquant plus sensible à tous ces mouvements de l’énergie, jusqu’à basculer, peut être lors de la méditation dans le vide.

 

En procédant ainsi, vous serez à même d’observer beaucoup plus finement tout ce qui traversera votre séance – Notez bien que je ne dis pas «  tout ce qui se passera » car vous resterez ainsi l’observateur tranquille et bienveillant de votre pratique.

De plus, s'habituer à faire sa pratiques les yeux clos transforme en profondeur les repères de temps et d'espace... de belles découvertes à la clé, sans doute, avec de la persévérance!

 

Et au moment de rouvrir les yeux, vous serez tout étonné d’être là, dans ce monde qui semble tout à coup figé, (comme les jouets qui s’immobilisent sitôt que les enfants se réveillent) , alors qu’il dansait lorsque vous aviez les yeux fermés.

Partager cet article

Repost0
22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 10:19

Voici deux vidéos pour mieux se rendre compte du contenu de cette formation dont le programme complet est en ligne ICI

 

 

Description générale, contenu, durée, etc.

Philosophie, recherche, public, etc

Partager cet article

Repost0
18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 09:51
Tolangulasana, la posture du balancier.

Voici une posture simple qui permet de ramener l'excès de rajas, l'une des trois gunas, du coeur où il n'a pas sa place, vers le ventre, où il doit résider. 

Cette technique fait travailler la charnière, donc libère toute la zone de l'adhara solaire, surya adhara, où se logent bien des blocages souvent générée par un trop plein d'émotions et de tensions.

Comme c'est une posture latéralisée, elle purifie les deux nadis Ida et Pingala et les rééquilibre.

Sur le plan physiologique, elle est bénéfique pour les cervicales - même si au départ, on pourrait croire que non à cause des douleurs que l'on ressent les premières fois- et les lombaires.

En libérant toute la zone du cœur, elle développe l'intuition et la connaissance de soi.

 

-----------------------

 

Posture

 

On se met en diamants, yeux ouverts, regard très appuyé, lien avec anus, ventre yeux

On visualise l’axe, ida et pingala, centre du ventre et du cœur

 

On porte les fesses sur le côté gauche, mains sur les cuisses, les genoux peuvent un peu s’écarter

On monte sur l’inspir les mains, bras non tendus, paumes vers fontanelle, on fait monter l’énergie, on se situe dans le ventre, le cœur, le plexus

Sur une expir on descend sur le côté droit le plus possible et on tourne la tête vers le plafond pour fixer un point qui serait juste au dessus de soi, et par l’extérieur du coude gauche

Si on est souple, le coude peut toucher le sol, sinon, on fait ce qu’on peut, comme toujours.

 

Rythme : Et on installe 1 4 2, c'est-à-dire X compte pour l’inspir, 4 fois plus pour la rétention et le double pour l’expiration. Exemple, je compte 3 à l’inspir, je retiens 12 et j’expire sur 6.

Mulabandha, ketchari mudra

On peut faire jusqu’à sept souffles surtout si au début les souffles sont courts.

 

On remonte sur une inspir, rétention, expir, on ramène les mains sur les genoux

On se remet en diamant, yeux fermés et on recommence de l’autre côté

 

Durée : on essaie au départ de faire au moins 5 souffles par côté, jusqu'à y rester entre 3 et 5 minutes.

Partager cet article

Repost0
3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 12:22

Aujourd’hui, le mot méditation est très souvent employé dans divers contextes, qui n’ont plus grand-chose à voir avec celui de Lamartine, dont les Méditations poétiques datent de 1820. On parle de méditation de pleine conscience,  on explique qu’on peut méditer en cuisinant, ou en marchant… (Osho Rajneesh a d’ailleurs rédigé un livre consacré à une quarantaine de méditations «  qui libèrent du mental » selon lui! ). Bref, il semble y avoir un véritablement engouement pour la méditation. En y regardant de plus près, on se rend vite compte que derrière ce mot, chacun met un peu ce qu’il veut, et fait aussi sa propre cuisine.  Et au fond,  ce n’est ni grave, ni important : chaque chemin, mené avec conviction et enthousiaste, ne permet-il pas de faire un bout du voyage sur Terre en étant plus conscient,  ce qui n’est déjà pas si mal ?  

Les grandes raisons qui poussent les uns et les autres à se lancer dans la méditation sont bien souvent le stress ou la recherche du mieux-être, et pourquoi pas ? Mais d’autres y viennent «  poussés par quelque chose qui ne s’explique pas »

 

Si l’on devait tracer un bref historique, on commencerait par dire que le mot Méditation est expliqué dans notre vocabulaire  comme étant un acte qui permet de  réfléchir en silence à une question donnée et lui trouver le sens qui cerne le mieux la totalité des réponses qui se seront présentées. Les Méditations poétiques de Lamartine vont dans ce sens : chaque poème exprime une idée sur un thème.

Aujourd’hui, le mot est utilisé un peu à tout bout de champ et recouvre des réalités diverses et variées.

 

Dans notre société moderne, beaucoup s’enthousiasment de voir la méditation entrer en entreprise ; je dirai : « pourquoi pas ? si le but est véritablement humaniste et non mercantile, c'est-à-dire si c’est pour alléger une part de souffrance, et non pas pour rendre les employés plus dociles et productifs grâce à une technique de «  mieux-être ».

 

Mais qu’est-ce que méditer ? Comment médite-t-on ? Y a-t-il une technique ? Et dans l’enseignement de yoga que je transmets, qu’est-ce que la méditation ?

 

Je donnerai déjà la parole à Éric Romeluère, moine bouddhiste, qui, dans une longue

conférence, a abordé le sujet avec beaucoup de sincérité et d’humilité ; il a expliqué ce qu’était la méditation zen, puis a brossé un consciencieux historique de cette forme de méditation qui connaît un véritable engouement en Occident.  Et il dit ceci : «  Dans la méditation zen, on observe le rien ; on n’est pas le spectateur non impliqué qui observe ce qui défile sur l’écran mental, comme je l’ai lu moi-même récemment sur un site qui prétend enseigner la méditation zen,  mais on se met dans la posture où il n’y a rien à observer ». Et voilà, c’est dit : la césure est bien là. La méditation telle que proposée actuellement dans la plupart des centres de méditation, en entreprise ou ailleurs, permet aux personnes qui s’y adonnent de se mettre en état d’observateur par rapport à eux-mêmes, mais sans faire taire leur capharnaüm intérieur. Il s’agit donc simplement d’un état de «  recul » très loin du sens donné en zen ou en yoga.

Éric Romeluère explique aussi qu’entre le moment où la méditation est arrivée en Occident, vers 1960,  et aujourd’hui, il y a eu une profonde transformation de celle-ci – pour ne pas dire dégradation ou déviation -  pour l’adapter à l’Occident. Aujourd’hui, c’est cette nouvelle forme, qui n’a plus grand-chose à voir avec le Zen qui est enseignée. Et que, plus étrange, certains moines de tradition zen ou bouddhiste se mettent eux-mêmes à adopter cette nouvelle forme. Mais est-ce toujours de la méditation ?

 

Comment médite-t-on en yoga?

 

 

Le point de vue du yoga que j’enseigne répondrait « non », en expliquant simplement que tant que le processus discursif du langage, tant que des images apparaissent ou disparaissent, tant que le souffle physiologique continue d’aller et venir, le pratiquant ne « médite » pas.

En yoga, trois étapes sont distinguées :

  1. D’abord on se concentre  sur une chose (dharana) un son, un souffle, une image : ce sera  une première étape, préalablement préparée par des mudras et du pranayama qui apportera
  2. le retrait des sens (Pratyahara). C'est l'étape 2 dans laquelle le monde extérieur n'est plus DU TOUT perçu par les sens. Tout se tourne vers l'intérieur. Ensuite, de dharana le pratiquant entrera dans un état méditatif où tout va se ralentir, souffle, pensée, et fusionner.
  3. Puis il y aura   « une bascule » dans le vide,  où souffles, pensées vont se suspendre, ouvrant dans le même temps un espace extra-ordinaire. Ce sera Dhyana, la " méditation" à proprement parler. Mot sanskrit  intraduisible d'où toutes les confusions  d'aujourd'hui, puisqu'on a repris pour le traduire un mot déjà utilisé par les philosophes, et qui n'a RIEN à voir avec le processus spirituel.

Lorsque je décris ceci, beaucoup me disent «  impossible, on ne peut pas s’arrêter de penser et de respirer ».  Je réponds alors simplement : « pratiquez, mettez vous sur votre tapis, faites et refaites, et vous connaîtrez cet état, accessible à tous sitôt que, comme pour le piano ou la danse, vous pratiquez régulièrement, patiemment! »

 

 

La méditation, dans un chemin spirituel, cherche au-delà du bien-être qui en découle naturellement, à dépasser et transcender un état ordinaire pour rejoindre le vide.

Voilà, dans les traditions spirituelles, ce qu’est la méditation.

 

Alors, doit-on s’attrister de la « déviation » du sens du mot méditation aujourd’hui ? Doit-on se lamenter de la récupération via un phénomène de mode, de cette pratique transformée, comme le dit Éric Romeluère, en outil du capitalisme marchand ? Doit-on s'insurger contre toutes ces techniques de bien-être qui monnaient des stages de " pleine conscience" à prix d'or avec des centaines de participants?

Non, surtout pas,  car on ne sait jamais où un chemin peut conduire. Certains «  méditeront » toute leur vie pour aller bien, et pourquoi pas, si cela leur fait du bien. Il serait vain ou prétentieux de condamner cette recherche. Et mon optimisme naturel me laisse même penser que, parmi ceux-là,  certains, poussés par  quelque chose qu’ils ne sauront pas nommer, s’engageront dans une voie ou une autre – le zen, le yoga, le bouddhisme ou tout autre chose encore – et continueront leur voyage autrement. Le phénomène de mode leur aura simplement donné la première impulsion. De toutes façons, " tout ceci passera un jour, " même cet univers tel qu'il est aujourd'hui... alors!...

 

Dans un prochain article, je reviendrai sur la «  pleine conscience ».

 

A lire aussi sur ce blog  :  concentration ou méditation?

Partager cet article

Repost0
5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 18:55

 

Le programme détaillé de la formation de professeur de yoga par correspondance disponible ici.

 

N'hésitez pas à parcourir le site art et yoga que je remets régulièrement à jour!

Bonne visite et n'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions!

Partager cet article

Repost0
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 08:10
La quête de Perceval

La quête de Perceval

Autrefois, il y a déjà plus d’une trentaine d’années,  j’ai eu pour ami un pasteur swedenborgien, Claude Brûley, très versé dans les textes ésotériques et l’anthroposophie, même s’il s’en était détourné ensuite. Il aimait aussi beaucoup le Graal, la légende d’Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde, ainsi que les symboles de ce cycle arthurien dans lequel beaucoup de valeureux chevaliers échouent dans leur quête, parce qu’au fond, ils ne savent pas vraiment ce qu’ils cherchent, se laissent souvent distraire en chemin et parfois même, trouvent la mort. Il me disait toujours que la quête du Graal, au delà du mythe de cette coupe qui aurait recueilli le sang du du Christ,  comprenait trois degrés, et que cette quête, toujours d’actualité pour l’homme moderne, était menée  suivant la conception de la vie et de l’univers de chacun. Selon lui, réaliser le troisième degré conduisait à l’absolu mais cela ne concernait qu’un tout petit nombre d’individus. « Tant que nous avons des joie de vivre, la roue continue » disait-il.

Pour lui, le premier degré était le but de celui qui cherche simplement à mener une vie aussi heureuse que possible. Mais le simplement était tout relatif, car finalement, rien n’est plus difficile car l’homme se laisse piéger volontairement ou non, dans toutes sortes d’épreuves desquelles il sort parfois très affaibli et d’autres si douloureuses qu’il se trouve plus ou moins dégoûté par lui-même ou la vie. Le second degré se définissait plus difficilement. La seule vie heureuse ne représentait pas une quête suffisante en soi si elle ne s’accompagnait pas d’une véritable recherche de connaissance de soi-même ; ce second degré pouvait tout à fait prendre une vie entière. Enfin, le troisième degré n’apportait d’après lui la satisfaction à l’homme que si celui-ci trouvait quelque chose de plus grand que lui. Peut-être ne parviendrait-il pas à la hauteur de ses aspirations, mais l’homme sortait alors du cercle de la Table Ronde pour réaliser, non plus le principe d’individuation du second degré, mais la fusion d’avec le soi. Car ce troisième degré, « spirituel » au sens large du terme, se trouvait alors au cœur de l’existence de l’homme, qui, ayant déjà exploré son propre soi se sent insatisfait par lui-même et le monde extérieur, mais veut aller plus loin encore en cherchant à se fondre à l’absolu. Claude mettait souvent en parallèle le saumon qui veut retourner à sa source, celle-ci représentant pour lui les origines même de l’univers où tout «  avant le commencement » ne faisait qu’un. Car, comme le dit Hubert Reeves, nous sommes tous poussières d’étoile et venons du même lieu originel,  même si nous l’ignorons, ce qui au fond n’a aucune importance car nos cellules, elles, s’en souviennent qui ont traversé 15 milliards d’années. Voilà pourquoi les récits expliquent que le Graal donne l'immortalité.

Après avoir exposé ces trois degrés du Graal, Claude nous encourageait à savoir quelle quête nous voulions mener, et comment nous voulions nous y prendre. Etions-nous mus par le simple désir d’être heureux, ou bien par le désir de réaliser ce qui est inscrit au fronton du temple de Delphes, « connais toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux », ou bien encore portés par quelque chose de plus vaste que nous qui nous poussaient vers une forme d’absolu ?   

Perceval et le dragon

Perceval et le dragon

On peut dire qu’avec le yoga, les trois degrés dont me parlait Claude sont bien présents en Occident. Chacun trace son chemin, peut suivre l’un ou l’autre voie, et parfois même découvrir que les trois sont imbriquées l’une dans l’autre. Chacun tente de faire du mieux qu’il peut dans sa propre existence, et espère, lorsqu’il pratique le yoga, que celui-ci l’y aidera.

Dans ce cadre, le premier degré du yoga s’adresse au corps physique, qui comporte aussi l’esprit, les deux disparaissant à la mort. La pratique se tourne vers le bien-être ; on cherche  à garder un corps souple et vigoureux, si possible en bonne santé et apaiser le mental agité qui ne cesse «  de sauter de branche en branche tel un singe facétieux ». C’est le  yoga du premier degré, qu’on pratique dans l’espoir de trouver la confiance, la paix, le bonheur, en plus d’un corps souple et tonique, en bonne santé.

Le second degré commence lorsque l’individu veut comprendre qui il est, lorsqu’il se tourne vers son intériorité, et cherche à savoir quelle place il occupe dans l’univers. Le premier degré reste la base sur laquelle ce travail se fait. La pratique se fait alors moins «  physiquement » parlant, les postures, les souffles, les mudras, tout se tourne vers l’intérieur.  Parfois, certains pratiquants commencent à sentir qu’il y a autre chose, sans trop savoir quoi ; ils sont intrigués, parce qu’ils ne définissent pas vraiment ce qu’est «  cette autre chose » et que, cartésiens, ils n’ont pas forcément envie de mystique, de philosophie indienne ou de spiritualité. Alors, ils se questionnent. Pour certains,  une porte s’ouvrira au fil du temps qui changera en profondeur leur vision d’eux-mêmes et du monde.

Peut-être alors rejoindront-ils le dernier groupe, celui du troisième degré, qui vient au yoga pour donner une praxis à son mysticisme déjà bien présent; ceux là sont en quête de quelque chose de plus vaste qu’eux  qu’ils ne sont nullement sûrs de trouver un jour mais ils mènent cette quête jusqu’à leur dernier souffle. Ils ne renient bien sûr pas les bienfaits du premier degré, ni du second, ils l’intègrent à leur pratique, mais leur regard veut aller plus loin. C’est dans ce groupe que  les obstacles sont plus nombreux que pour le premier ou le deuxième groupe, car pratiquant beaucoup, connaissant beaucoup de choses, consacrant une grande part de leur énergie et de leur temps au yoga, ils pensent précisément savoir mieux que les autres, jusqu’à se sentir parfois au dessus d’eux en quelque sorte, ce qui provoque parfois leur chute, malgré eux. Car  certains deviennent intolérants aux pratiquants du premier et second groupe, «  le bien être, la connaissance de soi, le yoga n’est pas là pour ça » affirment-ils, et peu à peu, ils deviennent sectaires, imposent leur vision du monde, érigent leur pratique en vérité absolu et finissent de la sorte par passer à côté d’eux-mêmes et du Soi, malgré leur volonté première à rejoindre l’absolu. Voilà comment une aspiration sincère peut dériver en fiasco total…

 

Excalibur, de John Boorman

Excalibur, de John Boorman

Cette triade - les triades sont chères aux écoles nathas - est reprise d’une toute autre façon, dans l’ouvrage de Lilian Silburn, qui commente le Vijnana bhairava tantra ; elle y explique  « les trois voies » qui font écho aux trois degrés de la quête du Graal.

Dans la première, voie de l’individu,  l’homme qui pratique le yoga  initie, fait  seul avec lui-même  si l’on peut dire, ou en tous cas le croit ;  si l’énergie se réveille un peu et s’il est sensible à cela, il accèdera à la deuxième voie, celle où l’énergie prendra le relai et l’aidera en quelque sorte. Lilian donne précisément ce nom à cette seconde voie : la voie de l’énergie. Très souvent, il oscillera pendant un temps plus ou moins long entre la première et la seconde voie et parfois commencera à sentir poindre la troisième.

 C’est la voie dite de «  Shiva », celle dans laquelle le soi se fond  au Soi, celle dans laquelle énergie et conscience sont en union ; il ne fera au début qu’effleurer cette troisième voie, en méditation par exemple, mais cela laissera en lui des empreintes profondes. Claude dirait alors que le saumon est remonté à sa source et cherche à ne plus faire  qu’un avec elle.

 

Voilà comment le yoga s’adresse à tous, quelque soit l’endroit où il se trouve, ou son niveau de conscience. On peut donc dire cette pratique va de la simple gymnastique jusque « Au-delà du réel », pour reprendre le titre du film de Ken Russel dans lequel un scientifique remonte à l’origine de l’univers ;

Alors bien sûr, certains ne voudront ni philosophie, ni spiritualité, quand d’autres au contraire se lamenteront de voir le yoga réduit à une gymnastique pure. Certes, le  yoga a été créé à une époque révolue, un âge d’or en quelque sorte, mais il s’adresse aujourd’hui dans le monde qui est le nôtre également aux trois groupes, sans distinction. L’individu est ensuite libre d’initier sa quête et comme les chevaliers d’orienter son existence vers un but, quel qu’il soit. Et sans doute nombreux sont ceux qui passeront d’un degré à un autre, d’un but à un autre, au fil du temps et de leur pratique. Il y aura des Yvain, des Gauvain, des Erec ou des Gareth, il y aura aussi des Perceval, des Lancelot, mais très peu de Galaad… mais au fond, qu’importe ? Car tôt ou tard, tout finira par finir pour recommencer.

 

Le yoga, pratique de bien-être ou quête du Graal?

Partager cet article

Repost0
22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 11:17
Les grelots tintent et les tigres ronronnent
 
Bonjour à tous!
 
J’ai le plaisir de vous annoncer la parution en auto-édition de mon cinquième roman,  Les grelots tintent et les tigres ronronnent, en attendant, je l’espère, la parution dans un format
papier pour ceux qui sont ( encore) réfractaires à la lecture sur liseuse électronique et qui souhaiteraient lire ce roman.
Je vous laisse découvrir  ce livre via le lien  à la fin de ce mail, qui vous permettra de parcourir et de “ feuilleter” le tout début de cette histoire qui se passe entre 1872 et 1883, dans l’Inde du Nord et l’Angleterre. Une petite Anglaise et son ami hindou,  un  mystérieux Sâdhu, un vieux temple abandonné... sont quelques uns des éléments de ce roman.
Le pseudo Lhiver, tout simplement parce qu’il y a déjà beaucoup de Beck dans l’écriture ( presse, littérature) et que cette saison, l’hiver, où tout est comme en suspension, en attente,  est chère à mon coeur.
Un sixième roman est actuellement en préparation.
Amitiés à tous, du fond du coeur,
 
Valérie Beck, alias Valérie Lhiver
 
 

Partager cet article

Repost0